‹ Histoire de la philosophie européenne (volume 2)Chapitre 65 sur 83 · A. ANALYTIQUE TRANSCENDANTALE · texte numérisé non relu

A. ANALYTIQUE TRANSCENDANTALE

De même que la faculté intuitive perçoit toutes cho temps et dans l'espace, de même la raison moule ses sur certaines formes ou notions générales que depuis philosophie appelle catégories. Kant est d'accord avec ce point que la reine des catégories, l'idée de eau comme relation nécessaire entre deux phénomènes, i pas donnée par l'expérience; mais au lieu d'y voir le l'habitude que nous avons de voir certains faits se s jours dans le même ordre, au lieu d'en faire, par c un préjugé utile à la science, mais sans valeur métapi la maintient dans toute sa portée, et de l'impossibilité dériver de l'expérience il conclut à son innéité. L'idée ainsi que les autres catégories, sont, selon Kant, des a priori de l'intelligence, des moyens de connaître i objets de la connaissance, de même que le temps et l'es selon le même philosophe, des manières de voir (t> non des objets de l'intuition.

Non content de démontrer, contre l'empirisme, l'i catégories, Kant veut en dresser l'inventaire, en 1 sant d'un principe. Quant à l'inventaire, il nous complet, trop complet même, puisque l'amour de Is

t iD)agiDer une catégorie de la limitation, que Schopen-

appelle spirituellement une fenêtre postiche, et une catéde l'être et du non-être {Dasein und IVichtsein), qu'il dis- 5 à lort des concepts de réalité et de négation. Quant à la tion logique des idées a priori^ elle ne se trouve chez lui, t, qu'à l'état de pium desiderium, et elle ne sera tentée . sèment que par Hegel.

st la théorie du jugement, telle qu'il la trouve dans la le traditionnelle, qui sert à Kant de fil conducteur pour couverte et la classification des catégories. En effet, dit-il, ation par excellence de l'intellect, c'est le jugement. Or les )ries sont les notions-types suivant lesquelles nous jugeons, donc autant de catégpries qu'il y a de catégories ou espèces céments. La logique en constate douze: j® le jugement psel (tous les hommes sont mortels) ; 2° le jugement parti-

(plusieurs sont philosophes); S"* le jugement individuel *e est mathématicien); k"" le jugement affirmatif (l'homme ortel); 5" le jugement négatif (l'âme n'est pas mortelle); jugement limitatif (l'âme est immortelle); T le jugement 3rique (Dieu est juste); 8^ le jugement hypothétique (si est juste, il punit les méchants) ; 9® le jugement disjonclif recs ou les Romains sont le premier peuple de l'antiquité); ^ jugement problématique (les planètes sont peut-être habi-

11" le jugement assertorique (la terre est ronde); 12* le junt apodiclique (il faut que Dieu soit juste). Les trois premiers ment la totalité, la pluralité, l'unité, c'est-à-dire en un mot,

de quantité; les 4®, 5® et 6® expriment la réalité, la néga- Jt la limitation, en un mot l'idée de qualité; les 7*, 8^ et 9® ment la substantialité et l'inhérence, la causalité et la dépen- ), et la réciprocité, ou en un mot, l'idée de relation; enfin, les .1* et 12® expriment la possibilité et l'impossibilité, l'être et i-être, la nécessité et la contingence, c'est-à-dire en un mot,

de modalité ou mesure de réalité inhérente à une notion.

II y a donc, en définitive, douze catégories, qui S( trois à trois sous quatre rubriques ou catégories can quantité, la qualité, la relation, la modalité; et parmi il en est une qui les domine et les résume toutes : 1 catégorie par excellence, puisque tout jugement, quel exprime un rapport K

 ces quatre catégories cardinales se rattachent qu ou principes, qui en découlent nécessairement et qui sont également a priori^ :

1^ Au point de vue de la quantité, tout pbénomèn dire tout ce qui nous est donné par la Taculté intuiti étant dans l'espace et dans le temps, est une quantii dire une étendue et une durée déterminée. Ce prin( l'hypothèse des atomes.

2"" Au point de vue de la qualité, tout phénomène tain contenu, un degré d'intensité déterminé. Ce prin l'hypothèse du vide.

â"" Au point de vue de la relation, tous les phénoi reliés entre eux par le lien de la causalité, ce qui exe thèse du hasard; et de plus, il y a, entre" les effets et le action réciproque et solidarité, ce qui exclut l'idée du

i"" Au point de vue de la modalité, est possible to mène qui concorde avec les lois de l'espace et du nécessaire^ tout phénomème dont l'absence impliquer; pension de ces lois, ce qui exclut le miracle.

Le premier et le second de ces principes constituen continuité; les principes 3 et 4, la loi de causalité.

Ces catégories et ces principes qui en découlent for ment pur, inné, a priori et comme le patrimoine ci gence {Verstand); elle ne les reçoit pas, elle les t propre Tonds; elle ne les trouve pas dans le monde ph

< Critique, p. 79. — « Ibid,, p. 131 ss.

mpose ^. Ces conclusions de la logique transcendan- Line extrême importance; mais, avant de les déves devons expliquer en deux mots ce que Kant appelle me de la raison pure^.

de la faculté de connaître a tracé la limite entre la t l'intelligence (la sensibilité reçoit les impressions, ne et en fait des intuitions; rinielligence synthéitions, c'est-à-dire juge et raisonne). Dans la sen-

a distingué entre les intuitions a posteriori et les priori de l'espace et du temps; dans l'intelligence, vert une série de concepts a priori qui sont comme ises où la raison emmagasine et élabore les produits ice. Mais, pour renfermer des éléments multiples, la 3nnaître n'en est pas moins une. Cette unité essen- ^aison dans la diversité de ses opérations, c'est le ) sentiment ou l'a perception accompagne tous les

intellectuels et en forme comme le lien commun, ne se contente-t-il pas de l'analyse, il ne fait pas ^r, pour ainsi dire, la machine à connaître, il veut liquer le jeil, constater le mode suivant lequel ses ànent les unes dans les autres. C'est dans cet ordre arrive à imaginer les catégories de la limitation, de lé ou concurrence, de la réalité, comme traits e l'affirmation et la négation, entre la substantialité té, entre la possibilité et la nécessité : imaginations H les triades de Fichle et de Hegel (thèse, antithèse, 'est dans le même ordre d'idées et au nom du même nthèse qu'il soulève la question de savoir comment it opérer sur les données de la sensibilité, par quel quelle anse en quelque sorte, elle se saisit des intuies pour en faire des notions.

mes, p. 84-85, — a CHiique, p, 122 ss.

Celle opération s'effectue, selon lui, moyeDDac temps, intermédiaire naturel entre les intuitions et Le temps, quoique appartenant, comme Tespace, des choses sensibles, est moins matériel cependant i et tient davantage de la nature tout abstraite des Grâce à sa ressemblance avec les catégories, Tidt sert d*image ou de symbole pour exprimer les notic d*une manière sensible^ et devient une sorte d^interpi facuUé intuilive et Tintelligence, qui, sans elle, n coopérer dans la formation du jugement.

Considéré comme série de moments ou comme temps figure Tidée de quantité : Timage de l'univei totalité des moments du temps ; le particulier est fi{ certain nombre de moments ; l'individuel, par un moi de qualité a pour symbole le contenu du temps (la figurée par un temps rempli d'événements, la négat temps où rien ne se passe). Le temps symbolise de i de relation : comme durée, il rappelle Tidée de comme succession de moments, l'idée de cause et de simultanéité, l'idée de réciprocité et de concurrence temps est l'image des catégories de la modalité : le ce qui répond aux conditions du temps ; le réel ou ce qui existe dans un temps déterminé; le nécessair est éternel. L'idée de temps sert donc de cadre j a priori de l'intelligence, elle est comme la chj constructions idéales dont les sens fournissent les n la raison le ciment. C'est cet usage que la raison fait temps, comme interprète entre elle et la sensibilité, qi dans la pédantesque langue du criticisme, le schémi raison pure.

La conclusion de la critique de l'intellect ne fait borer le résultat sceptique et subjectiviste de Vesthé cendantale.

ue de la faculté intuitive a démontré que nous voyons i travers des verres colorés (le temps et l'espace), I autrement qu'elles ne sont en elles-mêmes; Texamen et constate que c'est à travers tout un système de

nous communiquons avec elles. La sensibilité les aais, par le fait même de la perception, elle leur ïs formes à elle, c'est-à-dire quelle les transforme. 5 percevons pas telles qu'elles sont, mais telles qu'elles aissent, c'est-à-dire telles que nous les faisons. Sitôt js percevons, elles sont déjà moulées, par l'acte même [^eption, sur les formes inhérentes à la sensibilité temps). Ce ne sont plus les choses, ce n*en sont plus \énomènes. Le phénomène peut donc se définir la {formée au moule de la faculté intuitive. Ce qui le c'est d'une part la chose qui fait impression sur les

c'est avant tout la sensibilité elle-même, c'est la ;ens étendu du mot: c'est nous, c'est le moi, le sujet

et pensant, qui fait te phénomène. Le phénomène est de la raison ; il na pas lieu hors de nous^ mais en ?xiste pas en dehors des limites de la raison intuitive *. Esthétique déjà nous a conduits jusqu'aux confins de

subjectif, la Logique transcendantale nous y fait dément, quoi qu'en dise Kant pour nous empêcher )ndre avec Berkeley. Non seulement, nous dit- elle, son qui, comme intuition, constitue, produit, crée le I, c'est aussi la raison qui, sous forme d'intellect, les relations réciproques des phénomènes sensibles, qui, en les déclarant a priori quantités, qualités, 3ts, leur imprime le sceau de sa puissance législative; ir la raison que les choses sont des quantités, des es effets, des causes; elles ne le sont pas en elles-

» p. 389. — Prolégomènes^ p. 44, 51.

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