‹ Histoire de la philosophie européenneChapitre 21 sur 100 · C. Apothéose de la Volonté I 19. — Le Stoïcisme · texte numérisé non relu

C. Apothéose de la Volonté I 19. — Le Stoïcisme

Le fondateur de l'école stoïcienne, Zenon ', de Clttium en Chypre, était issu d'une famille de négociants d'origine phénicienne. La perte de sa fortune, qu'un naufrage lui enleva, le décida à suivre son goût pour les études. 11 fut successivement le disciple de Cratès le cynique, de Stilpon do l'école de Mégare, des académiciens Xénocrate et Polénion ; puis il professa lui-même la philosophie sous les halles du Pécile (oToà jtoixîXri) à Athènes. Convaincu de la lég-itimité du suicide, il mit fin à ses jours vers 260, laissant une grande réputation et de nombreux disciples. Son œuvre fut continuée par Cléanthe, originaire de la Troade-, auteur présumé de l'hymne dit de Cléanthe ^, et après la mort volontaire de ce dernier, par Chrysippe de Tarse ^ (selon d'autres de Soles) en Cilicie (280-210), dont les nombreux écrits polémiques à l'adresse de l'Académie donnèrent à la doctrine de l'école ses contours plus précis ".

Tous ces écrits sont perdus ; du moins il n'en reste que des fragments, et c'est à des auteurs postérieurs de plusieurs siècles, à Cicéron, à Sénèque, à Epictète, à Marc-Aurèle, aux Pères de l'Eg-lise qu'il faut nous adresser pour en deviner le contenu. Le stoïcisme n'est pas d'ailleurs une simple théorie scientifique, il est surtout une morale et une relig-ion, et de plus, il n'est pas l'œuvre d'un seul, mais un ensemble de doctrines d'origines diverses, et qui ont varié en partie au cours des siècles. De là sa tendance essentiellement pratique. De là le caractère très complexe et tout éclectique de ses dog-mes. De là enfin la difficulté d'en faire une exposition systématique.

Ainsi qu'Epicure, Zenon et les stoïciens veulent la science

' Diog. L., VII. — - Diog. L., VII. — -^ Hymne à Jupiter (Stobéc, Ed., \, p. 30). — * Diog. L., XII, 179 ss. — (Cicéron, De fin., IV, 19, 5(5 et passim. — '■' Ogereau, Essai sur le système philosophique des stoïciens, Paris, 1885. — Schmekel, Le stoïcisme moyen, Berlin, 1892 (ail.).

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