‹ Histoire de la philosophie européenneChapitre 30 sur 100 · PLOTIN ET LE NÉOPLATONISME · texte numérisé non relu

PLOTIN ET LE NÉOPLATONISME

l'immatériel. L'émanation est donc bien réellement un miracle (Oaùfia) comme Dieu lui-même.

Les Idées ^ sont de deux sortes: il y a, d'une part, les genres (yév^) ou formes générales de toutes les existences, savoir l'être (ov), l'identité (tauToTiiç), la différence (éxeQÔxi]^) , le repos (oTûaiç), le mouvement xmiaiç) et d'autre part, les types spécifiques des êtres individuels (eïôti 2). On peut considérer tous les genres comme des modifications de l'être unique, et tous les types spécificjues comme se résumant en un seul : le Type universel ou l'Idée d'univers {•/.ôanoç \ot]x6ç) . Tout ce qui existe dans le monde visible a son Idée correspondante, son prototype, dans le monde intelligible. Il n'y a pas seulement l'Idée d'honiuK', mais il y a l'Idée deSocrate, de Platon et ainsi de suite, c'est-à-dire autant d'Idées que d'individus. Chacun de nous réalise une Idée distincte. L'Idée n'est donc pas l'espèce se résolvant en une totalité d'individus passag"ers, mais elle est l'individu considéré comme éternel. De ce qu'il y a autant d'Idées que d'individus, il ne s'ensuit pas que le nombre des Idées soit illimité. Infini au gré de notre imagination, le nombre des individus existants ne l'est pas en soi, sans quoi l'univers ne serait pas un être parfait, c'est-à-dire, au sens grec, parachevé (twov jravte?.éç) : de même aussi les Idées, types des individus, existent dans l'intelligence, fille de Dieu, en nombre déterminé et invariable.

2. L'âme. — L'intelligence à son tour est créatrice, comme l'absolu dont elle émane, mais sa force de production est moindre. Ce qui émane d'elle, son rayonnement, c'est l'âme (iI^xt'i ^), semblable mais inférieure au vovç. En effet, la raison trouve en elle-même ses Idées, qui sont sa propriété immanente et sa substance : l'âme est obligée de les cherciier, de s'élever à elles parla réflexion (ôidvoia), et ce qu'elle obtient par (-e travail, ce ne sonl[)as les Idées ellesmêmes, mais leurs imag-es plus ou moins adéquates, de simples notions (lôyoi). Elle n'a pas, comme l'intellect, l'in-

Ennéades, W. 1-3. — - Ihid., W. 2, 8. — ' Ënnmdes. IV.

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tuilion immédiate et totale, elle est réduite à la pensée discursive, à l'analyse.

Subordonnée à l'intellect, elle tend vers lui, comme la raison de son côté tend à Dieu. Sa mission est de devenir ce que l'intellect est a priori, c'est-à-dire inlellig"ente (voeQd). De même qu'il n'y a c^xCun absolu, une raison et itn monde intellig-ible, de même il n'y a, au fond de toutes les âmes individuelles, qu'une seule âme se manifestant sous des formes infiniment variées : l'âme du monde {\\myy\ xov v.6g\iov) . Semblable au voCç qui d'un côté regarde l'absolu et de l'autre produit la i^vx^ij l'âme a une double activité, l'une contemplative et dirigée vers son for intérieur, où elle trouve les Idées et l'absolu, l'autre expansive et créatrice. Son émanation, moins parfaite qu'elle-même, c'est le corps».

3. Le corps. — Si distant qu'il soit de la source de toutes choses (Dieu est l'Un, le corps est le multiple par excellence), le corps porte encore l'empreinte divine. L'intellig-ence a ses Idées, l'âme a ses perceptions, le corps a ses formes, par lesquelles il tient encore aux sphères supérieures de l'être ; elles sont au corps ce que les idées particulières sont à l'âme et les universelles à l'intellect : un reflet de l'absolu, une trace de Dieu. La forme des corps représente ce qu'ils ont d'être réel ; leur matière, ce qui leur manque de réalité; leur forme, c'est leur être; leur matière, c'est leur non-être. La nature corporelle (cpijaiç) flotte indécise entre l'être et le non-être ; elle est l'éternel devenir et tout y est changement perpétuel.

Au delà des corps est la matière proprement dite, abîme obscur et sans fond (antiQov) sur lequel le monde idéal projette ses clartés. La matière n'est pas le corps, tout corps étant composé d'une matière et d'une forme ; elle n'a par elle-même ni forme, ni dimension, ni couleur, ni rien de ce qui caractérise le corps, toutes ces déterminations positives, toute force et toute vie procédant du principe formel, l'absolu ; elle n'a d'autre attribut que la privation (otéqtigiç), l'incohérence, la diff'usion ; elle est l'absence absolue de la

' Ennéades, III.

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forme, c'est-à-dire la difformité même ; la négation du bien, c'est-à-dire le mal même*. Au point de vue des Ennèades et de l'hellénisme en général, l'Un, la forme, l'intelligence, le beau, le bien sont synonymes, comme le sont d'autre part le multiple, la matière, l'informe, le laid, le mal.

Non qu'il considère la matière et le mal comme n'existant pas. Nier l'existence de la matière et du mal équivaudrait à dire que la pauvreté, étant l'absence de la richesse, n'est rien, et que par conséquent la charité est inutile. La matière est si bien une réalité que son influence s'exerce non seulement sur la sphère corporelle, mais encore sur l'âme et sur l'esprit ou intellect. Nous avons vu que le corps ressemble encore, quoique vaguement, à l'esprit, par la forme qu'il revêt, et qui n'est autre chose qu'une Idée incarnée dans la matière ; réciproquement, dirons-nous, l'esprit, si élevé qu'il soit au-dessus de la nature corporelle, n'est pas absohcmciit immatériel. La matière se retrouve en lui, quoique sous un autre mode que dans la nature : elle s'y trouve comme concept de la matière {xM votitti), c'est-à-dire intelligiblement, non corporellement. Mais il y a plus. Non seulement elle est dans l'esprit en tant qu'il la pense : elle est mêlée à chacune de ses pensées, indissolublement liée à toutes ses opérations, et sans elle il ne serait pas distinct de l'absolu. En effet. Dieu seul est absolument un ; l'esprit ne l'est plus au même titre : en lui l'unité s'est épanouie en une pluralité d'Idées distinctes les unes des autres, bien qu'aperçues par une seule et même intuition intellectuelle. S'il est vrai que les Idées, telles qu'elles sont dans l'intellect, ne sont pas séparées corporellement, il n'en est pas moins ceilain qu'elles y sont au pluriel. Or le principe de la pluralité c'est précisément la matière. A ce titre, elle se trouve à la base même et par suite cm delà de rintellect, qui, sans elle, s'abîmerait dans l'unité absolue de Dieu. Elle le dépasse comme un mystère impénétrable, qui défie la raison même des immortels. Aussi notre philosophe ne la

' Ennèades, II.

place-t-il point parmi les genres^ mais au delà des Idées, dans la rég-ion surinlellig-ible où la raison ne peut atteindre, bien qu'on puisse retrouA-er la notion de matière dans ses concepts à''altèritè et de mouvement. Comprendre la matière serait voir l'obscurité, c'est-à-dire ne rien voir^

La matière est-elle un second absolu ? On est tenté parfois de voir dans Plotin un dualiste déterminé, et sa morale surtout encourt le reproche de dualisme. Le métaphysicien cependant ne saurait admettre deux absolus, et se souvenant de cette affirmation d'Aristotc, que la première matière et la forme première sont identiques'-, il conçoit, à son tour, la matière surintellig-ible ou, en d'autres termes, la causé première des corps, comme identique à Dieu. La rnatière, que du reste le platonisme aime à appeler l'infini, n'est autre chose, en dernière analyse, que l'infinie virtualité, la productivité illimitée, l'inépuisable pouvoir créateur de Dieu. La suprême èvéQyeia est aussi la suprême ôwatiiç. Comment cela se peut-il ? Cette question n'est autre que celle déjà soulevée plus haut : comment se peut-il que de l'unité divine émane le multiple? Comment expliquer l'émanation, la création? C'est-à-dire qu'elle nous ramène au mystère.

IIL Morale. — L'âme, intermédiaire entre l'intellect et le corps, tient de l'un et de l'autre et résume l'univers. Elle est comme le rendez-vous de toutes les puissances cosmiques. Dans la sphère intellectuelle règne la nécessité logique; dans le monde des corps, la nécessité physique : l'âme est le domaine du libre arbitre. Placée entre les sollicitations du corps et celles de l'intelligence, elle peut, en se tournant vers la raison, vivre d'une vie purement intellectuelle, mais elle peut aussi se tourner vers la matière.

' Pour comprendre ce paradoxe essentiellement platonicien de la matière immatérielle, il ne faut cesser de se rappeler que la inaliére de Platon n'est pas la matière des matérialistes, le corps ou le plein, mais l'étendue in abstracto ou l'espace, le principe métaphysique de la diffusion, cause transcendante et absolument mystérieuse qui, conjointement avec l'Un ou la Forme, constitue l'objet perceplible par les sens. — - Métaphysique, VIII, 6, 19.

PLUTI.N KT LK NEOPLATOiNISME lo7

déchoir et s'incarner dans un org-anisme terrestre*. Ue là trois catégories d'âmes : 1° celles qui vivent pour la raison et pour Dieu, les c4mes divines; 2° celles qui flottent indécises entre l'esprit et le corps, le ciel et la terre, les démons, g-éniesplus ou moins bons, plus ou moins mauvais ; 3° celles qui vivent dans la matière et habitent des corps périssables. Les âmes célestes, comme l'âme du monde elle-même, sont souverainement heureuses. Leur félicité consiste dansl'aj^afhie, dans l'obéissance à la raison divine et dans la contemplation de l'absolu. Leur corps, tout de lumière, n'a rien de matériel, à prendre ce mot dans le sens de terrestre '^. Eternellement parfaites, et toujours les mêmes, elles n'ont ni mémoire, ni prescience, ni espérance, ni regret ; car il n'y a de souvenir et d'espérance que pour les êtres qui changent d'état, soit en bien soit en mal. Elles n'ont même pas, comme l'âme humaine, conscience d'elles-mêmes, absorbées qu'elles sont par la contemplation des Idées et de l'absolu; c'est cette inconscience d'elles-mêmes, cette aperception exclusive des choses divines, qui constitue leur souveraine félicité.

Les âmes humaines n'ont pas toujours été enfermées dans des corps lourdement matériels ; elles ont commencé par être des âmes célestes, conscientes de Dieu et non d'ellesmêmes ; mais elles ont séparé leur vie de la vie divine, pour devenir des individus égoïstes et revêtir des corps grossiers, qui les isolent les unes des autres. La chute, la personnification et le revêtement d'un corps terrestre sont un seul et même acte, dont les misères de la vie présente sont le juste châtiment : acte libre, en ce sens qu'aucune puissance autre que nous-mêmes ne nous y a contraints ; acte nécessaire, en tant que nous y avons été déterminés par notre propre nature. Chacun est l'auteur de sa destinée, et réciproquement, il la fait conformément à son caractère individuel. Sans doute, nous ne choisissons que la destinée que nous j^ouvons choisir, mais si nous ne choi-

' Ennèades, II, ^, 9 ; IIK o. H : IV, 3. 8. — - Comp. saint Paul, Première au.r Corinthiens, \v, 40.

im PHILOSOPHIE GRECQUE

sissoiis ([lie celle-ci, c'est que nous n'en voulons pas d'autre *.

Du reste, — et en ceci le néoplatonisme se disting-ue à son avantage du pessimisme moderne, — l'incarnation n'est qu'un malheur relatif, et elle est même un bien, à condition (jue l'âme ne s'abaisse à la matière que pour la transformer, et qu'elle reprenne aussi vite que possible son essor vers lé ciel. L'àme profite même à entrer en contact avec le corps; car ainsi, non seulement elle apprend à connaître le mal, mais elle est à même de déployer ses forces cachées, de produire des œuvres qu'elle n'aurait pu accomplir autrement. D'ailleurs, même étroitement liée au corps, elle en demeure distincte. La preuve, c'est que le corps contrarie, au lieu de les servir, nos aspirations vers le monde idéal, c'est que le philosophe se réjouit de la mort '^. Semblable à l'Olympe, dont la cime baigne encore dans l'azur alors que ses flancs sont battus de l'orage, l'âme humaine, loin de se confondre avec le corps, échappe à ses étreintes par la meilleure partie d'elle-même, rintellig-ence.

La morale de Plotin relève à la fois de Platon et du stoïcisme. Le but de la vie humaine est la purification de l'âme et son assimilation de plus en plus complète à la Divinité. Trois chemins conduisent à Dieu '^ : la musique (l'art), l'amour et la philosophie ; trois chemins, ou plutôt un seul à trois étapes. L'artiste recherche l'Idée dans ses manifestalions sensibles ; l'homme qui aime la recherche plus haut, dans l'âme humaine; enfin, le philosophe la recherche dans la sphère où elle se trouve pure de tout alliage : dans le monde intelligible et en Dieu. L'homme qui a goûté les délices de la méditation et de la contemplation se passe de l'art et de l'amour : tel le voyageur qui a traversé et admiré un palais de roi, oublie la beauté des appartements sitôt fju'il aperçoit le souverain. La beauté dans l'art, la beauté vivante elle-même, ne lui semblent plus qu'un pâle reflet de

' Os doctrines sont, à des nuances près, celles du néoplatonisme chrétien et du Zohar (|§ 27 et ii\ — ^ Comp. saint Paul, Èp. aux Philippiens, I, 23. — ' Ennéndex, I, 3.

LES DERNIERS NÉOPLATONICIENS POLYTHÉISTES ioO

la beauté absolue. II méprise le corps et ses plaisirs pour concentrer toutes ses pensées sur la seule chose qui demeure éternellement. Les jouissances du philosophe sont ineffables. C'est un ravissement qui lui fait oublier, non seulement la lerre, mais sa propre individualité, pour ne lui laisser que l'intuition pure de l'absolu ; c'est une véritable unification (Ivcoaiç) de l'âme humaine et de l'intellect divin, une extase, un délogement de l'âme, transportée dans sa patrie céleste '. Tant qu'il vit dans le corps, le philosophe ne jouit de cette vue de Dieu qu'à certains moments de courte durée, — Plotin a eu quatre ravissements de ce genre, — mais ce qui est l'exception dans cette vie sera la règle et l'état normal de l'âme dans la vie à Aenir, La mort, il est vrai, ne nous fait point passer directement à la perfection. L'âme qui s'est purifiée ici-bas par la philosophie, continue de se purifier au delà de la tombe jusqu'à ce qu'elle se dépouille de l'individualité elle-même, dernier vestige de sa captivité terrestre "-.

§ 26. — Les derniers néoplatoniciens polythéistes Porphyre, Jamblique, Proclus

1. Plotin eut pour successeur, dans l'école néoplatonicienne de Rome, son ami Malchus ou Porphyre ^. Phénicien d'orig-ine, qui publia les Ennéades. Plus encore que le maître. Porphyre insiste sur l'identité des doctrines de l'A cadémie et du Lycée. Bien qu'inférieur, et de beaucoup, à Plotin, dont il relève dans les doctrines essentielles, il n'en a pas moins influencé la marche de la philosophie dans les siècles suivants, g^râce à la netteté avec laquelle, dans son Introduction aux Catégories d'AristoteS il pose le problènie

' Ennéades, V, o, 10. — IbicL, IV. 3, 32. — - Les nombreux traités et commentaires du plus assidu des auditeurs de Plotin, Amélius ou Amérius, sont malheureusement perdus. - •' Décédé à Rome en 301. —' Porphyrii de quin- ,que vocibus s. in Catsgorias Aristotelis introductio (eioayayv^), Paris, 1543. Traduction latine, Venise, 1346, 1566. On a aussi de Porphyre une Vie de Pythagove. une Vie de Plotin, une Èpitre à Ànébon (fragments réunis par Gale), etc. Plusieurs de ses traités. et les plus importants peut-être, sont perdus. — Sources: Suidas. — Eunape, Vitœ sophisl. — Augustin, De civ. Dei, X. — Le De nvjsleriis

KiO PHILOSOPHIE GRECOUK

des universaux. La question de savoir si les genres et les espèces sont des réalités indépendantes de la pensée qui les conçoit, sera, en efFet, la préoccupation capitale du moyen âg-e.

Sans modifier essentiellement le fond de ses doctrines, le néo-platonisme cliang-e de caractère à partir du iv*^ siècle. Tandis que Plotin et Porphyre, tous deux antérieurs à Constantin et au triomphe définitif du christianisme, sont encore les adversaires déclarés de la superstition, ainsi que Tout été tous les grands penseurs depuis Xénophane, la recherche de la vérité se subordonne de plus en plus, chez leurs successeurs, à l'intérêt relig"ieux et apolog"étique. Après dix siècles de lutte contre la foi traditionnelle, elle s'effraye de son œuvre de destruction ; elle se persuade que son opposition obstinée n'a fait que les affaires d'une relig-ion étrang-ère au g-énie g"rec, hostile à la culture classique et dont les représentants officiels seront mille fois plus intolérants que le sacerdoce grec et romain.

• D'ennemie jurée des croyances populaires, elle devient, repentante et convertie, le palladium des dieux persécutés, ancilla Panthei, en attendant qu'elle soit ancilla Ecclesiœ. Relever le polythéisme, le relever à tout prix, telle est la tâche désespérée qu'elle s'impose. Désormais tout dans le pag-anisme lui paraît bon ; les plus étranges superstitions, les évocations du spiritisme, les pratiques de la sorcellerie, de la magie, de la théurg-ie, non seulement elle les excuse et les tolère, mais elle les recommande et elle s'y livre ellemême avec une une fiévreuse ardeur. Littéralement, et de plus en plus, l'esprit grec tombe en enfance.

Il y a néanmoins, dans cette ag-onie, quelques moments lucides, et parmi les défenseurs toujours plus rares du polythéisme mourant nous trouvons deux hommes qui, tout en pactisant avec la crédulité païenne et tout en se décorant

^gyptiorum attribué à Jamblique. — N. Bouillet, Porphyre, son 7'ôle dans l'école néoplatonicienne, etc., Paris, 1864. — Adrien Naville, Julien f Apostat et la philosophie du polythéisme, Paris et Neuchâtel, 1877. — Voy. en outre les ouvrages cités ip. 162) de M. .Iules Simon et de M. Vacherot.

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