‹ Histoire de la philosophie européenneChapitre 4 sur 100 · DIVISION · texte numérisé non relu

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les méthodes, soit par l'objetdes recherches: l'une decreation spontanée, l'autre de réflexion sceptique et de reproduction ; l'une vouée à la métaphysique, à la mathématique, à la synthèse, l'autre, à la critique, à l'analyse et à l'application de la science à la vie.

1. La question qui domine la première est celle de l'orig-ine des choses : le devenir. Son trait caractéristique est un panthéisme matérialiste chez les Ioniens, spiritualiste chez les philosophes d'Italie, influencés par l'esprit dorien. Les systèmes qu'elle produit renferment le germe de toutes les doctrines de l'avenir, notamment l'hypothèse moniste et l'hypothèse atomiste, ces deux pôles de la spéculation scientifique moderne. — De Thaïes à Protagoras et à Socrate, ou de 600 à 440 avant Jésus-Christ.

2. L'âg-e de la réflexion critique est inaug'uré par le jtdvTcov ixÉTQov avOecojtoç de Protagoras, d'où se dégage cette vérité capitale, entrevue par Xénophane, Zenon, Heraclite, que l'entendement humain est coefficient dans la production du phénomène. Aux problèmes de la nature s'ajoutent les problèmes de l'àme ; aux questions d'ordre cosmologique, les questions logiques et critiques ; aux spéculations sur l'essence des choses, les recherches sur le critérium de la vérité et le but de l'existence. La philosophie grecque atteint le maximum de son évolution : comme profondeur, dans Platon ; comme étendue de son domaine, dans Aristote et dans la science d'Alexandrie.

IL L'arrêt des progrès scientifiques, déterminé par l'invasion des races du Nord, a pour conséquence l'arrêt de la spéculation. Le flambeau de l'esprit philosophique s'éteint faute de combustible. A dix siècles d'un travail ininterrompu en succèdent dixautres d'unsommeil profond d'abord, puis eiitrecoupé de rêves brillants, qui reproduisent le passé (Platon et Aristote) et préfigurent l'avenir. Bien que la log'ique de l'histoire soit moins apparente au moyen âge qu'avant etaprès cette époque de transition, l'on y remarque deux périodes parallèles à celles de la philosophie attique : la première, platonicienne, réaliste, tournée vers le passé

(de saint Aus^ustîn à saint Anselme), la seconde péripatéticienne, nominaliste, grosse de l'avenir.

III. Du réveil scientifique et littéraire, au xv^ siècle, procède la philosophie moderne, dont Thistoire ofFre. comme celle de la spéculation grecque :

1. Une période d'expansion et de synthèse ontologique (Bruno, Descartes, Spinosa, Leibniz), et

2. Une période de réflexion critique et d'analyse (essais sur l'entendement humain; Locke, Hume, Kant et ses successeurs).

Le parallélisme des trois g-randes époques de l'histoire de la philosophie européenne est dii à l'identité des lois qui régissent les évolutions successives de l'esprit humain.

I 3. — Sources

Les principales sources de l'histoire de la philosophie sont :

Pour la spéculation antésocratique : Platon et Aristote'.

Pour Socrate : Xénophon - et Platon, notamment V Apologie, le Criton et le Phêdon.

Pour Platon : la Rè^nthlique^ le Tiinée, le Banqitet, le Phèdre, le Théètète, le Gorgias, le Protagoras.

Pour Aristote : la Métaphysique, la Logique, V Éthique, la Physique, la Psychologie, la Politique. — Les commentateurs d'Aristote, principalement Simplicius ^

Pour les écoles postérieures à Aristote et pour la philosophie grecque en général: Lucrèce^, Cicéron J», Sénèque '*,

' Principalement le 1^' livre de la Métaphysique, véritable précis historique (le la philosophie depuis Thaïes jusqu'à Aristote. — Les l'rafifments des auteurs antérieurs à Socrate ont été réunis par Mullach, Fragmenta phil. grœc. ante Socratem, Paris, 1830. — - Memorabilia Socralis recens, J. G. Schneider, Oxf"., 1813. — ^ Comment, in Arist. physicovum libros. Ed. Herm. Diels, Berlin, 1882. — Comment, in libros de anima. Ed. M. Hayduck, Berlin^ 1882. — ^ Lucrem Cari de rerum natura lib. VI, G. Lachmann rec. et illustr., Berlin tSoO. ^ ' Le De divinatione etde fato, le De natura deorum, le De officiis, le De finibus, les Tusculanes c[ les Académiques. — Opéra omnia, éd. Le Clerc, Bouillet. Leinairê, M vol., Paris. 1827-32. — Opéra philosophica, éd. Gœrenz, 3 vol., Leipz., 1801)- 1813. — Ciceronis historia philosophiœ antif/uœ ex omnibus iliius scriptis collegit F. Gedike, Berlin, 1787, 1808/ 1815. — " Opéra quai exstant c. not. cl comment, var., 3 vol., Amsterdam, 1672.

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