‹ Histoire de la philosophie européenneChapitre 5 sur 100 · SOURCES · texte numérisé non relu

SOURCES

Plutarqiiei, Sexte l'Empiriquea, Diog-ène Laërce 3, Clément d'AlexandrieS Origènea, Hippolylee, Eusèbe 7, Plotin«, Porphyre», Proclus ^ Eunapea, Stobée**', Pliotius*S Suidas*"' et les ouvrages historiques modernes'^.

' De p/iysicis phi/onophorum decretis libb., éd. Beck, Leipz., 1777. — Scripta }nora/ia, 6 vol., Leipz., 1820. — Opeî-a omnia graece et lat. éd. Reiske, dS vol., Leipz., 1774-82. — *Sexti Eni pirici o/>era (IlvèéûJ'veCcov v:ioTVJt&)aéa)v lib. \\\,Adcer~ sus malhematicos libb. Xll j^raec. et lat, éd. F'abiicius, Leipz., 1718 et 1848. Ed. Emm Bekker, Berlin, 18i2. — ■'' DiogenisLaertii de vitis,dofjmn/i/jtts et apoph/eymatibiis claroricm philosophorum lib. Xjçrœce et latine éd. Hiihiier,2 vol., Leipz., 1828, 1831. — D. L. 1. X ex ilalicis codicibus nunc priniuin excussis recensuit C, Gabr. Cobet, Paris, 1862. — Diogène Laërce florissail vers 230 de notre ère.

— * démentis Alexandrin! opéra, Leipz., 1830-34 (Aôyoç :rgoTQ8:^Tixàç jcQôç'"EXXTiva5.

— naiôayajYôç. — STeûjfAaxelç). — '" De pvincipiis gr. éd. C. iiiterpret. lat. Uiifini et annotât, instruxit Ed. R Redepenning. Leipz., 1836. — Contra Celsum libb. éd. Spencer, Cambridge, 1671. — Origenis o/>e/'a omnia quae graece vel latine tantum exstant et ejus nomine circumferuntur. Ed. C. et C. V. Delarue, denuo recens, eniend. castig. C. H. E. Lommatzsch, 2S voL, Berlin. 1831-48.

— "S. Hippolyti refutaiionis oinnhnn hœresium libror. X quye supersunt graece et lat. éd. Duncker et Schneidewin, Gœtt., 1836-59. — Le livre I, connu sous le nom de cpiXococpo-ûnEvo, a été longtemps attribué à Origène; les livres IV-X, découverts en Grèce en 1842, ont été publiés pour la première fois par Emm. Miller, Oxford, 18.51, sous le titre de Origenis philosophumena, etc. — ' Eusebii Pamph. Prœparatio evangelica. Ed. Heinichen, Leipz., 1842. — * Voy. § 25. — ' Eunapii Sard. Vifœ philosophorum et sophistarum. Ed. Boissonade, Paris, 1849. — "^ Stobaei Eclogarwn phi/sicarum et elhicarum lib. graece et latine éd. Heeren, 2 vol.. Gôtt., 1792, 1801 (épuisé). — Id. éd. Meineke, 2 vol., Leipz., 1860, 1864. — Stobœi /'^/'//e^mm éd. Gaisford, 4 vol., Oxf., 1822; Leipz.,, 1823; Meineke, 4 vol., Leipz 183o 57. — " Myriobiblinn éd. Békker, 2 vol. Berlin. 1824 (le patriarche Pholius florissait au ix<^ siècle). — '* Lexique de Suidas, éd. Gaisford, Londres, 183i, et Bernhardi,2 vol., Halle, 1834 (Suidas tlorissait vers 1100). — '^ Principalement: Ritter et Preller, Hisloria philosophiœ grœco-romanœ ex fontium locis contexta. Ed. V^ll, Gollia, 1886-88. — Ritler, Histoire de la philosophie ancienne, 4 vol. in-8,trad en français parM. Tissot, Paris, 1835. — Ghr. Aug. Brandis, Manuel d'histoire de la philosophie grécoromaine, 3 t., Berlin, 1835 60 (ail.) — Le même. Histoire du déceloppement de la philosophie grecque et de son influence dans l'empire romain, 2 vol., Berlin. 1862-64 (ail.) — Bœth, Hi>itoire de notre philosophie occidentale, 'ï vol.. Mannheim, 18i6-o8 lall.). — Laforét, Histoire de la philosophie ancienne, Bruxelles, 2 vol., 1867. — Ed. Zeller, La philosophie des Grecs, en 3 t. 1"^ éd. Tûbingen, 1844-52; 2'' éd. en 5 t. entièrement refondue. Tiib.. 1856 ss. (all.i. Réimprimé 1869-1882. AL Hlmile Boulroux a entrepris la traduction de cet ouvrage capital,

continuée par MM. Lucien Lévy et Jules Legrànd A ces ouvrages spéciaux,

il faut ajouter : \cs Histoires générales de la philosophie, c\lécs plus basset pour mémoire: Stanley, ///.v/o'v/ of philosophy, 1653, et en latin, Leipzig, 1712, 2 vol, — Pierre Bayle, Dictionnaire historique et critique, 1693-97, 2 vol. infol. ; 4c éd. revue et augmentée par DesMàizeaux, Amst. et Leyde, 1740, 4 vol.

Pour la période patristique : les écrits polémiques des Pères, notamment le Aôyoç nQOTQejrnxôç ijtQôç '"EA,ÀT|vaç, le Pédagogue ei les Stromates de saint Clément d'Alexandrie, les Principes eiVAnti-Celse à'Ov'xghne, VApologeticus de Tertullien, les Institutiones divincn de Lactance, la Cité de Dieu et les Confessions de saint Augustin.

Pour la période scolastique : le De divisione naiurœ de Scot Erigène, le Monologiiim, le Proslogium et le Cur Deus homo de saint Anselme, la Théologie^ VÉthique et la Dialectique d'Abélard, les Sentences de Pierre Lombard, le Commentaire d'Averroès, la Somme de saint Thomas, les Quœstiones de Duns Scot et d'Occam, VOpus majus de Roger Bacon, les écrits de Raymond Lulle ; les travaux historiques de Ritter, Cousin, Hauréau.

Pour la philosophie de la Renaissance : le De docta ignorantia de Nicolas de Cuse, le De subtilitate et le De rerum varietate de Cardan, le De immortalitate animœ de Pomponat, les Animadversiones in dialecticam Aristotelis de Ramus, les ^5.9a/5 de Montaigne, le Triumphusphilosophiœ, le De rerum œternitate et le De mundo de Taurellus, l'Aurore de J. Bœhme.

Pour les temps modernes : le Del inpnito universo et le De monade de Bruno, V Atheismus triumpfiatus, la Philosophia sensibus demonstrata et le De gentilismo de Campa nella, le Novum organum de Francis Bacon, le De cive et le De corpore de Hobbes, le Discours de la méthode et les Principes Aç. Descartes, la Recherche de la vérité de Malebranche, VEthique de Spinosa, V Essai sur V entendement humain de Locke, les Nouveaux Essais et la Monadologie de Leibniz, les Principes de la connaissance humaine de Berkeley, le Traité des sensations de Condillac, le Système

in-fol. — Boureau-Deslandes, Histoire critique de la philosophie. — On peut aussi consulter avec fruit: Grole, Histoire de la Grèce, trad. par Sadous, 19 vol, ; le même, Platon and the other disciples of Socrates; Draper, Histoire du développement intellectuel de l'Europe, trad. Aubert ; etc. ' Collection J. P. Mi|çne, Paris, 1840 ss.

SOURCES lo

de la nature de d'Holbach, les Essais de Hume et de Reid, les Critiques de Kant, la Théorie de la Science de Fichte, le Système de Vidéalisme transcenda ntal de Schelling-, la Phénoménologie de l'esprit, la Logique et VEncyclopèdie des sciences philosophiques de Hegel, la Métaphysique et la Psychologie de Herbert, le Die Welt als Wille und Vorstellung deScliopenhauer, \e Cours de philosophie positive de Comte, la Logique de Stuart Mill ; les Premiers principes de Herbert Spencer, V Histoire du matérialisme d'Albert Lange ; la Philosophie de l'inconscient d'Ed. de Hartmann, etc.; les chefs-d'œuvre de la littérature scientifique moderne ayant une portée générale et partant philosophique * ; enfin les ouvrages historiques de Hilter -, Erdmann ^, Barchou de Penhoën *, Michelet'' (de Berlin), Willm ^, Chalybaeus ', Bartholmèss ^, Kuno Fischer'', Zeller ^'^, Windelband '^, HœfFding *-, etc.

Pour la philosophie européenne en général : Briicker '•*, Tiedemann '^, Buhle*^, de Gérando'®, Tennemann'', Rix-

' Tels sont : les Révolutions célestes de Copernic, les Principes mathématifjues de la philosophie naturelle de Newton, V Esprit des lois de Montesquieu, la Mécanique analytique de Lagrange, V Histoire naturelle du ciel de Kant, la Mécanique céleste et l'Exposition du système du monde de Laplace, le livre de Darwin sur V Origine des espèces, etc. — - Histoire de la philosophie moderne, trad. par M. Challemel-Lacour, 3^ vol., 1861. — ^ Essai d'une exposition scientifique de la philosophie moderne, Riga et Leipzig, 1834 53 (ail.). — ' Histoire de la philosophie allemande depuis Leibniz jusqu'à nos Jours, Paris, 1636. — " Histoire des derniers systèmes philosophiques en Allemagne depuis Kant jusqu'à Hegel, 2 vol. Berlin, 1837-38 (ail.). — * Histoire de la philosophie allemande depuis Kant jusqu'à Hegel, 4 vol., Paris, 1846-49. — " Développement historique de la philosophie spéculative depuis Kant jusqu'à Hegel, 4e édition, 1848 (ail.). — * Histoire des doctrines religieuses de la philosophie moderne, Paris, 2 vol., 1855. — Histoire philosophique de l'Académie de Prusse, Paris, 2 vol., 1851. — ' Histoire de la philosophie moderne, Mannheim, 1854 ss. (ail.); 8 vol. ont paru. — '" Histoire de la philosophie allemande depuis Leihnis, Munich, 1872, 2« édition, 1875 (all.i. — " Histoire de la philosophie moderne (ail.). Deux volumes ont paru. — '- Histoire de la philosophie moderne, 2 vol. en danois et en allemand. — '^ Historia critica philosophiœ inde a mundi incunabulis, 6 vol., Leipz., 1742-67. — '* L'esprit de la philosophie spéculative depuis Thaïes jusqu'à Berkeley. 6 vol.,Marb.. 1791-97 (ail.). — '^ Histoire de la philosophie, trad. par Jourdain, 1816.— ^^ Histoire comparée des systèmes de philosophie relativement aux principes des connaissances humaines, 3 vol., Paris, 1803, 1822 23. — " Histoire de la philosophie, en 12 tomes Leipz , 1791-1819 (ail.). —Précis de l'histoire de la philosophie, trad. par M. Cousin, 2 vol., 2« éd., 1839.

neri, RiUer'2, Hegels, Schweg-lerS Rf^noiivier\ Nourrisson'^, Cousin 7, Janet^, Pranll^, Lange w, Erdmann**, Ueberwegis, Scholteu^^, Diihring-*^, Lewes*% Lefèvre '^ Alauy *', Franck^^ Fouillée *^ Fabre ^o, Kirchner -*, Janet et Séailles ^-^ Berg-mann ^^, Gomperz -^,elc.

' Manuel de Vkis. de la phil. (ail.), 3 vol., 1822-23. — ^ Histoire de la philosophie, 12 vol., Hambourg, i836 4.5 (ail.) — Histoire delà philosophie ancienne^ Irad. par Tissot, 4 vol., Paris, 1833-37. — Histoire de la philosophie chrétienne, irail. par Trullard, Paris, 1843. — ^ Cours d'histoire de la philosophie, publié par L Michelet, Berlin, 1833 (vol. 13-15 des Œuvres complètes, ail ). — '' Esquisse de Vhistoire de la philosophie, Stultg., 1848, 7e éd.. 1870 lall.). — Histoire de la philosophie grecque, 2fi éd., Tùbingen, 1870 (ail.). — '=• Manuel de philosophie ancienne, 2 vol., Paris, 1844. — Manuel de philosophie fuoderne, Paris, 1842. — Esquisse d'une classification systématique des doctrines philosophiques, 2 vol., Paris, 1883-86. — " Tableau des progrès de la pensée humaine depuis Thaïes jusqu'à Leibniz, Paris, 1838, 1860. — '' Cours d'histoire de la philosophie, Paris, 1829. — Histoire générale de la philosophie depuis les temjis Ifs /dus anciens Jusqu'au X/X <: siècle, 1 vol , Paris, 1863; 12e édition pu. bliée par M. Barihélemy-Sainl-Hilaire, Paris, 1884. - ^ Histoire de la philosophie morale et politique dans l'antiquité et dans les temps modernes, Paris, 1858. — '■• Histoire de la logique en Occident, Leipz., 1855, ss. (ail.) — '" Histoire du matérialisme. 3" éd., Iserlolin, 1876-77 ; Irad. en français par M. Nolen. — " Esquisse de l'histoij'e de la philosophie, 2 vol., 2e éd., 1869 (ail.). — '- Esquisse de l'histoire de la philosophie depuis Thnlès jusqu'à nos jours, 3 vol., 3e éd., Berlin, 1867-68 (ail., avec un supplément de M. «fanet sur la philosophie française au xixe siècle). Réédité et complété par M. Heinze, prof, à Leipzig. — '^ Histoire comparée de la philosophie et de la religion, ^f' éà. très augmentée, 1868 (holl ) Traduit sur la 2e édition par M. Réville, Paris et Strasbourg, 1861 et en allemand sur la 3e éd. par !M. Redepenning. — '^ Histoire critique de la philosophie depuis ses origines jusqu'à nos jours. Berlin, 1869 (ail.). — ^'^ A biographical history of philosophy from ils origin in Oreece down to the présent day, Londres, 3e éd., 1863. — "* La iihilosophie, Paris, 1879 — '^ Histoire de la philosophie, Paris, 1882. — '* Dictionnaire des sciences philosophique'^, 2e éd., Paris, 1875. — '^ Histoire de la philosophie, Pi\T\?,, 1873; 4c éd., 1883. Extraits des gi-ands philosophes,Paris, 1877. — -" Histoire de la philosophie, Paris, 1877. — -' Catéchisme d'histoire de la philosophie, Leipz., 1878 (all.i. — -^ Histoire de la philosophie ; t fis problèmes et les écoles, Paris. 1887. — *^ Histoire de la philosophie, t. I, Berlin. 1892 (ail.). — -^ Griechische Denker. Eine Geschichfe der antiken Philosophie, 3 vol.. Leipz . 1909-12. trad. française, 3 vol , 1904-10..

PIIILOS0PH[K GRECQUE

PREMIERE PERIODE

Age de la métaphysique proprement dite ou philosophie de la nature

I 4. — Origine de la philosophie grecque

La philosophie des Hellènes se dégage de leur religion sous forrïie de théologie et de morale gnomique*. Son point de départ est le naturalisme aryen, modifié par le g-énie national et les conditions physiques où il se développe. Quand elle paraît, ce naturalisme a dépassé dès longtemps sa période d'enfance. Pour les ancêtres, l'Air lumineux (Diaus- Zeus), le Soleil et ses ardeurs (Apollon), la Nuée d'orage

' C'est-à-dire que la philosophie est d'origine relativement récente, tandis que la religion, qui la précède dans Tordre historique, remonte jusqu'au berceau des nations et de l'homme même. En effet, la religion est l'expression primordiale et permanente de ce qui est le fond de notre nature, et en attendant que le développement de la conscience et de la raison lui fassent entrevoir sa fin idéale, elle se résume si bien dans \e vouloir être que la croyance à l'immortalité et le culte des morts considérés comme vivants quand même se trouvent intimement liés à toutes ses manifestations. Bien qu'elle donne naissance à une théorie ou théologie, forme élémentaire de la philosophie, et à des pratiques, à un culte, forme première de la morale, elle n'est de sa nature ni une théorie ni un code, mais un phénomène essentiellement affectif, instinctif, esthétique, aussi vieux et aussi durable que l'humanité, et elle exerce un pouvoir prédominant. La philosophie par contre, fille de la raison et comme elle fruit tardif du développement humain, ne joue, dans l'histoife, qu'un rôle subordonné et intermittent.

ol ses foudres (Pallas-Athéua) étaient les dieux mêmes ; ainsi que l'enfant transforme son entourage en monde enchanté et considère sa poupée, son cheval de bois, comme des êtres parfaitement vivants, de même l'humanité-enfant fait la nature à son image : pour les contemporains d'Homère et d'Hésiode, ces phénomènes ne sont plus que les manifestations sensibles de l'invisible divinité cachée derrière eux, être analogue à l'âme humaine, mais supérieur en puissance et doué, comme elle, d'immortalité. Les dieux forment une sorte d'humanité transcendante, idéalisée, grandie dans ses vices comme dans ses qualités. Le monde est leur œuvre, leur empire, le théâtre de leurs volontés, de leurs défaites et de leurs triomphes. L'homme qu'ils jalousent plutôt qu'ils ne l'aiment, existe pour leur plaire. Personnifications suprêmes du vouloir-vivre et jaloux de leur supériorité incontestée, ils lui refusent le bonheur parfait. Le culte le plus assidu, les plus opulents sacrihces, la plus complète fidélité ne peuvent les fléchir, quand notre prospérité leur déplaît. De là, la mélancolie que respire la poésie g-nomique d'unSolon, d'unThéog-nide, déclarant la mort préférable à la vie et estimant heureux ceux qui ne naissent point ou qui meurent jeunes.

A mesure que la conscience morale se développe et s'affine, les idées religieuses se transforment et se spiritualisent. Aux dieux d'Homère, en qui se reflète la jeunesse exubérante, versatile, querelleuse de la nation hellénique, succèdent les dieux justes et sag"es, reflets de sa maturité (Pindare, Eschyle, Sophocle). Cette transformation qualitative des idées relig-ieuses est accompagnée d'une transformation quantitative. Le polythéisme tend à se simplifier. Le bien, que la volonté aperçoit comme sa fin suprême, est synonyme d'harmonie, et l'harmonie, c'est l'unité dans la diversité. Le progrès religieux et moral est, par suite, un progrès dans le sens unitaire et monothéiste.

La conscience morale, qui chez le Grec se confond avec le sens du beau, trouve une puissante alliée dans la raison et sa tendance native à l'unité. Guidée par l'instinct

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