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LE MOUVEMENT SCIENTIFIQUE :2()I

de Copernic, mais elle dérive de son système comme sa conclusion naturelle et inévitable. Or, en nous révélant un monde inlini, l'iiéliocentrisme ne détrônait pas le créateur invisible, il le magniliait au contraire ; mais il modifiait profondément — et c'est en quoi l'Eglise voyait juste — nos idées sur les rapports que nous soutenons avec lui. Désormais l'infini et le fini ne sont plus séparés par un abîme ; ils sont iinnianents Tua à l'autre. Au dualisme, qui est l'àme du moyen âge, se substitue, grâce à Copernic, à Kepler et à Galilée, la concejition inonisle '.

' Hecjel (o. c), (|ui reconnaît dans l'immanence ridée maîtresse du monde moderne, tout en le taisant dater d'ailleurs de la réforme de Luther, caractérise la transition du moyen àçe à i'épocjue actuelle en ces termes: « C était, aux yeu?: des hommes, comme si Dieu n'avait créé que tout à l'heure soleil, lune, astres, plantes et animaux, comme si les lois de la nature venaient seulement d'être établies; car maintenant seulement ils prenaient intérêt à toutes ces choses, ayant reconnu leur [)ro|)re raison dans la raison universelle. Au nom, des lois naturelles on fit front à l'immense superstition de répO(iue et à toutes les idées régnantes au sujet de puissances formidables et lointaines dont on ne croyait pouvoir triompher que par la magie. Dans la iuUe qui s'enyaneail, catliolii]ues et protestants se trouvèrent d'accord. ->

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PHILOSOPHIE MODEME

PREMIERE PERIODE Age de la métaphysique indépendante

{De Bruno à Locke et à Kant)

^ 49. — Giordano Bruno

Le renouvellement de la science du cosmos au lendemain de la révolution religieuse, a pour conséquence obligée la réforme philosophique, préparée de longue main par les savants libres penseurs, et qui éclate, aux environs de 1600, dans les systèmes hardiment novateurs deBruno, de Bacon, (h^ Descartes. C'est le compatriote de Parménide et de Zenon, Giordano Bruno, qui en ouvre la. série ^

U)pere, publiées par W^igner, 2 vol., Lcipz., 4830. — J.-B. scHptn qme latine confecitomnia, éd. A. F. Gfrœrer, Stuttg., Londres et Paris, iSHi (incomplet). Le Opère inédite di G. B., éd. F. Tocco, Florence, 4891. — Christian Bartholmèss, Jordano Bruno, 2 vol., Paris, 1846-47. — H. Brunhofer, Bruno, sa ])liilosophie et sa destinée d'après les sources, Leipz.,1882 (ail.). — Felice Tocco, Le Opère latine di G. B. esposte et confrontate con le italiane, Florence, 1889. -■ I\l. Tocco dislingue, dans le développement philosophique de B., une phase néoplatonicienne, une phase éléate et héracliléenne et une phase démocritécnne, où, avec le chef de l'école matérialiste, il professe l'idée de mondes en nombre infini et la théorie des atomes, qui, à son point de vue animiste, deviennent des ?nonades. Bartiiolmèss est frappé surtout de la première de ces phases; Brunhofer, de la seconde; mais ni l'une ni l'autre n'épuisent la pensée de Bruno.

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