II
(3) it parle ordinairement de l'immortalité^ de l'âme d'une manière équivoque. Ce que nous disons dans le texte résulte du livre IV, 1 1 .
(4) Si Ton compare seulement II, i3; ÏII, 3,6, 7, 12, 16; V, 27; îlï, i3, 19, 26; Bach. op. 1., p. 34 , n, 99, on trouve cette démonoiogie des stoïciens piirfaitement d'accord avec l'antique loi des Grecs; mais elle en diffère essentiellement en ce qu'il n'est pas ici question d'uq d/êmon IHM de nous , mais en nous.
193 Livre xii. chapitre iii^
La direction dominante de sa pensée était donc la sepa» ration du pari icu lier du général , une vie retirée. 11 y a bien aussi , à la vérité, dans le sentiment religieux qui l'a nourrie, un point de réunion entre le particulier et le général, entre la contemplation intérieure et la vie active, puisque nous devons avoir reçu notre rôle en ce monde de la nature divine universelle dont nous faisons partie , rôle qu'il est certainement de notre devoir de remplir* Mais on ne saurait cependant méconnaître qu'il y a là une idée qui ne peut se concilier avec la tendance de la doctrine de concentrer Tàme en elle-même. Si dans l'accomplissement de cette tâche , Tâme a été dépeinte comme un être qui ne peut être troublé dans son effort par l'extérieur, qui ne peut rien sur cet extérieur, que lui resle-t-il alors de commun avec la vie des autres choses; que peut* elle faire pour elles ? Sa pensée religieuse revient donc aussi à ridée que nous devons favoriser le cours de la nature, persuadé qu'il est que tout ce que la Providence a réglé est bien. Ce serait une témérité, un mal, de vouloir prévenir les voies de la Providence , quand même nous le pourrions.
Il importe de remarquer, dans l'intérêt de la marche de notre histoire, comment les nouveaux stoïciens se rap-^ prochaient , par leur tendance religieuse , de la philosophie gréco-orientale. Ils préparaient la propagation de la philosophie néo-platonique, puisqu'ils regardaient la voie de l'abstention de toute souillure avec l'extérieur Comme la voie de l'harmonie avec le divin; puisque, comme les néo-platoniciens, ils voulaient arriver au repos de l'âme par la pratique sévère de la vertu , et contempler ensuite le divin au-dedans d'eux. Antonin s'accorde même , jusque dans les termes, avec les néo-plato* niciens, lorsqu'il veut que nous devenions simples (!)• Les stoïciens ne sont assurément pas encore parfaitement
(i) IV, 2(5. A;rX«ffûV ccaurov*
d'accord avec les néo-platoniciens, et nous remarquons entre eux une différence essentielle, particulièrement en deux points. Le premier, c'est qu'ils n'ont que peu d'inclination pour les religions antiques et pour la superstition qui se montre dans les pratiques religieuses extérieures^ s'ils ne les combattent pas ayec zèle, ils ne les permettent cependant que dans une mesure fort restreinte. Leur sentiment religieux a le caractère de la piété d'une secte qui s'isole; c'est ainsi, en effet, qu'ils se placent dans une opposition forte vis-à-yis du vulgaire; c'est ce qui perce même dans le ton de leur langage ; ils atténuent doucement tout ce qui semble important aux yeux du peuple , et finissent par parler avec un mépris qui va jusqu'à l'aversion, de la propriété, des arts, de l'âme, et d'autres choses semblables. Le second point de divergence entre ces stoïciens et les néo-platoniciens, consiste en ce que les premiers n'ont aucune inclination pour les recherches philosophiques sur la nature des choses , sur tout ce qui Yie conduit pas immédiatement à la pratique. La théorie ne leur semble qu'un moyen pour la pratique, tandis que les néo-platoniciens renversaient le rapport et reprenaient avec le plus grand zèle les anciennes recherches spéculatives. Cet amour de la science pour elle-même, ainsi que le retour aux antiques religions du pays, donne aux néo-platoniciens une grande importance, parce qu'ils avaient à défendre Thonneur de la nationalité contre l'invasion de la religion chrétienne. Après le siècle d*Antonin nous ne trouvons plus de stoïciens dans cette direction pratique, qui aient eu quel- ({ue nom. Ce qu^il y avait de plus important dans leur doctrine morale passa aux néo-platoniciens. Lesrenseignemens que Simplicius nous a laissés sur les néo-platoniciens, prouvent jusqu'à l'évidence qu'ils n'avaient pas négligé les sentences d'Ëpictète ; il ne serait pas difficile d'en donner des preuves particulières (1).
(i) Je ne parlerai que des sentences de Porphyre daxis sa lettre IV. 18
j(H utiiitxtt. &iLJkPm^ii*