IV, U
210 Livre xii. chapitre iv.
culaite cléà àl^tres, afin qu'ils puissent obtenir ^ non pas une nature divine^ mais cependant quelque chose de virtiiellement semblable à elle. Dans le second sens, le sens ét^roit, \^ providence ()ivine ne règne que sur le monde sublunaire, puisque le mouvement clés astres a été si bien ordonné pour le plus grand avantage de ce monde, que 1er mouvements terrestres en dépendent (1). Un autre reproche des platoniciens, c'est qu'A.ristote admet à la vérité une providence des dieux, mais pas une providence en soi, et qui dépende de Tessenc^ des dieux» mais seulement une providence accessoire ( xazàcyj^^i^rixoç ) à leur nature. Car leur aci^vité a pour but, non le bien des hommes, ils ne l'exercent au contraire qu'à cause d'eux-mêmes, et ce n'est qu'accidentellement qu'il en revient du bien aux hommes (2). Alexandre cherchait donc à faire voir d'abord que Von entendrait tout-à-fait qial le rapport du divin a l'humain si l'on voulait admettre pour les hommes une providence qui tiendrait à l'essence des dieux. Il est contraire à l'idée du divin d'affirmer qu'il est doué d'activité pour la conservation ou le plus grand avantage des hommes ; car ce serait comme si quelqu'un disait que les maîtres existent pour le plus grand bien des esclaves. £e qui est à cause d'autre chose est moins que cette chose. Les dieux ne peuvent donc pas être à cause des hommes ; ils ne sont doués d'activité qu'à cause d'eux-^êmes (3). On voit comme ces pensées tendaient à conserver pure de rapports particuliers à l'eicistence humaine, l'idéçde l'activité naturelle des- forces générales du monde* Mais, quoique \lexandre se décide en conséquence pour l'opinion que la providence divine sur les hommes ne peut se rapporter
(i) Çu. nat.jly a5.
(a) /^., II, 21. On voit, par la conclusion deruiëre, que la même objection est dirigée contre les platoniciens. ^
(3) L. 1., fol. 17 a. aXX' cF ràç ohtiaç rà ^tXw èvcpy^îrti htpytiiç T?IC tSv 5ihfîTSv otATKjpfaç, ohx oxtvori (ed* oOx airrov) x^p^v^ "iççanar*. iTtetfiv hf nia tSv I^dtûv cTvat x<^<v«
NOUVEAITX SCEPTIQUES. 2tl
à l'essence de son activité , il ne pouvait cependant pas avouer qu'elle n'est qu'un rapport non essentiel, ou pure* ment accidentel à cette activité. Il niait donc l'applicabilité de cette opposition disjonctive à la question actuelle. Car on pourrait seulement dire alors de Dieu qu'il ne prend des hommes qu'un soin indirect, si leur salut émanait de ses opérations sans qu'il le sùt^ sans qu'il le voulût, et sans raison ( iropà Xoyov ) . C'est ainsi que Ton dit que quelqu'un a trouvé un trésor par hasard ou accidentellement, lorsqu'il est tombé dessus sans le savoir et sans le vouloir, ayant commencé son travail dans une tout avH tre fin. Mais telle ne saurait être la providence des dieux; ils prennent soin des hommes avec savoir et vouloir , et leur procurent les biens de la vie dont ils ont besoin , quoiqu'ils n'exercent pas leur activité à cause des hommes. Il faut donc admettre un milieu entre la providence en soi et la providence accidentelle (1).
On ne peut pas méconnaître que dans ces pensées d'Alexandre d'Aphrodise sur la providence, règne le besoin de se mettre d'accord avec la tendance religieuse qui prévalait à cette époque, en philosophie, sans cependant rien céder des principes de son école, qui recommandaient avant tout le respect du système naturelde toutes lesforces et de tous les phénomènes. H ne veut donc pas se laisser entraîner par la polémique des platoniciens, au point d'a^ vouer que , bien que le monde ait été fait , la volonté di-^ vine peut cependant le rendre impérissable; car ce qui tient à Tessence d'une chose, Dieu même ne peut s'en sé«> parer; «n quoi Alexandre en appelle au mot de Platon » que le mal est nécessaire en ce mondé , parce qu'il fail; partie de la naitnre périssable des choses (2). Il ne Teujtpas faire plus de concision à ses adversaires ,. concernant la, doârine d^Aristote sur l'âme ; au contraire un. poi^^ç ca^
W La., fol. i&b.
313 LIVRE Xn. CIlÀt>ItRË IT.
pital de sa polémique contre les doctrines platoniciennes, c'est que rame n'est pas une substance qui se meuve d'ellemême; qu'elle doit être regardée comme une ^orme informée, matérialisée ( cwXw hioç) de la matière; qu'elle ne peut par conséquent pas non plus être immortelle de sa nature (1).
Plus donc la polémique des écoles était animée dans cette philosophie savante, plus on prenait à tâche d expliquer les doctrines des écoles et les écrits de leur fondateur, en s'attachant souvent à la lettre écrite avec une étroite servilité, avec un respect superstitieux, plus, par conséquent, on était contraint de recourir à des détours forcés , et moins on pénétrait l'esprit des doctrines pour exposer de ce point de vue Tensemble du système , dont les courts extraits dogmatiques que l'on composait à Tusage des élèves s'éloignaient beaucoup, plus aussi cette manière de traiter la philosophie ancienne dut fournir d'aliment au scepticisme.
Avant de passer à l'histoire du nouveau scepticisme , nous devons parler encore d'un savant de cette époque, qui» quoiqu'il se soit plutôt occupé d'une autre branche de la science , n'est cependant pas sans importance pour l'histoire de la philosophie. Nous voulons parler du célèbre médecin Claude Galien, qui florissait un peu avant Alexandre d'Aphrodise , sous l'empereur Marc-Aurèle et ses successeurs jusqu'à Sévère. Cet homme s'était donné pour tâché, en partant de quelques expériences et de vieilles traditions deTécole d'Hippocraie, de réduire la médecine en un système par l'application méthodique des règles de la logique et de quelques idées empruntées aux anciens philosophes. Nous n'avons pas à le juger sous ce rapport; mais nous devons dire qu'il prétendit aussi enseigner la philosophie et la répandre en partie dans des ouvrages proprement philosophiques , en partie dans ses théories médicales. Il peut ne pas nous être indifférent
de savoir quelles étaient ces doctrines médicales, tanr sons le point de vue général, parce que la profession très considérée de la médecine , sur laquelle elles agirent im« médiatement, dut exercer une grande influence sur la pensée philosophique du temps, que sous le point de vue particulier, parce que l'histoire du nouveau scepticisme tient intimement au développement de la médecinesavante. Déjà avant le temps de Galien, la pensée philosophi* que s'était , comme cela devait être, fait remarquer plu** sieurs fois, et il s'était formé des écoles dogmatiques de médecins qui professaient ou la théorie atomique d'Epicure, ou les idées stoiques, et qu'on appelait les pneumatiques. Nous pouvons cependant ne pas faire attention aux doctrines de ces médecins , parce qu'elles ne changèrent rien en philosophie. Mais il s'était déjà formé aussi , dans l'attaque contre ces médecins dogmatiques et contre la confusion que leurs opinions anticipées sur l'expérience menaçaient d'introduire en médecine, un autre parti de médecins qui ne voulaient s'en rapporter qu'à l'expérience seule , sans rechercher philosophique* ment les principes ou les causes. Galien ne voulait pas, avec les empiriques purs , renoncer à cette recherche ; et, d'un autre côté, il ne trouvait pas satisfaisantes les explications des médecins philosophes. 11 prit donc une autre marche; il adopta une philosophie éclectique dans ses essais d'explication , philosophie qui se rattachait surtout, il est vrai, à la doctrine de Platon et à celle d'Aristote, sans cependant dédaigner les idées stoiques qui sëtaient très répandues de son temps dans les scien* ces. La nature de sa science dut le porter«à l'expérience comme à une source certaine de la connaissance. Il s'y confiait tellement, qu'il ne voulait s'engager dans aucune dispute où la foi à la vérité des phénomènes ne devait pas être établie avant tout (1) . Il se dispensa par là même
(0 11 appelle ceux qui doutent de la vérité des phénomènes des dtjpocxoiruppwvccwç. De prœnoL ad Posth. , 5 , p. 6a8 , Kiib'
chine recherche fondamentale sur Timportance des phé* nomènes et sur les idées suprêmes dont leur explication dépend. Mais» suivant sa manière de voir, le phénomène même doit former la base des raisonnemens servant à trouver la connaissance du non-phénoménal , des raisons des phénomènes. 11 compare en conséquence ceux qui négligent les preuves et la théorie des preuves à ceux qui veulent apprendre l'astronomie sans. savoir les mathématiques et la géométrie (1). Il insiste donc d'une manière toute particulière sur les exercices logiques , sans lesquds aucune doctrine ne peut se constituer d'une ma* nière précise (2) , et il semble s'être appliqué spécialement à cette partie de la recherche philosophique , si l'on considère la longue liste d'ouvrages logiques qu'il donne dans le catalogue de ses œuvres. On aime à lui entendre dire que dans sa jeunesse il n'a demandé aux philosophes qu'une bonne théorie des preuves ^ mais qu'il s'était trompé en croyant qu'il la trouverait chez eux ; car aussi, sur cette question, il a entendu professer différentes opinions , il a vu des disputes et des erreurs manifestes. U pense donc que ce n'a pas été la faute de ses maîtres s'il n'est pas tombé dans le pyrrhonisme ; ce n'est qu'aux sciences mathématiques , qui étaient comme un ancien patrimoine de^sa famille , qu'il doit d'avoir conservé quelque foi aux sciences, et qu'il a essayé de se faire une théorie des preuves analogues à la géométrie (3) • Il est à remarquer qu'il était moins porté pour la logique de Platon et celle des stoïciens, que pour celle d'Aristote (4). Mais combien il est éloigné, dans ceux de ses écrits qui nous sont parvenus, de la méthode serrée
(i) Deconstit, art, med.j SJin,^ p. 254.
(2) De eiem. ex Hipp.j I, 6, p. 4^0; Quod opt, mecL sit quoque phi!,, p. 60.
(3) Dâ libr.propr., iï.
(4) li. 1.^ /i6., 16, Il dit : Ut( ri yttaf^tvpnm avocXurisY} d^ecvoiv tviç
HOVYEJLUX SCEPTIQUES. 215
et précise de la géométrie! Et ce n*est pas seulement dans ses ouvrages, qui , à cause de leur matière expérimentale, ne permettent pas une démonstration rigoureuse, mais aussi particulièrement dans les ouvrages philosophiques , qu'il s'abandonne jusqu'à Texcès à sa loquacité de rhéteur, et qu'on ne trouve que rarement une pensée intéressante à travers beaucoup de mots poinpeux. Son ouvrage sur les sophi&mes semble prouver de reste qu'il lui manquait la sévérité d'une pensée réglée, qui peut seule rendre utiles les recherches logiques de Tespèce de celles dont il s'occupait. Dans cet ouvrage, il veut établir la preuve qui manque dans Aristote, qu'il n'y a de possible que les six sophismes que ce philosophe a traités ; mais il croit pouvoir faire cette preuve au moyen d'une division tirée d'ailleurs, et appliquée maladi*oit6ment (1).
À la vérité, les ouvrages de Galieh sur les autres parties de la philosophie ne sont pas si nombreux; cependant on cite de lui un nombre considérable écrits sur la morale; il recommandait aux médecins l'étude de cette science, non seulement à cause de la liaison entre le corps et l'âme, mais il leur rappelle aussi en termes pleins de gravité la dignité de leur art , les exhorte à pratiquer la morale, à comprimer toutes les passions basses, à l'acquisition de toutes les vertus, afin de pouvoir exercer leur science avec d'autant plus de zèle (2) . Nous n'avons rien de plus à ajouter sur cette partie de la philosophie , si ce n'est qu'il y suit tout-à-fait la doctrine de Platon.
(i) Sa division se fonde sur ce que tout sophisme a sa raison dans une équivoque; mais l'équivoque peut consister du dans les mots particuliers, ou dans la composition de la proposition : de plus, l'équivoque doit étre^ou de réalité, ou de possibilité ou d'idée. Il ramène deux soi;^es de sophismes à l'équivoqtke do la réalité, trois à celle de la possibilité, et une à celle de l'idée, •^e sophism,^ c. 2.
(2) Quod opt, med, sil c/uoquc phiL, p. Co s.
On pense bien qu'il s'occupe spécialement de la physique, qui se rattache étroitement à la médecine. Cependant nous ne croyons pas nécessaire de donner une analyse étendue de sa physique i puisqu'elle repose en particulier sur l'expérience, et qu'en général il suit tantôt Platon y tantôt Aristote, tantôt les stoïciens. Il suffira de faire connaître par quelques exemples le caractère de son éclectisme. Conduit par son art à la recherche de la nature organique en particulier, il ne s'occupa d'aucune partie de la physique avec plu,s de soin que de la destination des organes, en quoi il s'attacha au point de vue téléologique de Platon, et surtout d'Aristote, sans suivre servilement les opinions de l'un ou de l'autre, puisque ses travaux particuliers sur la construction du corps animal durent le conduire à des résultats qui lui fussent propres. Il estimait tant cette partie de ia physique, qu'il croyait y voir le véritable commencement dune théologie positive (1). Aussi ne tarit-il pas en louanges de la sagesse divine, qu'il aperçoit dans la formation des êtres vivans. Nous trouvons cependant cette direction de ses vues philosophiques peu en harmonie avec le tour qu'il prend dans les principes de sa théorie médicale , puisqu'il y ramène presque tout au mélange des élémens, et qu'il fait au contraire peu attention à la force qui forme et harmonise les êtres vivans. Car il part de la .composition des quatre élémens, dont il se fait les mêmes idées au fond que les stoïciens (2) ; de leur composition et mélange convenable se forment des humeurs (3) , et
(i) De usu part* flSy II f i. p. 36o.H içtpi -^^ttaç ppt»v icpay/*a*
Tfoi r</i(»repou irpocyparoç okiriç tvjç carpcx^ç.
(a) De elem, ex Hipp., I, 6, 8. Il les regarde comme les extrêmes des propriétés simples. *
(3) Son principe, en cela , est qu'aucun élément ne peut manquer au corps vivant, /t., Qfin^ Mais il ne peut non plus avoir
des humeurs les parties homogènes et hétérogènes du corps. Aussi ses prescriptions médicales ont-elles précisément pour but de réiablir le mélange convenable dans, toutes Içs parties du corps, et il dut aussi concevoir sa théorie générale en conséquence de ce point de vue pratique. Il est en général visible qu'il était très influencé dans ses recherches par le but pratique de son art ; il ne dissimulait même pas le peu de cas qu'il faisait des recherches qui n'ont pas pour but la pratique , sur Dieu et ses rapports avec le monde ^ sur l'éternité ou le commencement du monde; et d'autres semblables, en quoi il s'en rapportait à Socrate^ à Xénophon et même à Platon (i) . Il n'y a que les arts utiles à la vie qui méritent le nom d'arts (2). Il dut donc plus estimer la psychologie que les recherclies sur les rapports respectifs des idées les plus élevées. Mais nous avons déjà donné à entendre qu'il s'en occupa cependant moins que de la science de la composition matérielle du corps; de là la manière éclectique et en même temps sceptique dont il s*exprimait sur l'âme. 11 mpntre bien une inclination à ^'attacher à l'idée d'Aristote sur l'âme, puisqu'il déclare 'qu'il ne peut pas concevoir la doctrine platonicienne que Tâme est incorporelle, parce qu'il ne peut reconnaître aucune différence dans rincorporel, tandis que les âmes diffèrent cependant les unes des autres, et parce qu'il n'aperçoit pas comment lame pourrait s'étendre par tout le corps si elle ne devait pas être un peu corps (3) . Ce qui fait qu'il ne jJeut pas
Un seul élément pur dans un corps vivant, car Gallien n'admet pas cet état de pureté extrême. De temp., I, i . (i) De Hipp. et Plat, plac,^ IX, 7> ?• 779s.
(2) Adhort, ad art. adii., 9. Ojçiaotç tSv lircTTo^wfMcTCiiv wx «arc TO rikoç ^lOKpeVtÇf TaÛT oux tiai Tc^^vat.
(3) Quod animi mor. corp. temp. sequ., 3, p. 776. Acà to f») ytvcooxetv pe tvîv ouceav rîjç ^yri^ oTTota riç coriv, ix tou yevovç twv aaci)|jtaT(i>v ÙTroôepEvcav fyjjiuv y7rap;^£tv aurrlv. Ev f«v yàp cea/uiarc Tûccxpa- ^««Ç ôpw irotfATToXu Te J«af epotiçaç ôXX/îXwv xat irot/ATCoXXaç oij<TCK; ' awfjLat»
218 LIVRB XII. CHAPITRB IT.
non plus admettre les preuves de Platon en faveur de rimmortalité de rame (1) , et il pense que personne encore n'a prouvé d'une manière scientifique en quoi consiste l'essence de l'âme , ce qui &it qu'il ne peut 's'en former aucune opinion^ pas même une vraisemblable (2) • A propos de quoi il se déclare aussi contré Topinion des platoniciens, que l'âme répandue partout l'univers forme les êtres vivans, parce que l'opinion qui place aussi la force formatrice de cet être divin dans les insectes les plus vils, ne lui semble pas éloignée de l'athéisme (3)« S^il s'éloigne aussi sur ce point des platoniciens , il revient cependant à leurs opinions au sujet de la division des facultés de Fânie et de la doctrine des organes aux* quels elles correspondent; il atiaque à ce sujet très vivement Aristote, qui met le siège de l'âme dans le cœur» et qui fait refroidir le cceUr par le cerveau ; il en appelle ici à ses recherches anatomiques, qui lui avaient démontré la liaison des nerfs du cerveau avec les organes des sens (4).
Galien avait fait servir , plus qu'aucun autre , à l'ornement scientifique de la médecine les doctrines des anciens philosophes ; il semble aussi, au jugement de savans médecins, qu'il avait mis à profit pour ses fins uq riche trésor d'expériences, et pour faire valoir ses* connaissances, il avait à sa disposition une éloquence un peu
TOI» 0 oMaç aÔTÎîç xa9 Ioutvïv uvat juva/ji£v>jç, oux ouoyjç ^t 'KotorviToç 3 e'iSwç Gtafiaroç où^Cjuitoev vow ^tayof(av, xairot iroXXaxtç CTCttrxrf/a/Jtevoç re xac Z'fi'^ooiç eieifukt^ ' âXX q\î$Cj icStç ov^ oSffce rou (w/juet'oç ccç oXov avrb èùvoLtr' ocv IxTctvecrTac. Jb.^ c. 6 , p. «jSS s, (i) /A., c. 3Jin>
(2) De/œt. format., 6 , p. 700. ÀXX% orreppyYjv, oû&pov wpcdxwv ^oçotv àTeoStSttypIviov ircKrryi^ovtxZç àtéoptïv o/aoXoyô ittp\ ^J^ç ouaiaç , oui o^Qse ro3 TutOavou TcpoeXOcn; ^uva/utevoç.
(4) De usuparL, VJII, 2, 3, p. 623 s.
verbeuse , il est ^rai , mais appropriée aux exigences de son siècle. Il ne faut donc pas s'étonner qu'il se soit fait un ^and nom et de nombreux partisans de ses doctrines; mais il faut moins s'étonner encore (]u'il ait trouvé chez ses collègues une forte opposition à l'application des idées philosophiques à leur pratique, puisqu'ils avaient quelque raison de craindre que cette application, qui avait été tentée dans la théorie par Galien et par ses prédécesseurs , n'amenât que confusion et altération des résultats de l'observation pure. Sans doute que les médecins qui sortirent auparavant des écoles d'Epîcure et de celle des stoïciens purent être plus matériels dans leurs œuvres que Galien; mais il n'est pas invraisemblable qu'ils avaient cependant sur lui l'avantage de philosopher d'une manière pliis conséquente (i), et plus les expériences le tirèrent en sens contraire , plus l'accroissement des expériences mêmes fit sentir l'insuffisance des anciennes doctrines physiques , plus aussi les médecins , qui ne voyaient le salut de leur science que dans l'expcrience^ se sentirent dans la nécessité de soumettre à l'examen toute la philosophie passée.
Ces considérations nous conduisent aux Sceptiques de cette époque. D'après les traditions (}ui nous sont parvenues y le scepticisme que nous avons rencontré dans la seconde période se propagea peu. Un catalogue des sceptiques, depuis Timon, est arrivé jusqu'à nous; mais il est évident qu'il contient des lacunes (2), à moins que nous ne devions plutôt admettre avec un sceptique plus récent, Ménodote, que l'école sceptique fut quelque temps interrompue, jusqu'à ce qu'elle fut reprise par un cer-
(i)*Yoir, pour plus de détails sur le singulier éclectisme de Gralliea , Kurt-Sprengel , Mémoire sur l'hisioire de la médecine, T. I, 1" partie, p; 117 s.
(2) Dio^, L., IX, ii5, 116. Timou et Enésideme ne seraient en conséquence séparés que de quatre générations , ce qui est assurément trop peu pour cent ans.
taiu Plolémée de Cyrène. On lui donne pour disciples Héraclide et Sarpédon. On ne sait rien de plus de ces disciples ^ et ce n'est que le disciple d'Héraclide , Enésidème, qui donna un fondement plus ferme au scepticisme. La série des maîtres sceptiques parait n'avoir pas souffert d'interruption depuis Ptolémée (1) ; mais les renseignemens que nous avons sur eux sont si peu considérables ^ que nous n'avons presque rien à dire des circon- Slances de leur vie, et suffisent à peine pour décou\rir le temps où ils vivaient. Quoique nous soyons habitués à voir les écoles d'alors se diviser^ et se mettre peu en peine les unes des autres, chaci^ne s'occupant plus de l'ancien que du nouveau, cependant Técole sceptique est née de toutes les autres, bien que sa littérature semble avoir été peu importante, qui ce tient sans doute à une raison particulière. Cicéron considérait de son temps (2) la philosophie sceptique comme dissoute ; Sénèque ne comptait du sien aucun maître de philosophie sceptique (3) ; il n'est presque mention nulle part que de ceux qui écrivent expressément sur les sectes ou l'histoire de la philosophie et de médecins. Nous ne doutons pas de l'importance de leurs travaux, particulièrement eu ce qui concerne la médecine; nous sommes portés à croire que les nouveaux sceptiques étaient tous médecins, parce que tous ceux dont nous connaissons quelques circonstances biographiques, et c'est le g^rand nombre, étaient en effet médecins (4). Nous ne trouvons aucun renseignement précis
(i) Nous le concluoDs de ce que la tradition dans Diogène, sur Ménodote , renvoie à l'un des principaux chefs de l'école sceptique. Si Agrippa n'est pas nommé dans cette série, cela prouve seulement qu'il appartenait à une branche collatérale de l'école.
(2) De oraLy III, ly } Dejin,y II, 11, i3.
(3) Quœst. nat,, VII^ 82.
(4) Depuis Ënésidème jusqu'à Saturnin us, nous, comptonsneuf maîtres sceptiques, eux deux compris, dont six étaient
ÎÏOUTEATTX SCEPTIQUES. Ht
sur le temps ou ces sceptiques vivaient, maïs on peut le déterminer approximativement. Nous pouvons clairement reconnaître dans les écrits de Sextus Teropirique , par le caractère de'l'attaque sceptique contre les dogmatiques, qu'il a dû se former à une époque où Técole des stoïciens exerçait encore la plus grande influence sur la pensée scientifique; car quoique les autres sectes des dogmatiqiA ne soient pas épargnées par les sceptiques , quoique le scepticisme s'attache surtout à mettre en conflit les opinions de toutes les écoles imaginables , celles des écoles à moitié oubliées , comme celles des écoles encore florissantes ; cependant celle des stoïciens y joue encore le principal rôle. Aucune n'est examinée d'aussi près ; les formes et les modes d'exposition de leur science valent presqu'à l'égal des formes de la science en général. Or, nous savons que la philosophie stoïque commença à tomber vers la fin du deuxième siècle de notre ère, et que la
médecins, et des écrivains très remarquables dans leur partie, savoir : Sextus l'empirique et Saturninus , qui sont eipressément appelés médecins empiriques^ BÎQg» Z., IX, ii6; Héro« dote, maître de Sextus^ fils d'Arius, qui était également médecin, et dont le maître, Ménodotei ainsi que Théodas ou Theudas , étaient comptés parmi les médecins empiriques les plus distingués; Zeuxis est aussi mentionné comme médecin. Gaien, de libr, prop,y g; De comp. med. sed, loc.y III, p. 636; V, p. 834; De simpl. med. iemp., I, p. 432. Hérâclide de Tarente, qui fut peut-être le maître d'Ënésidème, est aussi appelé médecin empirique. Galen. de comp, med, sec, loc.y II, p. 534 î De Ubr, pr.y 9. J'observe ici que l'on comptait les médecins sceptiques au nombre des médecins empinques , que cependant Seitus Tempirique n'est point de cet avis ; il pense au contraire qu'ils pourraient plutôt être comptés parmi les médecins méthodiques. Hypoih* P^rrh,, I, 236 s.; Adv.-math.^ VIII, 327. Mais sa raison de distinguer entre les médecins empiriques et les médecins sceptiques est bien peu plausible, et lui-même ne l'a pas soutenue, i^., 191. Gallien reconnaît qu'ils s'étaient aita- ^iiés i difierentes «ooles. De sintpL med, temp., !• K
philosophie néo-platonique eut un tel éclat au milieu du m'' siècle , qu'elle dépassa bientôt toutes les autres écoles philosophiques; et cependant il n'est pas du tout question de cette philosophie dans les recherches sceptiques de Sextusy bien qu'elle eût fourni une abondante moisson au doute sur toute9 les connaissances philosophiques (1). On peut conclure sûrement de là que les hommes dont Sextus cherche à recueillir les raisons scepifîques en un corps de doctrine , sinon Sextus lui-même y vivaient au plus tard dans la première moitié du m*' siècle. Les écrits ' desmédecins grecssemblentfournirquelque chose de plus précis. Les ouvrages de Galieu contre les empiriques ne sont dirigés que contre Ménodote et Teudas ; il parle, dans un écrit subséquent , d'Iiérodote , disciple de Ménodote ; mais il ne fait pas mention de Sextus l'empirique^ disciple d'Hérodote 9 quoique dans un ouvrage médical ultérieur il mette Hérodote au nombre des principaux médecins empiriques (2). Un homme qui avait recueilli toutes les doctrines sceptiques n'aurait pas pu être omis par Gaiien j s'il eût eu déjà publié un de ses ouvrages du vivant de celui-ci^ d'où nous devons conclure qu*Hérodote était à peu près contemporain de Gaiien, mais que Sextus vivait dans la première moitié du ni**' siècle. En remontant à cette époque, Enésidème peut avoir fleuri vers le commencement de notre ère (3) .
■ ^ I I ; Il II I I I ■ Il I II— ^— f— — ^— — — ■ ■ I ■ . —— ^
(i) Sextus dit positivement qu'il a fait l'histoire de la philosophie depuis les physicieus jusqu'aux philosophes les plus récens, c'est-à-dire jusc^'aux stoïciens. Adv* maih», VIII, i; Pyrrh, h{yp>i I, 65. Kari toÙç ^aXcaTa i5|«v àvre JoÇouvraç vxiv ^oypwTixoiiç Toùç «irb -riîç oroSç. U parle rarement des philosophes de son temps , ou en général d'une époque postérieure aux stoïciens. Cependant, il cite le stoïcien Basilidès, que l'on regarde comme le maître de Marc-Aurèle. Adv, math, , VIII , 258 , c. not. Fahr.
(s) Savoir, dans YJntroductio, qui se trouve mal à propos parmi les œuvres de Gaiien , c, 4«
(3) On admet ordinairement^ d'après Fabric. aà Seat. Emp:
noutbàux sceptiques. * 228
En descendant la série des nouveaux sceptiques jusqu'à Sextus, nous n'en trouvons qu'un très petit nombre qui aient un caractère à eux. Le plus remarquable est encore Enésidème de Gnose^ qui enseigna à Alexandrie ; encore n'est-il pas même certain que sa façon de penser fût celle de récole sceptique , quoiqu'il paraisse avoir beaucoup contribué à la propagation des doctrines sceptiques ; car on nous dit qu'il était attaché à la doctrine d'Heraclite , mais qu'il ne considérait les recherches sceptiques que comme un moyen d'y parvenir^ Ceci est parfaitement d'accord avec l'esprit de son temps, qui cherchait à re« nouveler les anciennes doctrines et à les concilier. Il semble s'être appliqué très clairement sur la maniée dont toutes deux s'enchaînaient ; car il disait qu'il faut d'abord reconnaître sceptiquement que le contraire apparaît dfins le même, avant deparvenir à la connaissance d'Heraclite , que l'opposé est dans le même (1). Mais il semble peu douteux, d'après cela, qu'il ne voulait pas s'attacher à l'école sceptique, parce qu'elle ne voulait rien juger sur ce qui sert de fondement au phénomène , ainsi que Ené*
^XP' Pyrr^'i I> îï35, qu'Énésldème était contemporain de Cicéron. Cette supposition se fonde principalement sur ce qu'il disait des académiciens de son temps , qu'ils étaient quelquefois d'accord avec les stoïciens, et qu'ils se montraient comme des stoïciens qui en combattaient d'autres; car on rapporte cette expression à l'académicien Antîochus. Mais il n'est pas invraisemblable que beaucoup d'académiciens marchèrent sur les traces d'Antiochus. On ne peut rien conclure du témoignage d'Aristoclès, Ap. Euseb, pr. ev., XIV, 7, qu' Enésidème a ranimé I^Slç xat '7rpeov}v la doctrine sceptique.
(i) SexU Pmp. Pjrrrh, hyp*, I, a 10. Éic«i Sk 0! irfp\ t^v Alviioc- ^/ifov e).e)>ov, o^v cevat tqv mcimxvjv ir^tùffï* tire ttiv HpœcXcittiov ycXoco<ptav, ^coTc irpoTfjycrrat toîî Tovovcta icept to owTb uirdcp^ecy xb TovavTca irepe H oùrb ^afvca6ai * xac oc |U€v ffxsTTTixo) ^acvcTOoci Xtyovffi rà ivonirtoc irsp) TO ouTo y oc Si £[paxXi(TC(oi dnrb TO^rot) wA iir^ x^ vtro^ttv eorroe
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224 LIVRE xir. c^^pITR£ iv.
sidème lui-même le reconnaissait (1). Le sceptique n'accorderait donc pas non plus que Ton pût dire de Tétre que Topposé lui convient, et Enésidème se' faisait si peu illusion là-dessus 9 qu'il remarquait au contraire que le sceptique ne dira pas même qu'il y a ou qu'il n'y a pas un être (2). D'autres de ses propositions seraient encore moins conciliables avec son prétendu scepticisme. Por exemple^ lorsqu'il enseignait que l'être ou la substance (oùaia) est corps, et même le corps premier (3), ce qui suppose une opposition entre le corps premier qui sert de fondement, et le corps phénoménal ou apparent ; comme aussi lorsqu'il admettait que le principe de toutes choses est Fair (1). Il pouvait encore sembler, par ses expressions, s'attacher jusqu'à un certain point à la doctrine d'Heraclite, mais pas autant lorsqu'il appelait aussi le temps le principe de toutes choses, et qu'il faisait le temps corporel (ô), ni quand il rattachait à cette doctrine d'autres propositions qui semblent indiquer une tendance très prononcée à unir et à résoudre toutes les oppositions en une idée de, quelque chose d'unique, de primitif et de fondamental. C'est évidemment en ce sens qu'il faut entendre son assertion , que tout le temps , incontestablement le mouvement du ciel, mais aussi le présent, le simple élément du temps, est le principe primitif de toutes choses, comme aussi l'unité, en tant que simple élément du nombre , est la première substance ; car de la multiplication du présent et de Tunité sont nés les temps et les nombres ; mais la partie est aussi bien autre chose que le tout, comme elle est aussi bien la même chose que lui.
(i) Phot, cod,j 21 a, p. 281, HoescK, Sy^ptrot juiev, èS^Trcp tœ ya* JtpoL tpotfitj tSv acpavuv, oùj SXcjç cTvoec tfnvt , vnçoLvriaQat Sk xev*^ Trpoç—
(2) Jb., p. 280.
(3) Sext. Emp^ Pyrrïi. hyp., III, i38; Ady. math., X, 216. ; (4) Jb., 233.
^ (5) Sect. Emp. Pyrrh^hyp.^ III, i38; Adv. maih.^ X, 216-
parce que le premier être n'est pas moins tout qne partie : touty par rapport au monde , partie par rapport à la nature de cet être déterminé vivant (1). A peine peut-on douter que toutes ses propositions ne rendent le point de vue panthéistique de la doctrine d'Heraclite. La siib* stance de toutes choses, Funité de tout Tanivers est expri« mée et entièrement contenue dans chaque chose , dans la partie comme dans le tout; c'est pourquoi toute multiplicité dans le monde n'est qu'une répétition de la même unité, et tout existe complètement dans chaque instant de la durée. Enésidème pouvait donc bien dire que lopposâ existe dans la même chose. Il semble^ de ce qu'il appelait Tu» nité primitive air et temps» qu'il la regardait comme un être vivant. Nous iae nous trompons peut-être pas quand nousprésumons que ce panthéisme matérialiste a une liaison étroite avec la médecine de l'école sceptique, cequî. peut s'expliquer encore, parce qu*£nésidème présentaû d'une manière toute matérialiste les opinions d'Heraclite sur
(i) Secf. emp. Pyrrh, hjrp. ^ III, i38j Adv. Math. ST, ai6. 09tv xa> ^(à T^ç TTptotTjç cîffoycÉiyYîÇ xotô' îÇ Tcpayixa-niv rerayôat Xtyuy ràç àickaq XeÇecç, a? rtftç fiipn tou Xoyou rrr^oatovct , rnv p^ ypovoi irpoirnyoptcev xa\ riv fiovàç im tyjç oWaç Tcraj^ôai ^acv, ri xîç corc awitartvi ' rà ^ pcycOq tô>v ^oV6»v xat\ Tot xc^oXaca Tt5v opcOfiû» cire iroXuffXoeviaapou ftakiora Ixfcpeadac. To fi^ y^ ^vw^ ô % ypovoo fCQvufxoc tari , cri ji tijv juiova^a oùx âXXo tc ccvac ^ rnv oû^iW * tqv A iaipoTif Tusù T^v p^va xac tov êveoturov iroXuirXa9cato|jiby uiro^j^ffv ro? vuv', ^;x\ ik Tou ^oovou. Tos ^ ^uo xac rpca xac jexa xac cxarov iro- Xu:rÀa7(a(7fiby «Tvat t^ç |JU>va^oç> Z^-, IX., 33'j. Q ^ Acv>}9c^poç xarx BpaxXecTov, xa^ ercpov, ^ffi, to fiépoç roù oXov xa\ roûrov* 19 yàp oucijr xac o).v} c9t\ xac fopoç* SX19 fiib xarà tw xo9/ulov, jutcpoç ^ xarà rvTi; rov^c TOV C»ou ^ffcv. La dernière proposition est obscure dans ma périphrase comme dans l'original. La manière dont Sextus rap* porte quelque chose de complètement inintelligible est en gé* néral remarquable. Le commencement du premier passage démontre qu'Énésidème essaya de fonder la doctrine d'Heraclite très syslémaliquement par la comparalsou des formes de Têlro avec les formes du langage.
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rétx>ul€meiit du feu divin dans notre âme (1). Il n^étfiil donc pas dans cette voie très éloigné, quant au fond, ded stoïciens ; et si néanmoins il les attaque particulièrement et qu'il rejette Taccord des nouveaux académiciens arec les stoïciens^ cela peut tenir à des accessoires ou à ce qu^il ne trouve pas les stoïciens suffisamment conséquens dan^ leur direction panthéistique et matérialiste (2).
Quoique, relativement à toute cette doctrine, noud ne comptions pas Ënésimède parmi les sceptiques, il est certain du moins qu'elle a eu très peu d'influence sur la marche ultérieure de notre histoire ; elle n'est qu'une trace de Tidée panthéistique , qui reparait en son temps en différens lieux, mais surtout en Orient ; nous la trou- Tons, comme telle, inférieure à beaucoup de grands fnonumens de la même époque. Du reste , Talliance de ce panthéisme aux recherches sceptiques n'a rien qui puisse x^ous étonner, si nous faisons attention qu'à côté des doc* tpnes panthéisiiques a toujours marché parallèlement une polémique décidée contre tout développement intellectuel de la science, polémique dont nous avons déjà trouvé des traces nombreuses chez les Ëléates , les Mégariques , et même dans Heraclite. Dans le fait , le scepticisme ultérieur a suivi ses traces avec ardeur (3) , et Enésidème ne voulait du scepticismeque comme acheminement à la philosophie d'Heraclite , en tant seulement qu'il ren- Tcrse l'opinion commune des choses, et cherche à l'exposer comme une vaine représentation en soi , en quoi il fraie un chemin à la doctrine panthéistique. C'est ce qui
(i) Sext. Emp, ad9, malh.j VH, 349, 35o.
(a) Nous avons dit précédemment que Soitus Tenipinquê montra de l'inclina tion dans ses opinions médicales pour l'école méthodique; des sceptiques antérieurs purent bien aussi avoir kicliné vers l'école pneumatique , sans cependant en approuver les fondemens scientifiques. Enfin, tout scepticisme a cependant un dogmatisme pour appui.
(3) Diog. Zr., IX, 72, 73»
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Cependant, par le fait qu'EniïsUIènic recueillit ]pg dix raisons de doute, nous pourrions très bien trouver un fil pour nous guider dans l'obscurité du développement de l'école sceptique. En tous cas, il y ■ lu une lentatîVa d'introduire un certain ordre dans la doctrine Kepti(|u«, et d'acquérir une tus supérieure et d'ensemble sur U niasse de ses objections contre les dogmatiques. On reconnaît aussi cette direction de ses eiTorti pour perfectionner le scepticisme, dans ton énum^ratîon dtfi huit difîérens cas dans lesquels les dogmatiques doivent m faire illusion en recherchant les causes (I); et en g^tiéfal Sestns reconnaît expressément par oppo<iiii<jn le itKxlti d'investigation des nouveaux acadéraidcni, que U<t *•<'[>. tiques ont essayé de réfuter Malement le* {>r'>[>"*i(iv»« principales des dogmatiques, et ce q'i'il y a d« ptus p^^^néral dans leur doctrine, parce qu'avec '»;I« doit Uxr»' ber aussi la certitude des conséquenve* de détsili (3y. fjt qui est d'accord avec le fait, que le» M^eptique* qui vitircDt après Enésidème réduisirent de plu» eu f>lu» Im r»i' trjtu de doute (3). jlgrippa, dont v'm% ne ustvmn svtr« chose, à ce n'est qnll vécut après Enékidéme 'ij , »'»'!' meuait plus que cinq raisons de doute '^), dvnt dtut
h ledxrdte «les deux »pècei de tavuvttuiKul , /i:,\, 'i^i i» tLmû.:S«Bnoini>uUdobiea,/£., XJ, J3, et ^ii<;l'jw»»uUt».
'i, SerU Emp. hjp. Pjrrrh., V, l'-iu §.
■■j., JJ^.nialh.,VLy I,
'2, Ce que uw» pooioat v.Jti'Juj« nrw, r*»tnj dt lu u***'*:;"! àoit &eUas nM«lk«iDe wunHiKiBHA ces àtMin» uii^Miw», >>tt4. Vf-» ï» »*<' •■7*-