ESPRIT ORIENTAI. PARMI LBS GRECS
elle fie nous renyme pas pure la lumière solaire ; elle est trop faible pour nous en rendre la chaleur* L'âme peut donc aussi faire tous ses e£forls pour imiter y autant que possible y le divin , ou pour le recevoir aussi pur que possible ; mais il s'ëlève dans soo sein une lutte entre le di- ▼in communiqué et rkumain qui lui est inm, ce qui occasionne les mouTemens de Tàme dans Tenthoasiasme (l). Il faut observer que cette idée £iit ressortir la même opinion que nous avons déjà tronvëe dans Pbikni , -que les efforts humains n'abantissent qsa^ purifier Tâme de aes moQvemens passionnés et à la préparer atasi k l'efficacité de la ^âce divine , qui prodfiira alors une forme plus élevée delà vîew C'est ponrqnoi lent kousîaBme divin, qne Plntarque élève. beaucoup plos^quetieravàit fait Platon , est aussi considéré comme un pâtnr die l'âme ; ce qui conduit Plntarque à penser que la oonnaitoanoecki divin esc préparée par une vie recaeiltie (2)« '
'Quoàqu'^n ne^pmose mécoanaitre ici finfltience delà pansée orientale^ Flatarque se monture laéanmûfns, par iHi autre c6téy Adète du point de vue grec. Tout en ooneévantavec Platon ie INeu suprême côitàme immtiableet f«rsévéïant dans son étemel tepm, il dot^a^ néanmoins dans sa doctrine une vafeiwr à topiUfioû que (e bien «t 1^
(i) De Pjrih, orac, 21. Yu^^i Si opyovov âto^ yeyovsv* ôpyavou ^ «pagxja ft«XftfTg;jiA(f KJgOftc TO^fcli^evoy ^^.^TréfMKC ^iKfiK x«\ Jt^v/m ro
XoTpco)' xaO' EOUTO yàp a^^TïXov TOjjirv. -*■ O xaX6tJf*evoç ht^wjiaç-
lihç totu fM^iÇ ^v^WcKtvrîffc^ &wv> TYjV fiW wç ttsVw^s^î ^HC^OÇ «^ ,
(2) De Is^ et Os,f 2. Pliitanfue se montre porté 4rux doctrines py tbagoriques 9 il admet entpe autres le dogme de la métempsycose. Si l'ouvrage de esu camiurn-àev^ Itti êtl*e attiibué^ il prouverait que Pkitarque ne rejetait 'oépèndant pas absolument les aHmee» aDÎmîauK> taais qsi'il vouktt seulemeat eu restreindre TusagCr
connaissance de la raison consistent dans le mouvement ( 1 ) . Le Dieu en soi, caché , qui n'existe que par lui-même , raison et idée y a passé à la contingence ou au devenir par le mouvement (3).
Nous rencontrons encore ici une idée qui , tout en se rattachant à Platoii et à Aristote, rappelle cependant d'une manière plus forte encore le tour d*esprit oriental. Plntarque fait ressortir très nettement l'obscurité mystérieuse dont Dieu est entouré , et il distingue l'idée de Dieu en soi de l'idée de Dieu formateur du monde, distinction qui n'avait jamais pris une forme Uen déterminée dans Tancienne philosophie grecque. Dieu en, soi nous est inconnu (3) ; le premier Dieu voit , mais n'est .point vu (4); il est très éloigné delà terre; sa substance pure serait, pour ainsi dire, souillée ^ s'i{ devait se mettre en contact avec les choses sujettes au changement et à la mort. Les âmes des hommes, qui sont enveloppées par le corps, exposées à la souffrance, n'ont aucun commerce avec Dieu, si ce n'est qu'elles le touchent en pensée, par le moyen de la philosophie » comme dans un songe, ce n'est qu'autant qu'elles sont séparées du corps, qu'elles parviennent jusqu'à Tinvisibleet au saint, où elles contemplent avec ardeur , sous la conduite et l'empire de IMeu , la beauté cachée aux hommes (ô). Si nous croyons obser-
(1) De Is. et Os. y 6o. Outt» xot^ rnv •ê^aw mù Tiîiv ^v^o-rv wç 'vou ^pÀv xoLi %iYnffv» oSffov Îc/Acvov xotc ycpoftfvou xac 1^ owcrvac xa\ xàtr- 7a6bv 8Xwç x«c ôptriv iitt toTç piou^t xae 5couae ^iSatxrh Ih,y 62 s.; 77; qucest. Plat. y II, i.
(2) De Is. et Os. y 62 ^n. Ahirmat ik xai ètèi routwv h puGoç , Zrt TtaB Ifltuff^v h rou '^tov vouç xoti XKyoç y Iv râ ciopaTtù xac ot/foMÎt j3c- ^>)xwç , tîç yévtetv vtt^ xcvqote^ç irpoîiXOc.
(3) De Pyth. orac.^ ao. Ka8' cocur^ yÀp afcAov li^v.
(4) 2fc Is. a Os.^ 75.
(5) Ih.j 79. O ^ ètfTc ^y oOt^ç àfTAiTaru» tnç y^ç o^fpatvroç xat apcocytoç met xocSop^ç oima; dncaonç ^of«y ^cxofutéyyjç xar 5avarev. Àv-
ESPRIT ORIENTAL' PARMI tfiâ CYlKCS. 4 i 7
Ter ici une différence entre les anciens philosophes grecs et Plutarque, ce n'est sans doute qu'une différence en degré , car on trouve aussi dans les doctrines de ces philosophes des traits remarquables qui plaçaient le cosmique et particulièrement le terrestre dans quelque éloigiiement de Dieu ; Plutarque semble s'y arrêter encore plus Volontiers. Il fait jouer à Isis , dans sa lliéologie, le même rôle que le Verbe divin joue dans la doctrine de Philon. Elle doit servir de lien entre les choses terrestres et passagères et Osiris le Dieu suprême. Comme Philon , il fait ressortir la pensée que Dieu est simple et une lumière pure^ il rappelle l'être; son essence est l'un ^ toute différence y tonte distinction dans la contingence du nonêtre vient de là (t). Telle est aussi là pensée que ce qui ne peut être connu que par l'entendement , le pur et le saint n'apparaissent dans notre âme que comme un éclair qui nous permet de le toucher et de l'apercevoir une fois (2). Le ciel et les étoiles sont le séjour des pensées , des idées et des émanations de Dieu ; elles ne nous parviennent que dispersées et sans trop tarder ; c'est l'œuvre dlsis de les retenir et de les alimenter sous cette forme (3). Cette divinité qui règne sur les choses sensibles de cette terre ^ recueille les membres dispersés de Dieu et les conserve ; elle nous fait voir le supra-sensible dans le sensible (4). Plutarque n'est cependant pas toujours parfaitement conséquent avec lui-même sous ce rapport. On trouve aussi,
otne îart furouacoc rou Biw > irXnv Saov ôvtcfMcroc âf«aupou 3iyf7v vovioce ^cà ycXodoytaç xtX. De El ap. Delph.y 20.
(i) De ET ap. Delph.y ao. aXX' îv iTvai iurh ov , watctp îv to %)ày a* ^npo-nîç, iiayopà tou Svtoç> cIç yivcaevcÇiotarai tou f«n SvToç. De Is. et Os. , 78.
(a) De Js. et Os., 1. 1.
(3) Ibid. ôg, OS fx^ yoep Iv o^pôvS xoe'e a^pôcç Xéyot xcà tt9n m\ oicoppoae toû 5co3 fiévoode , Toift wç ira(6)9Tixo?ç ^i£(Jirapj*cva xrX.
(4) L. l.j ib,f 78.
iT. 27
41$ IsITRB XU» CHA.PITRB TII*
chez lui des idées qui semUent avoir une antre tendance^ Il enseigne que Dieu est eotomencem^it, principe, et que lout principe multiplie par sa. propre force crmtrice ce qjni sort de lui (1). Cette force créatrice de Bien, qui est ^idBnte darBsle monde, lui sert mm seulement à former la ifiatière , raeis «ncore à se multiplienr en eHe ; car l'âme raisonnable^ apparaît n<m seulement comme- ora^rre^ divine» inaiaeneore comme une paette de Dieu^ (2)t
Avec ee» expressions de eir constance , nous^mrions^t^ès emban^ssé de trouver et de faire ressortir le fend* do la^ pensée d« Plutarcpie, incertain* ^e> noU9 derixitts entrai deamsinjèt^sdevoir opposées-, 5»*U n'y avait cepenchinvpac^ il«i. point central de. sa doctnioe su» le v«pport de Dietf ail* i^onde^f auquel il revient dnnft lu pliipart db- ses ouvrais, et avec lequel s'aecordenb ausssi la plupavt de-setf esxfO'weiùn^ Ge àr quoi tout revient est le>Kapporti qu'il' re^ connalt^ de U matière à Dien« U dit hii^méme'qu{ii>es€( <)i4ig(â souvent de neeonnaitre que Ifârae* iutaisonnabte e^ le Goi^pft- aiNAs ferme ont été ensemble de tout temps* el^ n'Qnfy Qi|: ni eommenoement ni naûsancer (Z) ;; mais, eu^ partait» de là, il dut, d'après sa? manière de voir, poser iMlssi.,- d^un autre côté , un principe raisomiable, qui i»i« primai lunaison à l'âme irraisonnable et donna- la forme à la\ma|;ière informe , en sorte qu'il- iteooiinaît treis) priu*» cipei$ q,|ui. out primitivement concoui>u>> chaoun* pour sa? part.,. à. la forouationdu monde(4}. Soudeinfentil e»oon«' sidère deux, en tant que réunis dès toujours, comme déjà donnés, et il pouvait en conséquence trouver aussi sQn Q^nian- d'accordi avec les dootrines^d'iMstote et- de^ PJuftnn, telIés;qu'il*croyuit les comprendre', et même av.ec
( I ); JQe.Js^ et. Os, , 36 .
(a) Plat. quœsUy II, 2.
^(3) Ib y IV. H rb ttoXXoxcç ûy' i^ Xe)i^ptfifQV.<tt!^Mçi«rtv^ yt^
Tipov orÛTwv yivcaiv cf^ oU' of^in .
ESPRlt OllIfiNTÂL PA&UI LB8 GaECS, 419
etelled de Zoroastre, qui fait résultBr le monde du liteaet du ifiâl (1). Il rattache done sa manière de tout à la dôc- VrïiVè ptixiéàtttïtùent rapportée, qu'il faHt embrasser daas re)tpUeattdii des phénomènes les causes jphysiquss du iâbndê et la Cànse divine qui indique ie coïkimeacément et là ttï é^ tcittie^ choses (2). Il satisfait done son ptenehant & Htcaeher ses HouTeantés à des doctrineis plus amteiinèb. Son opinion ressort beaucoup plus clairenleùt de «es ][^iti^i{$i&Sé II regHfde en conséquence la matière non seàlëihèlkt éoiAme néicessaire à la formation du mondes parce ^'il ïSé f>éùt pas àbandotiner l'ancien principe ^ q«e rien Hé ^ëut se f&if-e dé rieû (3); mais il penserait friutArt ifù'il £tut idmtîttrè dfti» le monde un principe du nnd. Â be d^lat^ ëtï iionséqueâcé très nettement contre ia doctrine d'une ÀValièrê Sâiis pro{ik*ïétés , qui se serait prêtée » sàiis pouVtyir iréi^st'è^ ^ à tout ie bien possible. Ilattribae très pairllri^tiient celte doctfîAe ftûx seuls stoïcieHB, qu'il «cctisè de faire ^rocéAéï* le mal dû nott-'étre , sans raison et san^ causé ^4). Dieu ne devrait donc pifô ébi^ regardé coi^itiè TuDlqûe càtïse dii «noti^ > car , de même qu'il n'y auiràit rien de bien dans le %Onde sans IMeo , de arènreon n'y trouSTeràit point de ttfàl si tout provenait de loi ('6). Il se voit doWc fôfcé à fécfottimttre une valeur positive iia màtiè^ coàimè cause du ma^l dans le ïnondei; eofnmeil ne p^i è'eàipèche^ noH pVut> d'un autre *cètév dy ««cnti- TtsifVte rùiê faculté iAdétemiiifiée de fouiiwt à k faroe^far-
(1) De d^, orac., 47î de anim. procny 6, 27; deJs.etOs.^ 46 s.
(2) De def, or.^ 4lj 4^.
(3) De aninu procr., 5.
(4) De anim, procr,, 6. A\ ySep Sroixxat ieataXa/yLSxvouêrtv ifta^ «Tcopcoc T^ xaxbv ix toû fjiYî ovTOç ôvottTtMç xixi «yevvTfîTetfÇ èmc^ayovTcç ; f irt^ i?Sv */ ôvtxùv OÔtt rh éeybi%)f oStt rb âtronofv i beoç IgUv ovfftan» xocxoO wxe ycvwiv icajpao^fctv^. De Is. et Os, y 4^? ^} ^^' ^iStotc., 34-
(5) De Js. et Os,, 4^* Aâwcetw yhtçk ^ ^Xowpov orcow^^iroo irocv-
420 LlTRfi XII.. CBiiPlTRB VIU
matrice de Dieu une matière passive servant à la production da bien. La matière se présente à lui sous deux aspects , suivant qu'elle est le principe du mal ou quelque chose d'indifférent qui ne doit être d'abord destiné ni au bien ni au mal. Il unit donc aussi , par le moyen de la matière f les deux membres de l'opposition platonique , entre l'identique et le divers, c'est-à-dire entre le bien et le mal (1 ). La privation de forme ou le chaos était avant que le monde fût ; mais le défaut de forme n'était ni défaut de corps ni défaut d'âmes , car Dieu ne pouvait faire des corps avec ce qui n'était pas corps, ni des âmes avec ce qui n'était pas âme; mais ayant trouvé d'abord Tune et l'autre ^de ces choses sans ordre ni mesure, il les convertit en un tout très beau , les unit l'une à l'autre, et en forma rétre. vivant le plus accompli (2). Il appelle aussi Tâme irraisonnable , le mouvement indéterminé , qui peut être regardé comme matière informe du temps , de la même manière qu'il représente au contraire le corps sans forme comme la matière du monde ordonné dans l'espace (3).
Il pourrait donc bien sembler étonnant , au premier aperçu, que Plutarque cherche l'essence première du mal, non dans le corporel, mais dans le mouvement désordonné de l'âme ; qu'il considère au contraire le corporel comme (Quelque chose d'indifférent qui se laisse transformer pour le bien sans résistance. C'est en tous -cas étonnant si l'on fait attention que les philosophes antérieurs, que suit d'ailleurs Plutarque, étaient très portés à voir dans le corporel un obstacle et uq mal pour l'âme et pour tout bien; si, de plus. Ton se sent porté soi-même à regarder le corps comme le tombeau de l'âme , et la mort comme un affranchissement du mal ; mais ses expressions
" (i) De an. procr.j a6.
(a) //»., 5. Axoafiiayàp îv wp^ tyjç tou xocrjuiou yeviattùç^ dcxo^fua à ovx âffwfMCToç, oi»5' ôxtvîQTOç, oû^' tt^u^foç. Ô yàp B^toç ours ffWfAOC
(3) Plat, quœst., VJJI, 4.
ESPRIT ORIENTAL PARMI LES GRSCS. 42 i
là-dessus sont cependant très précises. Il demande à ceux qui voudraient réduire la nécessité platonique à la matière corporelle , comment Platon qui a conçu la matière comme une substance sans proprié tés , sans force à elle propre, peut avoir regardé une pareille masse inerte y sans prédisposition spéciale pour une chose ou pour une autre, comme cause du mal, comme une puissance re« belle à la volonté divine (1). Platon appelle la matière la mère et la nourrice des choses ; mais la cause du mal est pour lui le mouvement inanimé (2) ; il parle donc aussi d'une double âme , d'une bonne et d'une mauvaise. La première est née avec le monde y la seconde est éternelle et immortelle^ elle est antérieure à la formation du inonde et la cause de tout mal (3). On voit comment Plu* tarque rattachait son opinion k des passages des écrits de Platon ; cependant sa persuasion ne pouvait acquérir un caractère de certitude en se fondant sur des traditions susceptibles d'une autre interprétation ; elle trouve plutôt ses principaux argumens dans l'opinion morale qu'il avait du mal. Cette opinion le conduisit à regarder le mal comme un désordre de l'âme, qui n'aurait pas eu lieu par des rapports extérieurs, mais qui aurait sa raison dans lame même. Il combat donc avec ardeur la doctrine des stoïciens sur l'âme, comme si tout dans l'âme dépendait de la raison et qu'il n'y eût à considérer dans l'homme que la distinction entre le corps et l'âme. Celleci lui parait plutôt composée de deux parties, l'une raisonnable et Vautre irraisonnable , l'une bonne et l'autre mauvaise ; elle a reçu la première de Dieu , formateur du monde ; la seconde provient d'elle-même et possède une
(i) De anim, procr., 6. Ou yàp oTov re xb otTcotov Ttcà apyov èÇ auToxi xac cxppeircç atrc'av xaxoZ xai ôtpj^iv ûirorcGcaOûcc xbv XlXdtTWva xac yuxXzTj àtrctpiav , attrj^pàv xae xaxoTTOtov , aZQtç f 6c.>ày7cnv , iroXXà t^ Btw ^<7fxa}^ou<7av xai à^>}V(aCou?oev.
(3) Ib., 8, 9; de L. et Os. y 48.
^33 WVttE XH. CHAPITRE VU.
f^ye§ liropre qvii peut ô'opposer ai^ bien et qui doit étrp rtppertie ^u mauvais principe dans le nionde (0- A. son iwint 4^ rue moral se ratvçichait donc sa manière générale 4'eavis^çr le mpnde , manière q^e Ton peut aqssi reçoi^n%itrf) 4m9 8% supposition de mauvais déinopSi et q^^n fril il çidmettiiit d'une mi^nière plus cpn^qq^pte que Platw , li?rs^u'il tient pour nécessaire de faire participer %Ms^i te* opFp» célestes à ce mélange de bipi^ eç de i^al qui pwèUre p«r tout l'univers (?),
ïl y avait cependant un ppinl plus digne d>ttentip^ dans c>çt.te manière de voir. S'il concevait i'^me priini live mauvaise ii cause de sa course sans frein , par la r^ispn qu'il trouvait encore maintenant en npus le paal, qui lui semble en yé^lité redoutable , notre âme dut néani^pips lui paraître le §iég^ du véritable bipn , et il dpt par conséquent attribuer aussi à ^l'âme primitive iJn^ faculté ife recevoir 1^ hiçri en elle-même (3), Spus ce rapport, Vanie pouvait dope lui apparaître comme quelque chp^e d'indifférent pour le bien et le mal i et cpmme le prinçip0 intermédiaire* D'un autre càté, quoiqu'il ne trouvât d§knç le corporel rieu de proprement mauvais , Ip c^rppr^l est cependant incapable de porter au-dedgns de Hi lp§ ^^ri-
(i) De vlrt, mor,, 3. Ëoixs ^ XaôeTv touto toÙ; airovroç , i Strro^ ^/Abw 4>ç àXifjOwç cxaaToç tari xat ovvGctoç* ttîv yàp ÇTcpav Sirc\6viv o^ joareT^ov, oXXà tïjv vf'uj^ç xa\ aco^aroç fii^tv e/uiyaveffTepocv ouaav. — — — EfA^avé5ç fiivroi xaî j3e^oc(a>ç xa? âva/ji^i^oÇcdç UXcxtwv oroveîtfiv , otc TouTov ye TOiî xoafiou TO l|i\j^Oj^ov o*>5^ àTrXotîv 01)^ dtffuvOcTOV obSs jjlovocc— ^£ç IffTtv , êàl* Ix xtiç rahroZ xcà r5îç roi) cr/pou fxtixtyiAévov ^va/^ebiç xt^. H tt AvOpwTfow ^«X^ » ï*^poÇ fl TpiVîfiia Tnç toC -rrovroç oSo'a xat
9t>VV}pjtA0«fMV«) XaT« Xo^f«VÇ 1M(J âplOpioÙç COtXOrOÇ CXttVOIÇ , OÛ^ (XJCX^ T(Ç
IffTiV, ovft ôfioiQTTQfftrîç, iXX' rrepQV pev c^ct fà vo<pov xoci Xo>(9TC3ço)f , w ^axcTv TQÎ> ôvOpwTCov xari ^U9cv xai ^^^'^ 'ïrpç.oîxov ionv , .«rçp^ov 5!^ ri TTot^TCxbv XQ() oXçyov xo[\ iroXuirXaviç xqCt ocTOXTpy 1^ Ij?ut^ ^ JtittçTtfçig^q deopcvov*
(2) /?e amVi. procr,, 28 iVi.
ESPRIT ORlSlfTAL PARW IM GRECS. 428
tables biens que Plutarque cherchait presque mriquemefni dans l«sprit>; Âl présente, ;au coFntraire, à la pi»rtile -iiTaisonnj»;ble , c''e»t-à-âire à la partie sensèble àe i'âme , bei&u* coiip d'attraits pour le mal (i) > et entrave ainsi les mou-veinens spirituels ; le prinu^pe corporel pouvait àont a«^si bien «e montrer par ce c6feé-là comme le -niai primitif. Par ces consdérations , l'opposition qa*»! a^lrît t4*o>iiyée cntce rame manvaise et la ditfttrère 'eorporeHe 9 qxti se prèjbe à tout , se transforme réellement eiittre ses mfti«i&* On iroit «on penchant à recomiattre à l^âtftie tin désrir ard^ii et jactiS pour le i>ien<> eit^ 4e regarder comme le principe iiait^mëcliaire entre le iàtitï et le mal (i) , teai-s à «imputer au oonps touftes les espèces ée maax q^ nous avQQsàeadttrer dans le monde, et à y troftiTer aitiisrila ratson du maL £n somme, il se trouve donc hors d'état ée séparer Mse£ nettement les élémens du «lecond principe , i(a/i ml (formé par Cden , pour que , d'un e6té , se trorfive le corpoitel et ce qui 'O^oéit à la raison ; de l'autre , *ce qtri est de la natiire de l'âme et opposé a la ra&son ; ii se voit pltttàt forcé d'aiATÎbver au corporel l'indifiëlrètoce poor le biea et le mal , letde mettr^dans l'âme m'a pendiant au mal , mais aussi «ne l»iidance au bieh {%). Maïs il ne %iii^
(i) fieuukn.procr,, 27, a8.
(2) Ue Is. et (%., 4^ fif^* ÀirdXe^irti ëk 1fa^ TpCttjv rtA ftsvJSi
(3) De Is. et Os, y ig. ATroXcoôac St t»ïv youXifjv {se. ^ojukv ) irav« xaira^tv à^uvorov , icoXXiv fth cjutTrc^xucbev tw atafixxvt , iroXXnv Sk t^
^y^ TOTÎ irowToç. — -^ Èv piv oSv rf >j«3(7 voSç icaV X^oç , 0 tflv
(lipcaTAiv icœtrwf viytftZv xol\ x6pio(9 (Scripiç fwcv' iv ^ y? xet't itvf6)jtûcti jigci ûiowi vxt owfxxvw xdtc ocrpoiç rb TrrayfAtvov ta\ %a^t9rfitéç xtà (710»?- 110V dffipcâbç «iroppotï sa^ c(x«»v ifA^ivofiévi). Tuifwv ii t^ç <H^ t^ »afl»j- Xtxov xdK TiTflcvcxbv %tà SlXofw lùX cfAirXijxTov* Tou 9k owftartxoû rb i«fxXv)t«v wù «oow^ xa) TttjMocrix^ ^(«cç %at\ èo^itpùujiwç xtX. Telle est la différence la plus importaute eatre les expositions de tette
424 LIVRE XII. CHAPITRKVII.
paSj pour cela 9 de regarder ces deux parties comme distinctes Tune de l'autre , et de poser trois principes difFérens quant à Tessence. Nous devons faire remarquer encore une fois, à ce sujet, que» dans cette doctrine, le corporel joue un rôle très subordonné. A la vérité , il est souvent question du beau dans sa formation et dans ses mouvemens harmoniques ; mais il est impossible de ne pas remarquer que, pour Plutarque , le bien a son siège principal oans Tâme : il en est de même du mal ; le corps n'apparait, sous ce rapport, que comme une occasion pour les mauvaises inclinations de Tâme. Mais , plus le corporel s'abaisse aux yeux de Plutarque, plus nous le trouvons porté à exalter partout la force motrice et animatrice de l'âme qui pénètre la matière. Ceci s'accorde avec son opinion sur le démoniaque dont l'idée se montre à nous partout où celle de quelque chose de la nature de l'âme , élevée* au-dessus de la vie terrestre , acquiert une importance plus générale; mais surtout dans le cas où cette idée est appliquée aux principes de lexistence cosmique , tant que ces principes ne concernent pas le divin. On ne peut méconnaître q^e la doctrine de Plutarque incline à l'orientalisme, quoique dans le mélange de ses propositions la prépondérance soit du côté de l'élément grec. C'est chez lui une inclination qui n'ose se montrer qu'à la dérobée, *qui se cache volontiers sous des doctrines grecques plus anciennes pour garder l'apparence d'un sentiment national. La chose devient très sensible quand on compare ses expressions avec les écrits de Philon. Ce sont presque les mêmes principes qui dominent dans l'un
doctrine que PJutarque a présentée avec des détails totit particuliers dans les secrets de Is, et Os. et de anim. procr. ; c'est que, dans ce dernier ouvrage, il s'attache plus à réduire l'opposiiiou entre le principe mauvais et le principe moyen , à Topposition entre lu mauvaise âiï^ et la matière corporelle ; tandis que , dans le premier, il est au contraire plus porté à trouver le mal dans les deux.
ESPRIT OBIENTAIi PARMI LBS GRECS. 425
et Tautre ; mais , dans Philon , ils sont incomparablement plus forts, plus prononcés que dans Plutarque. Chez tous deux y nous trouvons la pensée que Dieu en soi nous est caché y que le contact ayec la matière souillerait son éternelle essence, la simplicité de son être; mais cda n'empêche pas Plutarque de considérer Dieu , sans restriction , comme le bien , et de reconnahre dans le déyeloppement du bien dans le monde lactivité divine. Tous deux sont portés à reconnaître une union mystique entre nous et le divin ; mais dans Philon domine la pensée que cette union est au-dessus de la science, et peu t. nous procurer une -véritable intuition de Dieu^ tandis que Plutarque semble incertain s'il doit plus estimer cette union que la philosophie ou réciproquement , tandis qu'il ne voit que l'influence du pouvoir démoniaque dans l'enthousiasme. Combien, d'un autre côté, la doctrine de Philon , sur les êtres intermédiaires qui doivent ménager la transition de Dieu à l'homme, est d'ailleurs plus développée ! combien sa persuasion, touchant des émanations de Dieu en pro* gression décroissante, par lesquelles le divin parvient enfin jusqu'à nous, est plus ferme que toutes les opinions correspondantes que Plutarque émet par-ci par-là sur les mêmes choses dans ses ouvrages ! On observe aussi avec quelle circonspection ce dernier recommande la vie retirée comme un moyen de connaître Dieu , tandis que ses prescrits moraux concernent beaucoup plus la vie politique ; comment il est infiniment loin de recommander un repos contemplatif qui domine dans Philon, et jom» ment son opinion sur le culte divin ne rappelle en aucune manière le zèle silencieux et presque som^bre de Philon , mais porte la couleur plus sereine du culte grec. On pourrait bien dire que toutes ces différences avaient leur raison dans la manière diverse dont ils envisageaient les principes suprêmes de l'existence. Sans doute Plutarque fait reporter encore plus fortement que Philon le mauvais principe dans le monde , mais seulement afin de pouvoir signaler d'une manière d'autant plus nette aussi
426 i4yiMB xu. <}HiWPiTRE vit.
œ ^m s'y ^prétc au tien xjom.me quelque chose 4e {>ri.mi tif, tandis que , dans ropiuip» d» Pbilpn , la nature réfractaire de la matière , qm im ^^ 4préle Ori^MlliBipoejQtt |i la vie spiritueile^ devait fomei).4;eF l'aver«o» *v^ laquelle il voit nojtne uBÎon Mcoj^oiîel. DanjS Plutarque, Tindination à «ioiW'ajf(jr»nchrir, au ovûlieu de ces mÂsères du monde sensible 9 de la crainte <d a Nij^uya^^ pW«cipe, esrt uès p^K)noncée; il ne reccnanait ipas auK principes contraines une égale force, mais le bien docnine (1). Il est naturel que les idées orionAaies Vidimt, pénétré qu'insenaiblenient chez les Grecs.
Nonfldevcms dire fin passant q«e ces idées ccKmnMnçaient aussi à s'introduire chez les écrivains latins. Nou9«n avons la preuve dans les ouvrages de L. Apulée ^ qui enseignait à Ma»dattr«.en Numidie^sous lesàntonins,la philosophie de Platon et d'A.rist(»te. U est àpeuprèsà PI utarqtie comme la philosophie latine à la philosophie grecque. Cequ' il exposs comme la doctrine de PJaton et d'Arislote n'est qu un maigre extrait aanaconnaiflfiance des principes ni de Tenchainement essentiel. Son opinion de Dieu et des démons, par rapport au monde , vaut aeule la peine d'être mentionaée« Il regarde comme peu convenahfe que Dieu luimême prenne soin die toui^ct lui dttnne par conséquent une troupe de aerviieurs fiour administrer les affaires du monde (2). &es serviteurs étant , suivant lui , les démons qui doivent 9 d'après <8a manière de voir en général très empirique , résider dans les airs, ils «ont revêtue de corps d*air^ et ^ont ainsi les vrais hahicans et les êtres vivans
(i) De Is. fst Qs»i 49 "*• Mef^jy/xévïj yçep i rouie to3 xo^^iou ytvtvis xat warçiCTiç cÇ èvotvTcctfv , ou pjv (ffooOevuv ^vfl^ca>v , çîk\à t^ç pcXrto-
V9Ç TO XpàrOÇ COTCV.
(a) De mundo , p. 70, éd. Elmenhorts, Quod si cui viro vel cuilibet régi indecorum est per semetipsum procurare otnniay quœ proficiunt, muîto magfs D^o inccnvenierts cHl, Bt Deo Socr.j p. 4^, 4^-
ESPRIT QRJ£NTAL PARMI LES GRECS. iHJ
tje la régiûa naoye/inje .entre ie .c^el et Ja terr.e ^1). Jons les ysages ^eligieu:^ i^us Grec^ et Je$ £çLf:|>9^';eâ , jainai que les arts ;n3gi(j^ue$, sopt rapporlës à ces déoioos (2). Bieja de ce ijui se paçste dans le ^ein de rhonune ne 4oû leur ètrje inconnu . Ils doivent prendre la plai^ de notre conscience dans nplre esprit (3)* U ne peut cependant pas être question d'un enckfjLneiuent scientifique de ces représentations dans un écrivain te} q|i'Apulee. Nous obs6r« yons Siieukinei^J; enogr^e qu'il dîstingvie auss^ une trinité de facultés ou puissances divine, ûjn^uables et éternelles ; savoir, pie^ ipéine^ sa Raison qui comprend les idées, et l'f ^e d^ n^onde ; qu'il oppose ^ cette trinité les choses ipuables 4p f^ jnonde^ q^li ]^>«ont pas yéritablement y mais qui ne pei^yent ét^e conçoes que comme des image» de la véritable e^LJstence (4).
Pne fois cettp direptio^ prise , la philpsop)iie de cette époque yavancei^sensiblein^m^ lirais passans avoir égard auic enoour^genpjsns qu'avgiA dom^és Plutanque (5). Noius jà» trouvons c^p^endsiit qp^ dl^s renseigoeiiifens épars sur les hommes e|; Jes espèces^ i}^ dpcM^ines qni n^Mudirent cette direction de la p^sée. P^rmi cew qui ooi été «ais » pro&t par i'é^ole nÀ»-pUtoâique, se présentent partieoli^rement los-noms d^ Cr^niuê e^ de Numénimt qui sont tQii« de4i^ mentionnés «omo^e dkes Jbioioin^s de même esprit (6) ; mais on ne sai( auti^ chose sur Tépoqne oà ils
(i) De doctr. Pht., ï. p.'7J de Peo Socr., 11. 11., p. 49- Ceet ainsi que les nouveaux platoniciens ont corrigé Piston. <a) De DeoSocr.,\\.U.
(4) De doctr. Plat., i, p. 4- f!^ ^icui supenor ( S€* esseniia ) vere esse metnoratur, hanc non esse ^f^re possumus 4^eere, Et primœ quideni substantiœ vel esscntiœ primum Deutn esse et mentent Jbrmasque rerum et animam ; secundœ substemtiœ om^ nia , ifuœ inde formantur , etc.
(5) Cf. Eunap. de vit. phiL proœm.
(6) Porphyr. de antro n/mph., ai. Ba«s cet ouvrage, il est
vinrent , si ce n'est qu'ils trouvent ici leur véritable place sous le rapport chronologique (1). Nous ne trouvons rien de remarquable dans le premier, à part un petit nombre de propositions relatives à la doctrine de la métempsycose, sans qu'elles présentent du reste rien de propre à leur auteur (2). Nous sommes moins ignorans sur la doctrine de Numénius. Elle présente quelques points de comparaison que nous ferons -connaitrei
La grande importance que les néo-platoniciens attachaient aux nombreux écrits de Numénius est très sensible par le soin qu'en .prit Améiius (3), un des disciples les plus distingués de Plotin, et p'ar le brùit-qui s'était répandu que Plotin avait secrètement pris pour fondement de sa doctrine celle de Numénius , et contre lequel le même disciple croit nécessaire de défendre son maître (4). Numénius, né à Apamée en Syrie, put déjà trouver dans sa patrie l'occasion de tourner son esprit aux idées orientales et aux doctrines ^religieuses auxquelles s'attachait d'ordinaire dans ce pays un respect plus grand et plus général qu'elles n'en obtinrent même des néo^platoniciens subséquens. On sait qu'il n'appelait Platon qu'un Moïse parlant attique (5); il accordait aussi, en général , une grande importance aux traditions judaïques et aux autres traditions orientales des Egyptiens , des Mages , des Brahmanes (6). Il mit même à profit, poi^r ses interprétations
souvent question de Cronius comme interprète d'Homère dans le sens mystique.
(i) Clémeot d'Alexandrie est l'écrivain le plus ancieu qui parle de Numénius.
(2) JSemes. de nat, hom,^ a, p.. 5o, jénti^. ^
(3) Porphyr. v. Plot. y c. 2. Je compte les actions de l'édition de Bâle pour des chapitres.
(4) /-&., c. II.
(5) Porphyr. de antro rtymph.y 10; Clem. Alex, strom., I p. 34a.
(6) Euseb* pr. ev.^ IX, 7, 8.