‹ Histoire de la philosophieChapitre 37 sur 54 · VI, 7, II · texte numérisé non relu

VI, 7, II

(4) IV, 4, a2, 26.

492 LIYRB XIII. CHAPITRE I.

tache à la plus belle harmonie , qui forme le nécessaire et le bien; ce n'est qu'autant que Ton considère le particulier en lui-même^ qu'il peut paraître défectueux; car, dans son rapport avec le tout , chaque chose est bonne (1). Le mal méme^ dans le monde , sert au bien; il sert d'exemple ; il produit aussi en nous une connaissance plus claire du bien par rexpéricnce du mal , parce que notre nature est trop faible pour connaître le mal avant toute expérience. La puissance suprême consiste aussi à jpouvoir faire servir le mal au bien , quand il n'était pas possible de s'en séparer tout-à-fait; car il ne consiste que dans le défaut du bien, défaut qui était inévitable dans le monde sensible (2). Il arrive à Plotin , dans ses propositions générales, de faire voir que le monde est bon et raisonnable, qu'il est une œuvre digne de l'âniè, par conséquent aussi lout-à-fait pénétré par elle. Il entre bien aussi quelquefois dans des questions de physique plus spéciales, mais sans fruit, sans pouvoir les élèvera des résultats généraux; ily est plutôt conduit par hors d'oeuvre que par la méthode nécessaire de ses recherches. Nous ne pouvons le disculper d'une faute qui ne s'attache que trop souvent à la tendance idéale de la philosophie, je veux parler du dédain superbe pour les détails. Il appelle sans façon le corporel', l'âme formatrice du corps, la sensation et le courage, des sornettes, des riens (3).

Nous devrions reconnaître une double direction d'un genre opposé dans ces expressions de Plotin sur le monde sensible et ses parties constitutives. D'un côté , le monde lui apparaît comme un produit de l'âme ; et lorsqu'il vou-

(0 II, 9, 4; Iir, a, 3, 4.

(2) I, 8, i; III, 2, 5. (5Xw; Sk To xaxbv tXhi^iv <xya9ou J^ercov. —

TouTO Se •îuvafccwç /uteytarryç xoXôiç xai rotç xa%oTç xpri<7Qat ^vaoQott, IV, 9, 7. rvwfftç yàp hapytartç^a zàyaQoxJ -h toû xaxo-j TreTpa , fï^-h (Juva/i.'î àa0£vc(7Tcpa , yj S>axt iTCtdxrrJ.n to xaxbv trpb TTtepyç yvwvw.

PHILOSOPHIE rvÉOPLATONlQUE. 493

lait attribuer à celle-ci, dans^ses actes et ses productions, une vérité supra-sensible, les éloges les plus pompeux de sa beauté et de son importance dans Tenchainement de ses parties, se présentaient à lui. Mais, d*un autre côté, lorsqull suit décidément l'opinion que la vérité n'est que dans le supra-sensible, que tout le sensible, au contrairci en tant qu'il ne participe pas quelque peu au supra-sensible, n'est qu'image trompeuse du vrai, illusion et chimère ; il rabaisse par trop ce monde sensible dans son ensemble et dans ses parties. La première direction de sa doctrine se remarque en ce qu'il conçoit , suivant les idées d'Aristote, le monde sensible comme éternel. Tout ne pouvait pas rester dans le monde supra-sensible , puisque chaque force devait produire quelque chose qui fût audessous d'elle ; la volonté divine qui est éternelle, a voulu que le monde eût, dans toute l'éternité, un corps (1). Le temporel participe donc aussi de l'éternité, et a sa raison dans réternelle volonté de Dieu. Sous ce rapport, Plotin ne veut pas non plus que To^ considère l'activité sommeillante de l'âme du monde comme un état passif, ni comme une disposition au sensible; car elle ne forme le monde que par la réminiscence des idées supra-sensibles, par conséquent en s'y arrêtant et en attachant ses regards à la beauté qu'elle y trouve ; elle forme aussi le monde dans tout ce qui est beau, de manière à n^en avoir aucun regret (2). La chute, qui est appelée l'incorporation de l'âme, consiste uniquement en ce que l'âme donne quelque chose au corps, sans pour cette raison lui apparte* nir (3), Nous ne pouvons nous tranquilliser qu'autant

(i)ir, I, i; m, 2, i; IV, 8, 3>., 6.

(2) H, 9ï ^\ • Hjttîç ^ 0^ vetifftv «a/iev TÎiV Trojoyjow , àXXà fioXXov /A vRÎ9fv. E? Sk fyfuffc, tS cîrtXcX^îSac ^*îXovoti t3v cxe7. El Sk eireXcc- Orro , icwç ^twpyti'f iroôsv yàp tcouX^ ^ èÇ iv tiin cxîT; ci êï cxitvwv fit^fACinQ iro(c7, ov^ ^hùç evcvacv.

(3) "VI, 4? ï6* O^TS ^0 fih xaTcXOtTv , to ev crco/jiaTt ^cveoOar, w;

4d4 LIVRE XIIJU CHAPITBB I.

qu'il devrait nous arriver que lame ne tombât pas tout-àfait, mais d'une manière partielle seulement , et qu'eu partie mêlée au corps , elle prît part à ses affections (1) ; car cette assertion ne signifie même pas autre chose si ce n'est que rame, lorsquelle est active dans le corps, eut partagée, quoique toujours entière cependant, parce qu'il ne convient pas à sa nature d'être parfaitement entière et unité (2) . Quand Plotin ne veut pas accorder que l'âme du monde, mêlée au corporel » soit passive et sente, il s'exprime quelquefois d'une manière tout-à-fait non Mientifique. Il soutient que l'âme du monde, qui a un si grand corps , n'a pas besoin de sentir ce qui se passe dans les différentes parties du monde , comme on le raconte de grands thons qui ne s'aperçoivent pas des mouvemens insigni6ans qui ont lieu dans leur corps (3). Mais dans ces opinions parait aussi déjà l'autre càté de la contemplaticm du monde, suivant laquelle le phénomène sensible qui exprime un pâtir de l'âme est considéré comme n'existant pas véritablement pour elle. Cela est vrai non seulement de l'âme en général , mais aussi de chacune des âmes en particulier. Plotin ne s'exprime pas autrement là-dessus que les philosophes Indiens. Cette vie sensible n'est qu'un jeu de théâtre , il n'y a de malheur qu'en image; toute plainte n'est qu'une illusion des acteurs ; ce n'est qu'un jeu, que nous devons reconnaître pour ce qu^il est; car cela n'est pas dans l'âme, l'ombre extérieure seule de l'homme se plaint et gémit (4) ; mais tout cela viept

ixccvou yȣoOac.

(0 H» 9, ^• (a) VI, 4, i6.

(^) I^Y 9> ^* Oitm^ ïià norÇv Arycraf fuyo^MV , hf ^ imA^« Toç Tcvoç ir^\ rh f^poç Svtoç t^ SXy atoO^aiç iùi nfâtx^vnta T«v m««« IWLXoç ov^ juua irpooffs^crac*

(4) Ulj a> i5. ûVitip & ini TÛv 5c«Tp«v turc wmmtçtvmtu^n

P^OSOPHIE NÉOPLATONIQUE. 495

de ce que , dans le fait , les choses de ce monde sensible abandonnent la vérité de TUn , et s'en éloignent , lors*" qu elles veulent être quelque chose , en vertu d'une liberté qui leur soit propre , et deviennent ainsi une apparence. Nous avons déjà dit que Ton attribue à la raison même d*oser se séparer de lUn , et que Ton se plaint en conséquence que la témérité des âmes soit le commencement de leur mal , et qu'elles veuillent être quelque chose par elles-mêmes, par leur libre et propre volonté (1); et c'est en suivant cette direction qu'on trouve dans les plantes, c'est-à-dire dans le degré le plus bas de la vie , la partie la plus téméraire et la plus insensée de Tâme (2). Nous voyons donc que la folie des choses croît à proportion qu'elles descendent plus bas et qu'elles se perdent davantage dans l'apparence de la matière.

Nous avons par là touché la doctrine de Plotin sur la liberté des choses. Nous y trouvons aussi des tendances contraires dans sa doctrine, qu'il n'a pas su concilier d'une manière certaine avec ces mêmes tendances qui se trou vent déjà dans Philon, c'est-à-dire avec l'inclination, d'un côté, à tenir le bien pour libre ; d'un autre côté, à trouver la liberté dans la direction du mal. Nous Tavons donc déjà trouvée précisément sur celte voie. Elle consiste dans la faculté qu'ont les choses de se détourner de leur origine. Il était dans la nature de la théorie de l'émanation de Plotin, suivant laquelle tout être tire de son sein quelque chpse , et par lui-même est quelque chose , d'attribuer aux

ôpiroyaç, fUToOcaeeç irwra xa\ fttraayriiMvicztç toi 5pnvciiv xoc ocf«*- 7WV i)iroxp(*Eiç. Kac yàp IvTOwOa èict twv cv tw |Îc'û> exaaruv oû^ ri fviw Jn)x<» ôXX* -h fS« à»9p«irou mtià xaî olfAco^cc ««« Wvpcrac xrX.

(i) V, 1, 1. Te iroTC âpa cart to wcTrotiîXoç Totç J^u^otç icpèç (?) 5wû lircXoïOfffOai xae poi paç cxcTôw ouaaç xat oX«#ç imvw <xyvo?(rac xac cauràç xac ixcrvov; àp^fi) juàv ouv antxaiç roZ x«oû i ToXf*a xai i ytycffiç xat i irpwtYî cTCfô-njç xat to jSeuXiQd^vaci ii eauxyv cTvac Tœjc au-

TiÇouatV Compar. IV, i; IV, 4) ^.

êlrCvS une semblable faculté (l); mais celte liberté n'est pas, au fond , différente de la nécessité générale où sont les choses de faire sortir leur émanation de leur sein, et d'être vis-à-vis d'elles comme des substances primitives. La force qui peut rester, mais aussi s échapper, ne peut être contenue par personne. Elle ne pouvait rester as.'îou^ pie dans le supra-sensible; le sensible* devait en résulter nécessairement (2). Plotin fut porté à regarder cepeudant cette nécessité de Témanation comme une énergie libre , par la réflexion qu'il dut faire , en rendant les dernières émanations dépendantes du Dieu suprême. Mais il voyait dans la chute graduée des choses, du sein de l'être suprême , la raison du défectueux et du mal. Lui qui ne voulait pas même que Von dit, à la manière des astrologues, des Dieux subordonnés, des astres, que le vice des mœurs en dépend (3) , ne pouvait pas convenir que le

mal dans le monde vient de Dieu. Il représente donc la chute de la raison en âme, et celte de l'âme en monde sensible, suivant ses différens degrés, comme un fait de la volonté libre ou de la témérité. L'homme est un être libre, principe de son agir ; le péché est sa faute (4). Mais Plotin ne peut assurément pas le soutenir en général , car toute âme est restée fidèle à son rôle en ce monde ; elle doit répondre à une idée déterminée (Xoyoç) dans. Thar-

(i) IIÎ, 1, 4« AXXot yàp ^ii xae cxaorTov ujoli xat npa^etç r^jjtCTt-. paç xat Stayoioiç OTcap^fctv xa« tocç cxotorou xaXaç t£ xat ato^àç TrpaÇceç irotp^ latJTOtî éxaarou. Ib., a, 9. Ou yàp $ri outw tvîv Trpovotov ttvat Stt, &art fA*îftv iQfAaç «Tvai. IV, 3, i3. OxJre 'c\ «owiov ToeoSrov wç irpocXe^ôat , <xXX caç ro ipQ^av xavà tpvfftv xtX.

(2) IV, 8, 5 in. Ou Tot'vuv ^«aywvcr àXXvîXotç yj te mayToi

To T£ €xou(7«ov, tntlncp ï^u To cxouatov vi Qcvayxïî.^VI, «y, 8. ÂXXà 5v fàv cxeTva, Taûra Sk èiDîxoXouôïjffgv ( éd. — XouOij ) eÇ àvayxijç Ixetvocç* où yoep îv (jTfivctt ^i^pt twv ixit. Ttç yàp av hvfint èxtvafitv ficvecv tc xae irpoVcvae ^uvapfvvjv.

(3) III, 1 , 4, 6. UoYnpioi Sk -gODuç irapà âtm ovtwv tcwç av ^0- Gefv, IV, 4, 39.

(4) III, 2, 10 s.

PHILOSOPHIE NÉOPLATOMiQtS. 4^7

monie uniTerselle des choses ; cette idée sert, 6h somme au bien, et prescrit à chaque chose en particulier ce qu'elle doit faire (1 ) ; aussi , d'après ce point de vue , la liberté ne serait qu'un mauvais présent. Nous vaudrions mieux, sous ce rapport, si nous ne possédions pas cette liberté de faire le mal. Il y a plus, c'est que la liberté, si elle devait emporter le ehoijt entre le bien et le mal , ne lui parait pas plus désirable ; cette liberté n'est qu'un défaut de puissance (2). Il pouvait bien attribuer parfois un semblable choix à rame (3),- mais il réfléchit à la proposition de Platon, que tout être ne fait le mal que malgré lui , forcé qu'il y est peut-être par un mouvement secret 'qui a lieu audedans de lui (4). Il ne veut donc pas qu'il y ait liberté quand on suit sa nature, quand , dans le désir, on obéit aux représentations sensibles. Ne doit pas être réputé libre ce qui a lieu par opinion*, mais seulement ce que la juste raison accomplit avec science; la raison seule est libre puisqu'elle désire le bien, qui est conforme à savé^ ritable nature ; est libre ce qui n'est point matériel; maïs ce n'est là que la raison théorétique , tellement que la raison pratique, qui a nécessairement affaire avec le matériel et qui en est opprimée, ne peut prétendre à la liberté (5). Il reconnaît donc aussi une semblable liberté à rhomme qui est conduit au bien avec liberté par sa propre nature , car la vertu est sans maître (6).

Ces observations sur ces directions contraires dans la doctrine de Plotin se font nécessairement lorsqu'on entre

(i)m,ii, 17, i8.

(a) YI, 8, 21. Kae yàp rà ootrixtiftAa ^uvapGa â^jvop/aç tffrï»

Cf. m.

(4) IV, 8, 5. nàv fjh* yàp cbv tiri tI ^cTpoy ôxoutfcv, tpoçla yt urtv otxféoc èov, Tcwrxpv rà g^icpcj.

(ô) ra, I, 7, 9; VI, 8, a-7.

(6) ITI, 2,10. Ap^^ai St xac âvOpuiroi * xtvovvTaj yoSv «poç rot xdcXoc hita w6au xoi àçf^ otvtv} ouTe^ov^coç. lY^ 4; Sq.

tv. 32

-W^ uvtLZ xtn. cttAPiTUt: i.

daos le domaine du percevable et que Ton se clemaiide ce q»i suit de ses doctrines générales pour nous , pour les âjDés particulières, dans le monde sensible. Mous devons nous rappeler ici que les âmes particulières mêmes ne doiyenit être que des parties de Tâme universelle , et que p^r conséquent tout ce qu'on sait de celle->ci vaut paiement de celles-là. Comment devons-nous aussi n'avoir aucune inclination pour le sensible et être affranebis de tout pâtir qui pourrait nous venir du corporel ? Qu'il en soit ainsi , c est ce qui ne peut faire question; seulement, ^ous ne devrions pa.s nous faire illusion sur ce que noufi sommes réellement. Le nous est pris dans deux sens , sui* vaut qu'il comprend l'animal , ou ce. qui est au-dessus; mais l'animal est le corps animé ; Thomme véritable , au contraire , .est quelque autre chose; il est pur de tout mé« lange corporel , c'est l'âme pure séparée (1). Que l'homme et surtout Thomipe de bien ne se compose pas de corps et d'âme 9 c'est ce que prouve suffisamment la séparation de l'âme et du corps au moment de la mort, et le mépris des biens corporels (2). L'âme est donc l'homme même , mais rame véritable , l'âme, même ; car rien ne nous empêche de diâtingue^r entre lame véritable et l'âme apparente , puisque beaucoup de choses semblent ici appartenir à l'âme, qui cependant ne lui compétent point dans la réalité (3). N'avons-nous pas coutume de lui attribuer du plaisir, quand cependant ce n'est pas elle, mais l'aninial , le corps animé qui l'éprouve (4) ? Nous devons pu-

(i; I^ if lo. Aitrbv oSv To -fitJittç fl <7Uvapf6|[Ao«/jicvou noS 5^pfoti

GpcoTroç 5XXoç , 0 xœOapoç toutwv , ràç àptràç fp^cav xàç cv vovjacc ,

(^) I» 4» >4* Ts À pcn owofi^rcpov eTvoec thv ocvGpwirov Tuà ^a~ Xi9Ta T^ çTTOu^Tov ptaprupe? xai ô ^^eopi^^ç ô «tro rov «k^jmmtoç %çà i Twv Xcyopiévwv àycSm toS otopuiroç xocra^povvs^fç. IV^ 7, 1

(4) I, I; 4, 4) 4> IV, 4) iS. K«l T% i\yt~i 7UÙ Tb «i^MOm mpi

rifîer Vàme , laffranchir et la purger de tout appétit sensuel et de tout mouvement du cœur; ce qui suppose que rame véritable ne consiste pas dans le désir et le courage , que ces choses ne la modifient que comme des accessoires (1) . Plotin s'exprime sur ce point tout-à-fait comme un stoïcien de la nouvelle école; tout ce qui ne fait pas partie de Tessence de Tâme doit être éloigné d*elle ; seu-« lement il ne peut pas reconnaître à Tâme l'usage des représentations comme sa véritable propriété. Cependant cette divergence est insignifiante et tient uniquementà une différence dans la manière de s'exprimer ; car si nous nous demandons maintenant ce qui reste encore après que Plotin a dépouillé toutes ces enveloppes de Tessence de Tâmcy nous avons pour réponse que c'est Tâme réfléchissante^ râme^ en tant qu'elle se livre à des recherches intellectuelles , que nous ne sommes pas autre chose qu'elle (2) ; et cependant il peut paraître remarquable de trouver l'essence de lame dans l'investigation et la réflexion , puisqu'il n'est pas facile d'en distraire un changement de temps^ et que nous sentons cependant que l'âme n'est pas dans le temps, mais que le temps l'environne seulement» ou que quelques unes de ses opérations et quelques uns de ses états seulement son t. dans le temps (3). De là aussi la pensée que le véritable homme est encore quelque autre chose que l'âme , savoir la raison ou la véritable pensée (Xoyoç)

T^ TOCOvif CCOfAOC CffTtV * Yi^Ti Sc Yi TOUTOU ÔXyVjJofV %Oti Ti TOtaUTIJ

TQ^ovYî tlç yvwatv àiçaOri ïpx^Tat> Zwov est aussi mis pour âviplov» I> I, 4j 7' Il faut entendre par là ce qui est doué de la vie sensible. I, 4, 4« ^SLiïS cette restriction de l'idée, on dit aussi que nous ne vivons pas, parce que nous ne sommes pas mus d'une manière sensible ou sensiblement par le tout, mais que l'âme donne seulement la vie au corps. IV, 4» ^^*

(3) III, 7, 6; IV, 4, i5. Ét:Ù ovè* aî ^x^'^ «^XF^^r» ^-^ "^^ iràOiQ arjzw «rra iffft xae toc 7ro«rî(*aTa.

500 lITfcE Xllt. CHAPITRE t.

qui est toujours la mêm'e dans le monde supra-sensible (l). Le but de toutes ces pensées ne peut être caché à quiconque a réfléchi aux tendances analogues , particulièrement dans la philosophie orientale ; la véritable essence des âmes et des hommes doit par là être entièrement affranchie de son phénomène. Quand Tàme a été ainsi exposée dans une forme pure , personne alors n'est surpris qu'elle soit parfaitement à Fabri de tout pâtir, de tout mouvement qui ne procède que d'elle, mais qui ne l'a point pour but. Dans tous ses états et mouvemens soit-disant passifs, l'âme doit rester la même quant à ce qui lui sert de fondement, quant à son essence (2). L*âme est exempte du mal que commet l'homme sensible et qu'il endure; elle est en ellemême inébranlable (3). De même que l'âme en général ne regarde pas le sensible, de même aussi l'homme suprasensible ne regarde pas le sensible? de même que Tâme universelle n'entre nullement dans le monde sensible , de même notre âme n'y pénètre en aucune manière (4). Si l'âme donne la vie au corps , elle n'en prend cependant absolument rien (5). Dans le développement de ces propositions domine en général chez Plotin l'idée que le corporel est sensible; mais que tout incorporel est supra-sensible et par conséquent affranchi de la passivité ; de là par

(i) V, I, ii; VI, 7,. 5. Aoyov Totvuv&TTbv âvOpwirov, cSUov

(a) III, 6, 3. TlwTcxxori h mat Torç Ityoplvotç itaOcdt xac xtY^Gtai TYîv tj^uj^yjv offouTMç l/c<v Tw vnoxttfiévtù xott T? oiMJta. I, I, 9. Axpcjx-nuti ouv o\jSk wov -n xj'ux^ Trpi» Eauriv xcà êv IoutÇ' at à rpovaï xat 0 5($fJu6oç cv riiîiy iropà twv <7vv>îpT>3/jiaTwv xoee twv toZ xotvov , o T£ ^ TTOTC tort TOUTO, wç cipv)Tai, iraOyjptaTwv. Le xoevov est ici ce qu'il y a de commun, ce qui résulte du corps et de Tâme. L'£fft0uj»7T«x^v de l'âme est conçu plus rarement comme quelque chose d'immuable. lY, 4^ 21.

(4) IV, 8, 8j VI, 7, 7.

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