‹ Histoire de la philosophieChapitre 42 sur 54 · FIN DE LA PHILOSOPHIE JNEOPL ATOMIQUE · texte numérisé non relu

FIN DE LA PHILOSOPHIE JNEOPL ATOMIQUE

giques. Plus cette peinture est chargée des couleurs du genre laudatif de Técole et remplie de mots en l'honneur de ses vertus ^ empruntées de Plotin (l), moins elle est propre à nous donner une véritable image de la personnalité de Proclus. Elle laisse cependant percer plusieurs traits qui indiquent les rapports de sa vie et de sa façon de-penser. Proclus, appelé ordinairement le Lycien, parce qu'il descendait de parens lyciens y et qu'il avait reçu sa première éducation à Xanthe, enLycie , naquit à Constantinople en Tan 412, et reçut de son père, qui s'était enrichi, une éducation soignée, qui devait le conduire à l'éloquence judiciaire; mais ayant déjà reçu des leçons à Alexandrie , il s'adonna aux sciences , dans l'étude desquelles il ne fut pas très satisfait de ses maîtres alexandrins. Il alla donc à Athènes, où il devint d'abord le disciple du vieux Plutarque , ensuite de Syrien (2). Il voua dès lors sa vie à l'école néoplatonique et à la théologie païenne. Après la mort de Syrien , il devint son successeur dans l'enseignement et le principal appui de son école. Il se distinguait par une grande activité dans la composition, non seulement dans le genre philosophique, mais aussi dans le genre lyrique , par un grand exercice de pratiques pieuses, par des jeunes sévères, non seulement aux époques d'usage , mais aussi suivant une règle qu'il s'était imposée; par le renouvellement du culte déjà tombé dans l'oubli en plusieurs lieux , enfin par sa polémique contre la doctrine chrétienne. Il fut ainsi pendant long-temps, c'est-àdire jusqu'à sa mort qui eut lieu dans un âge avancé, uii pilier des antiques religions qui s'écroulaient (3). Nous voyons dans sa vie le danger qu'il y avait à confesser la religion païenne , à cette époque de persécution chrétienne contre le culte païen. On ne pouvait vaquer qu'en

(i) y. les remarques de M. Boissonade sur cet ouvr^ge^

(2) Mariai y v.. ProcLj 6, 8, 11.

(3) Ib., i3, i5, i8, 19, 22, 28.

èa LIVRE XIII. CHAPITRE III.

secret aux pratiques païennes; les philosophes néoplatoniciens cherchaient à disftmuler leurs pratiques religieuses, même en présence de leurs disciples; Proclus xnéme fut soupçonné d'avoir agi contre les lois des empereurs chrétiens, et fut obligé de quitter Athènes pour quelque temps; après son retour , il semble avoir agi plus prudemment, favorisé qu'il était par remplacement de sa. maison ; à cet égard, il recommande le proverbe : Vis caché. Il ne communiquait les secrets profonds de sa doctrine qu'à des disciples éprouvés, dans des réunions du soir, dont le but devait être tenu secret (aypay oiovvouatae) (1). Ce culte public était ainsi devenu l'affaire d'une secte cachée. Plotin, pour le zèle qu'il montrait à répandre et à maintenir le culte, reçut plusieurs distinctions, non seulement de la part des hommes, mais aussi par la faveur des dieux. Il fut toute sa vie protégé par Minerve, Apollon et Asclépias. Il obtint Tintuition, sinon deTUn, cependant des prototypes supra-sensibles ; et il ne fut pas seulement borné à la vie théorétique, mais il parvint aussi, au moyen de la théurgie, à la vie pratique supérieure. Sa prière avait la vertu de guérir. Il savait pardes formules et des pratiques magiques attirer des pluies bienfaisantes et apaiser les tremblemens de terre. Comme il avait souvent des songes significatifs, il apprit par l'un d'eux qu'il faisait partie de la chaîne hermétique et que 1 ame du pythagoricien Nicomaque résidait en lui (2). Comme les chrétiens avaient dans l'idée de faire disparaître la statue de Minerve qui était restée jusque là au Parthénon, une belle femme lui apparut en songe ^ et lui ordonna de préparer sa maison pour y recevoir la déesse (3). Sa piété ne s^étendait pas seulement au culte des divinités de la Grèce ; il avait coutume de dire que le

(i) /&., II, i5, 22, 29.

(2) Ib.y 22, 28.

(3) Ib., 3o.

Page 1