‹ Histoire de la philosophieChapitre 46 sur 54 · IV. " ât · texte numérisé non relu

IV. " ât

(f 2 ULYmi XIII • 0HA9IVBB 111.

déterminée. De ee c6ié, le cercle des pensée» des derniers «hilosoplies de Vantiqnité pouvais donc bien pateltre berné i mais , ocpëndant , parce qn'il tendait à a agrandir dans une autre sens. Quoiqu'on puisse dire qu'une semblable Imitation ne pouvait être qee préjudiciable aussi flox a«tres parties de la philosophie , nous ne croyons cependant pas pouvoir affirmer que ee fût là la raison de Mneertîtude philosophique qui régna dans les derniers seupa de l'ancienne philosophie. Cette incertitude provenait beaucoup plus de la connaissance d'une dirersité d'opînioné^ dont on avait pris en soi la mobile image, sans pénétrer son opposition f son accord , son véritable seni. On pevt accuser la fiiiblesse de la réfleuon des néoplateniciena s'ils n ont pas pénétré plus avant ; mais persctvne ne leur reprochera d'avoir cherché à rendre stable eëtte diversité d'opinions , el de ne pas s'être abendonnés à nu cMÂgnement exolnsif. Il y a même là nn progrès seiewtiflqtie, en ce qu'on j gegne une diversité de pensées » de manières de voir différentes^ un coup d'œil fytfte et élevé sur des directions opposées de la pensée. Scuienuait, personne ne se flatte qu'il n'y ait rien de plus à tam 9 pereomie ne s'en fro vve satisfÎEdt. Le repos ne peut ètfe acquis, ici^ qu'autant que Ton peut estimer à -leur vénubie valeur les différentes directions, qne l'on apercent leur point de*départ, leur point de tendance, et qfne Ton peut ainsi rendre compte de leur importance tatîoiin^. C'est as que n'ont pas fait les philosophes dont nons parions*

Mats de savoir slls pouvaient le faire f e'est une autre iimaatton t ^^^*^ ^ réponse pourrait sans doute être diiBdlé. il ne s'agit pas là de savoir si- les pensées que les néoplatonveiciis avaient reçues de Platon , d'Aristôte, des Stoïciens, des Orientaux , pouvaient être si contradicloivee ^'il fkt inpMsible ^ quand même on en aurait pénétré le sens^ de les unâr en une doctrine , de manière à ce que tomes les parties eussent eu une liaison rédproqwi ce îiÉtene. Car noua soismes persuadé que lee pensées

FIN DE 1.4 PHILOfOniB HioPllTONIQUE. S6t

de la science s'accordent mlnnsèquement, et que leur 'Véritable sens n'aboatit pas à la contradiction. L'impoa* silnlité oè étaient les néoplatoniciens de concilier entre elles les différentes directions qui constituaient le domaine de I^irs pensées 9 ne pouvait avoir de raison que dans le point de vue du siècle ou du parti auxquels ils apparte^ fiaient. Pour en juger, nous devons examiner leur point de vue , qui ne peut être connu que aimme un résultat des conditions historiques.

La civilisation à laquelle les néoplatoniciens apparte« naîent, était le fruit de la combinaison de la pensée grecque et de la pensée orientale ; voyons d'abord lelé^ inent grée. Tous les peuples dont nous connaissons Thie* toire ont en un point culminant de leur développement ; li f ili cmt accompli ce qu'il leur élait donné de faire de plus grande leur puissance n'est pas allé plus haut ; là, surtout , ils ont fait pour l'hamanité quelque chose qui a pu passer aux générations futures , et se faire jMmtîr chms lear vie intelleotuelle. Ik n'ont j>n réussir à foire quelque chose de plus parfait. Chaque siècle, il est vrai, a sa tâdie propre et fait ainsi toujours quelque chose de nouveau. Mais la comparaison av^ Tancien n'est pai faisable. On ne tarde pas à s'apercevoir que la jeunesës de la force productive nous a abandonnés ; on trouve que la tâche consiste plutôt à coiuerver l'ancien qu'à produire itu nouveau. Les Grecs en étaient là déjà depuis long* temps. Le poiàt le plus élevé de leur développefnent avait été atteint dans la seiettce à l'époque où Platon et Ariatote enseignaient. Les effora mêmes des stoïciens pour perfee^ tSonner ^ et là, pour étendre, quoique cependant en ramenant tout à un point central simple, furent d'une fiilble importance en comparaison des progrès immenses que Tesprit puissant de leur nation avait commandé^ à ces grands hommes. Depuis celte époque , lepeupie geee y ou plutèt la faute d'esprits qui avaient neçu les lumières de ta eivSisation grecque, ne vécurent la plqa souvent, sons le M[^rt philesophique , que dest tfciaveiiirB des travmift

564 LlYEE XllI. GHAPITRB IIl.

anciens, jusqu'à ce qne la tradition orientale s'en approchât de plus près, et qu'ils commençassent à s'apercevoir qu'ils pouvaient s*en approprier plusieurs choses , tant pour. se donner une vie nouvelle, que poiir rajeunir l'ancienne, peut-être même pour compléter la civilisation nationale. Alors se manifeste un mouvement qui a pour but d'unir la pensée grecque à la pensée orientale. Leur origine différente n'est pas assez approfondie ; au contraire, à la faveur d'une explication très peu sévère , les idées grecques pénétrèrent dans les traditions orientales, et les idées orientales dans les ouvrages grecs. C est là une erreur historique qui ne pouvait pas empêcher qu'un développement régulier des pensées ne pût conduire à une véritable fusion , et à un complément des opinions partielles dans les deux directions de la vie nationale. Si la chose n'arriva pas» la raison 6n doit sans doute être cherchée dans la position que prirent les philosophes au milieu de ces différentes faces de la spéculation.

Il faut prendre ici en considération immédiate le caractère différent du point de vue grec, et du point de vue oriental. Quelque difficile qu'il soit de réduire à un résultat le& façons de penser qui se sont développées par une suite de recherches étendues à travers différentes positions intermédiaires, nous entreprendrons pourtant ce travail périlleux* La philosophie grecque a parcouru tous les degrés, depuis le scepticisme le plus fort jusqu'au dogmatisme le plus opiniâtre; tantôt elle rejette absolument toutes les représentations sensibles, et ne veut se fier qu'à ia raison; tantôt elle s'en rapporte complètement à la sensibilité; elle parcourt aussi les degrés très divers qui séparent ces deux points extrêmes. Nous ne parlerons pas d'autres différences. Que devons-nous maintenant regarder comme le véritable caractère de la pensée scientifique grecque à travers tant de variations ? D'après la liatisre des choses, nous: devons le considérer con^me une aërie de développements,, comme, un^ vie qui cherph^ à se Mwtr insensibkgieiit , mais qui est aussi. $ujet| 4ans la

CONCLUSIOlf. S6S

légèreté ou la mélancolie de sa course , aux aberrations , et même à désespérer de lui-même. .

Maintenant remarquons la route et les complications de cette yie. Dans Técole ionienne nous trouvons dominante la doctrine que tout ce qui est vrai est dans un dé^ veloppement constant, que ce soit une force , que cesoît une diversité de mouvemens en opposition à une force motrice et à une masse en mouvement^ mais plus ceiie doctrine se développe , plus forte aussi ressort en elle^ib pensée que la raison est ce qui domine et qui ordoniie tout dans Ip flux des phénomènes; aussi lies pythagoriciens conçoivent-ils le monde comme un développement vivant» dans lequel doit se perfectionner rhafrmanâqita par opposition à l'indéterminé et au déterminant^ a?u ^œal et nu bien. Quoiqu'ils euss^it pu admettl^e une unité supérieure et unir leâs deuiL membres de cebte opposition , ils n'hétitent cependant pas à poser comme nécessaire la persistance de l'opposition, ilsnespèreHI bi vie qu'à laoondhton de la hitte de cesrmomens oppo^» Cette école fut , dès le principe^ moins adonnée au seiiisible q!i;k'au tatioiinel, qu'ils croyaient voir dans le pr9f>Qrtioiii)el , Tbarinpnique. A côté de ces deux écoles s'éleva Jft' troisième et la piufr jeune des écoles an.iésQcratiqu^> .Vi^«ole.jélQa|^iqu«X| plijm décidément appliquée à la raisoa.que les pr<écédente^, et même que toutes: celles qui vinrent aptes e^Ue. Elle i>e vetït rien reconnatire de vrai en dehors de ce que dit la ^msdn; elle regarde La raÎBon oomm/ei'étre, tQUten ne la distinguant pas asse^ nettement du naturel ^du^^orporel; mais elle la sépare d'autant plus profondément du sen sible ; car les sens trompent. Cest là la partie la plus importante de leur doctrine;, c'est là aussi la raison de Tin fttience qu'elle exerça sur les siècles suivans , dans le combat contre 'le sensible , dans le mouvement polémique. BUenie en conséquence toute multiplicité, toute coniin* gence et toute vie. Si elle cherche encore le vrai dans le devenir de la nature , elle ne peut regarder cette recher-

566 LITRB mi» CBAMTEB III.

chm que comme opmîoii , p^rcë qu'dk part d'une perception délnsoire. On ne peut méconnaître son kiclîiÉaftioA au scepticisme , quelque déterminées que soient les proposàttona qui serVent à exprimer ses doctrines. Les ittDu- Temens sophistiques, le soeptîeisme le plus pnmondé s^àttachent doncàelleaussitoft, soit qut l'on ne reconneisse qu'au corporel une Térifë absolument isscrutable f et 4|ue l'on rejette en conséquence tout ce qui est spirituel , r^btioond , comoie une vaine apparence , ou que Vmn étouffe 'touie mérioé dans la sensation et dans le flux incessant du devenir ; sok que V>mn attribue au non-éire bà même vérilié qu^à r^tre et qu'on fesse ainsi disparâttve tquie pensée^ tout diêoours TéritaUes«

. Alors que les reslei insignifiasB de^ asicieilnbs dtnetwaès

créaient penlu if rcrocaUement toute oonsidémtîoa » ainsi

q^e VM/né imnittable^ èDcluâvede toute mnltipliciiiédes

béates et fe nMMi*9ement inœssaiit d'Hérattlile ^ Socnile

élèv« contre ce tumulte de la sophistique ridée dii savoir,

comme un étendard autour duquel sersiigpnt leséumunes

• amis de la sbiei^ee et la jeunesse avide d'instroction, comme

ta idéal éi|sv^, dMftcileàatad»dre, ineccessible aiéme,

mais auquel eependant il faut tend<re« Oétait les idées ^ les

essences des èlmses que ron<oberehait, mais qu^ Ton aie

croyait pi ^i'tfjléreèv^irida priate abord dans le pbénl»-

mené, p^â^miadé q^i'en émît , au epniraire ,qu'<ln ne fiou-

vait les atteindre^ appmkimasivement du moins , «que par

une ci^tui^'a^iidfbiiille:^ irenteédctaent ou de la rabou.

C'étaieiU dies idées danabi' foitee «évélait entre elles «n

énchaîheMent \ idies ^demandaient par conaéqnenl à étte

exposée» ëti'Wne'VèMrnce qui fit mît une Itaiscm •génereie

detout0 pen^^t de tout objectif, uneorigiBeeoinmune

de toute pensée vationnelle , du savoit et du vrai* De là

là nécessité dé reconnaître Tunité dans la multiplicité.

Mais le savoir ne devait pas non plus s'offrir comme une

figure morte dans notre âme; il devait^ au contraire,

nous exciter à deseeutres fortes, à des actions rationnelles,

nous devons tronver notre point de vne et les objets de

QOVOIiDSIOV. 161

BOire actÎTita dans une nalurp qui eu somiiki à une eCHM tingenoe nëceasaira; ainsi il faisait sentir la nécessité da reeonnattrei oatre las formes fixes de la penaés et 4* Texistence qui s'offrent à nous dails in sëp*ie des iàèrn^ un derenir f une nature et une raison Dootîn^aiitas, qni d«4 vaient Atre Tobjet de la physique et de r>éilm|iiHi^ deux scâenoes subordonnées à la logique. Il pbumii snnblelp doateuit si œ devenir peut s'exposer dans une folmia 4i ferme qn'on piit espérer d'exposer le d^venii^ étuntel des choses et des idées. Il y eut done sans doute dtfiereniM opinions qui tendirent par différentes voies à s'ériger mH science ^ sur la manière dont on pouvr^it lier. entre enx If permabent et le devenir»

Platon envisagea exclusivement Ife problème de la science du point de vue suivant lequel un système deà idées doit être exposé en elles^ et la connaissanoe dn parfiiit» ditUeny être acquise perla ménse; il pensait tronirer ainsi l'unité de la science » de Tôire > de la raieèn et de la vérité $ mais quand il envisageait le devenir dju Inonde sensible , il .n'y pouvait voir qu'on mélange ssns ordm systématique des idées et du vrai , mélange, ou plutât eonlfision qin renfermait assutëment le vrai ^ maîe sons nns fisrme indéterminée , désordonnée , qui ne correipQiidût pas parfiiitement au bien. Si on iui demandait qqelle était la raison de ce désordre sensible , il ne- mvait ré^ pondre aatne chose si ce n'est que le pariait ne peut être le partage des idées âe ohaeun , qu'elles ont du pte en dif trop f que le mal doit «^ussi être dans ce monde à câ(é du bien , qu'il ne peut y avoir iei-bas que tendance vers le bien ; mais que le bnt ne peut être atti»int dans m par&cr* tion. il plonge ainsi les imes dans le fleuve du dkwqjr et du sensible , dont elles ne peuvent jamais s'affraneiîir pas^ fiiitement, d'après le sens de sa doctrine.

C« monde sensible apparaît sous un jour un peu d)fie«rent à Aristote. Il voit dans son devenir une liaison de l'essence réelle avec la faculté et un effort constant pour faire passer ce qui est en faculté, en puissance, à l'ptat de

568 LIVRE Xin* CHAPITRÉ III.

réalkë , effort qui ne peut pas se développer avec une vjie parfaite dans ses raisons et dans ses fins , parce qu'il n'y a .que la réalité pure qui puisse aussi posséder, en soi la connaissance pare d'elle-même 9 tandis que la faculté indéterminée» qui est en devenir, ne doit non plus avoir en soi qu'uneconnaissance indéterminée. Il s'efforce donc de saisir, dans le développement des choses, la manière dont ii parvient à la vérité, ainsi que le réel et le vrai; il se confie à l'ea^périence et au regard de lentendement exercé qui sait connaître l'essentiel par l'accidentel, la loi ëtemelleinent vraie par le passager , les principes du phénomène par le phénomène même. Mais il ne lui su£Q.t paside rechercher les raisons des phénomènes{dans la série infinie des causes fnues et motrices ; car la raison va à l'infini. Elle veut connaître une unité de la science et une raison dernière du. mouvement, qui n'est plus dans le mouvement , mais qui est éternelle et immuable. 11 est ainsi conduit à son idée de Dieu, qui est le premier moteur, :1e principe de toute contingence dans le monde, •ans être mu lui-même; dans son essence. parfaite, il est le bien , la fin dernière de toutes choses ; il met tout en mouvement sans être mu lui-même, parce que tout le désnre. Il a la parfaite connaissance , la parfaite pensée du parfait , de lui-même. Il est Ténergie pure , actif en toutes choses, la source de toute énergie, de toute vérité , et non simplement du phénomène et de la privation, puisqu'il leur imprime le désir qui pénètre toute vie naturelle et rationnelle. C'est ainsi qu'Aristote met le devenir et la vie du monde en liaison plus intime avec Dieu qufi Platon n'avait pu le faire. Mais nous avons assurément à regretter aussi chez lui ce que nous n avons pas trouvé dans Platon; il ne nous montre lui non plus aucune voie pour atteindre notre fin; il nous donne encore moins d'espoir que Platon, que nous puissions en 'approcher jusqu'à uii certain point, et nous considère nous-mêmes comuie.des êtres passagers qui ne sont en rapport avec le divin qu'au moyen de plusieurs espèces d'êtres internié-

coï^cLtsiON; 569

diaires. Il ne peut pas expliquer davantage pourquoi , avec cette réalité parfaite de Dieu , la génération des choses est imparfaite ; il regarde comme nécessaire qu'il en soit ainsi maintenant, qu^il eu ait toujours été: ainsi et qu!il en soit toujours de m^e à Tinfini par la suite.

Un résultat semble donc être sorti de ces dtfférens points de vue, c*est que pour parvenir à la connaissanos des principes snpra^seusiUes , il faudrait rechercher et approfondir le bien. Mais on n'était sans do^te pas d'ac* cord sur ce en quoi doit être cherché le bien. Platon le faisait consister dans le système des idées, immuables, Aiîstote dans 1- énergie de la vie. Le premier en ccMptccYait la manifestation par le mouvement du monde sensible i comme, le second ; il avait en pensée un monde idéal qui devait contenir le bien pur» tandis qu'Âristote rejetait ce monde idéal et plaçait le bien dans le monde sensible, tout en n'espérant l'y trouver que sous des conditions restrictives. Encore un pas , et l'on se trouvait de nou* veau entièrement replongé dans le monde sensible. Les sceptiques ne le firent pas^ il est vrai, mais il I flottèrent entre le monde sensible et le monde supra-sensible ; ils reconnurent le premier pour le véritable monde; mais il ne Test pas pour nous; notre nature est parfaitement enchaînée par le sensible , en sorte que nous ne voyons aucune issue. Ce que nous pouvons , c'est simplement de modérer nos mouvemens. sensibles , modération qui n'est cependant pas le véritablebien, mais seulement une limita* tiondumal. Ëpictire était moins chancelant^ moins embarrassé; il croyait réellement trouver le bien dans le monde sensible, dans la jouisi3ance pby$ique sagement distribuée.

Toutefois « ce sont là des incertitudes qui se présentent à nous journellofuent dans le développement de la science, et qui ne prennent Tapparence d'une importance générale que dans les temps maladifs. La doctrine des stoïciens est bien diiSérenie; elle acquit une importance trop générale dans l'histoire de la science grecque, pour qu'elle ne doive pas prëiendre d*élre regardée comme un degré

6TÛ LxvmBxiu* cvàMfBsni;

nauinl d^ ma défeloppement. Les raisouB ipii port^pcat à ce dëTtloppement étaient déni ce qai nanqiieil à la philosophie d'Artetote ei de Platon i ivlfttiTeaieat mm principe de la liaiaon entre Dieo et le monde sensible ^ qu'elle n'arait pas su trouver. D'où vient Itmperfeclioii des choses où nous sommes ? De là un dualisme apparent; si nous devions placer à côté du parfait immuahln «e monde imparfait de la contingence. Le dieu qui ne produis rait pas tout dans ce monde mâmci en qualité de force active et effitece , semble trop peu vivant. Si Dieu doit se maat» iester à nous, venir à notre connaissance datas ce mbncfe, il feut qu'il y soit réellement. Les stoïciens posèrent àmb Dieu comme la force vivante qui produit le monde danâ la vie périodique , le résout de nouveau en lui ^ en forme an*dedans lui«'méme la matière propre; il tire de la généralité du monde ses propriétés particulièi^es et les résout de nouveau en sa généralité. Lès choses dece inonde peuvent durer plus ou ioioins Ipng-^temps dans k cours généra) de la vie ^ la hécessité de la vie les engloutit à son tour, ils concevaient donc un dieu corporri^ mais plein d*une vie très active ^ doué d'une seienoe et d'une raiaon parfaites. Il réunit éh lui joutes les idécs^ Tunique objet delà science ; ces idées ne sont pas abstraites» ce ne sont pas des copies sans vie do l'essence imilinable^ mais chacune d'elles porte en soi une force vivanfee, le gennedo développement. Tout est pour eux corporel et sensible; ils ne veulent par conséquent sVnrapportet'qu'àUKrepré'* sentations sensibles. Maisilsdisthiguent dansle développe* ment, dans le progrès delà vie etdans le rapport des objets qui s'en forment, différens degrésde l'exist^ice; le degré te plus élevédoit sans douteétrecherchédansla force qui tient uni et en rapport le tout , qui le domine dans les iiidi* vidus, commedans le fout. Cette force est pour eux la raison. Ainsi , l'opposition entre le sensible et le suprasensible se résout en une diflSérencé de degrés, et la di* gnité de la raison est cependant reconnue. La vie a donc aussi une dernière fin dans ce monde ; les choses vivantes

diMTiMt H^enir jifaiir généralité. Ndus dt^ons apprendre A^ec Mme «connaissance propre à nous somnelttiB aux lois ai|{^éffk0s$ nous dayans reooimaitre que nous n'avcMis aneun^ anu^e destination plus ëlëTée , si ce n'est û» nous ifnwH^lcr noM^s-ménies avec seience parfaite. CeUe résolntkm des ohoses «ûie £ûi$ aoeomplie , un nouveau développement eommenoe sans doute alors » maia préciséinent dans cette aplièrf constante de la vie et de ractivité, dans )aq«eUe sfe trouve la véritable essence de Dieu.

Telle est la doctrine à laquelle est enfin venu aboutir le dével<>ppenient de la philosophie grecque; seulement, on no savait pas se tnaintenir tirés fermé à èe point de vue. Le souvenir des anciennes doctrines se manifesta quoique faihlemeilt dans le doute de la nouvelle acadé^ mie coiitre la philos<^hiè stoïque. On ne se fiait pas absolument à la représentation sensible; on avait èonnu autrefotft une autre l^ison que la stt^ue ^ qui ne devait oonsîater que dans Texaltaûon àt la perception sensible ; on tt'avai^ pas encore entièrement oublié qvné la raison doit «bershér un autre dieu que œ dieu des stoSciena, dieu vivant sens doute j mais qui se métamorphose dams la vie y un dieu qui soit au-dessus du monde«

Alors U philosophie grecque passa aux Romains et auK Orientaux» Ghes ceux-là elle conduisit surtout à une «•nière savanHei éclectique» inclinée au scepticisme , die traiter les doctrines reçues » ainsi qu^à une application pratique à la vie privée, ie plus souvent pour ^endurcir et porter au mépris des eonps du sert , qui étaient si fréquens dansées temps de trouble et de bouleversement. C'est ainsi qHie se forma cet esprit de» nouveaux stoïGÎeos, qui entp?eienait la confiance en notre force morale, enset- ^ait à se p^ss^r des choses extérieures , à les mépriser , voulait 3|ous réduire exclusivement à nos représentations sensibles^ et recommandait la résignation dans ks voies de la providcnoe. Chez eeux-ei, les Orientaux, elle produisit la fermentation des opinions, qui réagit sur le chengrâient des idées chez les Greca.

£73 LiTRB xin; chapitre m.

Les doctrines philosophiques qui s'étaient dëveloppëes chez les Orientaux se présentent à nous d'une manière beaucoup plus simple que la philosophie grecque. Elles réyèrent , comme ce qu'il y de plus élevé j le repos profond et sans trouble, qui n'est dans aucun mouvement et ne résulte d'aucun mouvement. C'est le repos de Dieu ; il n'est pas incompatible avec l'essence de l'âme ; la fin suprême est de se l'approprier. Le mouvement et l'activité sont au contraire le malheur du monde ; leur philosophie tend en général à le faire disparaître, au moins pour nous y pour l'âme. Si donc on admet un dieu suprême 9 il doit être absolument indifférent au mouvement, autrement il sei*ait sujet au mal. Les principes du mouvement peuvent découler de .lui, mais sans que son essence en soit le moins du monde aifectée. Le mouvement des âmes ne peut pas venir de Dieu, autrement elles y seraient éternellement soumises. Il doit donc être aussi peu essentiel, aussi accidentel aux âmes qu'à la divinité même. Celui qui pousse cette idée jusqu'à l'extrême admet que le devenir est tout à fait son essence j que c'est un néant, une illusion et une apparence, que le dieu éternel est la seule chose de vraie en lui , ou du moins n'accorde au devenir- qu'une importance secondaire, mais aucune pour l'âme, et ne tend qu'à faire comprendre à l'âme qu'ellen'ariend'essentielàfaire avec le contingent. Il est bien naturel qu'on pense alors que c'est- un dessein de la providence qui nous a placés dans le devenir , sans cependant qu'il nous touche véritablement; que nous devons nous soumettre à ce décret et laisser tranquillement passer en nous la> Contingence 9 certains que nous n'en sommes point soufllés ni troublés dans notre éternelle essence; cette soumission au décret de la providence est notre véritable affranchissement. Toute la pensée orientale part décidément du principe que Fessence des choses est immuable et tout à fait séparée de la vie; elle n'envisage pas la ^vie comme un développement de l'être, mais comme quelque chose de complètement insignifiant

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