ÉCOLE ITALIQUE
le corps d’un pourceau, celle du ineurlrier dansle corps d’un tigre, celle du fourbe dans le corps d’un renard, celle du cupide dans le corps d’un loup, tandis que l’âme du juste, après une courte purilicalion, remontera au séjour de l’incorruptibilité.
Le philosophe, le réformateur qui fut le chef de cette grande école est Tuii des personnages les plus populaires de l’antiquité; mais il est aussi un des plus mystérieux. Pylhagore, né à Samos, vers l’an 380 avant l’ère chrétienne, avait reçu dans sa jeunesse les leçons de Thalès. Dès qu’il fut en âge, il voyagea en divers pays et séjourna longtemps dans l’Egypte où il se lit l’élève «les plus savants d’entre les prêtres. Ceuxci le priient en affection et lui ouvrirent le sanctuaire des sciences secrètes dont ils avaient la clef. C’est auprès d’eux que ce grand esprit fut avancé dans la doctrine des nombres, dans la science des symboles et dans la connaissance d’une partie des principes qu’il devait enseigner; c’est à eux qu’il emprunta cette théorie de la transmigration des âmes qui le conduisit, comme on sait, à condamner le meurtre des animaux et l’usage de la viande; c’est à leur exemple qu’il procéda par initiations successives ; enfin, c’est par leur influence qu’il faut e.xpliquer ce mysticisme des Pythagoriciens, qui, dans la Grèce au libre génie, apparut comme une plante exotique de l’Orient.
(Juand Pythagore voulut rentrer dans sa patrie un tyran s’y était rendu le maître. Il chercha un lieu où il fût permis d’être libre et philosophe, et il s’établit définitivement à Crotone, où un sage tel que lui pouvait trouver quelque bien à faire. Les Crotoniales, après
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avoir été vaincus par les Locriens leurs voisins, achevaient l’œuvre de leur abaissement en se plongeant dans les plaisirs. Pylhagore entreprit de leur rendre cœur et de ressusciter leurs anciennes vertus. Grande fut l’influence de sa parole et de ses exemples. On vit promptement diminuer 1a dissolution et le luxe,* et, témoignage bien significatif, les dames de Crotone, vaincues par sa prédication, se dépouillèrent de leurs riches parures pour les consacrer aux dieux.
Mais Pythagoro ne songeait pas seulement au présent, il pensait à l’avenir et il entreprit d’établir un système d’éducation vraiment propre à forger des âmes. De là cet institut resté si célèbre dans l’antiquité par la ^science et la vertu des hommes qui en faisaient partie non moins que par l’espèce de culte qu’ils avaient voué à leur maître.
C’était l’un des principes de Pythagore que se rendre indépendant des sens et renoncer à soi-mème est le meilleur moyen d’avancer dans la vérité et dans la vertu. Il organisa et endoctrina sa petite société d’après ce principe. On y apprenait, par un long exercice du silence, que qui veut un jour bien parler doit d’abord apprendre à se taire ; par l’abandon des richesses, que le vrai sage porte son trésor en lui-même; par l’habitude d’un régime sévère, que la tempérance est la force de l’âme ; enfin, par la pratique de toutes les vertus civiles et de toutes les hautes études, que la vie est un poste de combat où il faut guerroyer sans cesse contre l’ignorance et les passions. Maîtres et disciples, avec leurs femmes et leurs enfants, vivaient en commun et sous une règle commune; on se levait avec le soleil ;