III. — ÉCOLE ATOMISTIQUE. — ANAXAGORE
L’idéalisme des Pythagoriciens fut combattu par l’école connue sous le nom d’école atomistique. Les philosophes de cette école se placèrent au point de vue physique, de même que les philosophes de l’école ionienne. Mais tandis que ceux-ci, faisant prédominer le dynamisme, rapportaient les différentes formes de l’existence aux virtualités d’éléments primitifs dilatés ou condensés, Leucippe et Démocrite, ramenant tout au mécanisme, entreprirent d’expliquer l’univers par des combinaisons de mouvements.
L’abdéritain Leucippe disait que, sans le vide, le mouvement ne saurait s’expliquer, et, pour montrer que le vide existe, il se prévalait, par exemple, de ce que le vin renfermé dans une outre est toujours réductible à un moindre volume, ou bien encore de ce qu’on peut verser dans un vase rempli de cendres autant d’eau qu’il en contiendrait si rien n’y était déjà contenu.
En même temps qu’il considérait le vide comme le lieu du mouvement, Leucippe considérait les atomes comme la matière môme du mouvement.
HO UISTOIRE DE LA PBILOSOPOIE ANCIENNE
Les atomes, tels que les entendaient ce philosophe et son école après lui, sont les particules simples, les éléments insécables des corps. Revêtus de propriétés diverses selon leurs diflérences de forme, d’ordre et de position, en butte à une agitation constante, et semblables à ces molécules légères et brillantes que l’œil voit tourbillonner dans un rayon de soleil, ils s’unissent, se séparent, se rencontrent en mille manières : de là cet univers avec ses perpétuels changements.
Cette doctrine fut complétée par Démocrite, esprit vaste et habile à prévenir toutes les difficultés. Pour établir l’existence des atomes, il se prévaut de ce qu’il y a d’absurde dans la divisibilité à l’infini ; pour démontrer qu’ils ont toujours été et qu’ils seront toujours, il invoque l’impossibilité d’assigner un commencement au temps, à l'espace et au mouvement; pour expliquer naturellement tous les phénomènes par des combinaisons atomistiques il déclare, que les atomes sont impénétrables et doués d’une pesanteur proportionnelle à leur volume et différencie les modes du mouvement, selon qu’il est spontané ou communiqué, oscillatoire ou circulaire; enfin, pour rendre compte de la pensée, il oppose aux atomes crochus les atomes ronds, de nature ignée, qui composent les âmes.
Le point d’appui de toute la théorie est ce principe : (de semblable agitsurle semblable. » Ainsi toute action et toute passion supposent un contact et un mouvement qui l’opère. C’est du contact de nosorganes avec les molécules subtiles, projetées sans cesse par les différentes agrégations d’atomes, que résultent, devenant tour à tour