II. — ÉCOLE CYNIQUE ET ÉCOLE CYRÉNAIQUI
Une fois Socrate paru, toutes les écoles grecques se réclament de cet incomparable maître. Les deux premières dans Tordre des temps sont Técole cynique et Técole Cyrénaïque qu’on voit se développer vers la fin du cinquième siècle avant Tère chrétienne.
Les cyniques, avec Anlisthène et Diogène, les cyrénaïques, avec Aristippe et Théodore, exagèrent, ceux-là les idées de Socrate sur la vertu, ceux-ci les idées de Socrate sur le plaisir et prétendent trouver le souverain bien, les uns dans une rudesse de mœurs insensée, les autres dans une coupable mollesse.
Antisthène était un maître d’éloquence. Ayant entendu Socrate, il cessa d’enseigner à bien dire pour apprendre à bien faire. Bientôt il fonda lui-même une école de philosophie. On venait Técouter dans un bois consacré à un chien : d’où le nom de cyniques donné à ceux de sasecte. Outrant ce principe bien juste que diminuer ses besoins c’est accroître sa liberté, .Antisthène se priva de toute richesse, semblable en cela à cet autre cynique Cratès qui laissa ses terres en friche et jeta son argent à la mer; il dit adieu à toutes les commodités de la vie qui
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plusoumoinsnousassujeUissent; il dédaigna les femme? parce que mariage et amour ne sont que tyrannie ; ii rejeta comme autant d’entraves les honneurs et les dignités, etàrjui lui demandait pourquoi il avait ainsi changé ses mœurs, il répondait : « Pour vivre bien avec moi.» Toutefois, n’y avait-il pas beaucoup decontrainlc dans cette liberté qu’il voulait s’assurer? N’y avait-il pas un grand souci de l’opinion au fond de son mépris de l’opinion? N’est-il pas vrai enfin qu’à travers les trous de ces haillons dont il aimait à se contenter, un œil perçant pouvait apercevoir le faste de son orgueil ?
Et pourtant, que de bonnes vérités dans son enseignement! « La vertu, disait-il, suffit pour le bonheur. Celui qui la possède, n’a rien à désirer que de vivre en persévérant dans le bien et de mourir comme Socrate. Au reste, quoique ce soit un art très-difficile que celui do désapprendre le mal, n’imaginons pas que la vertu la plus sublime nous soit inaccessible. L’effort et l’exercice peuvent nous y élever et elle est le fruit, d’une constante discipline. A elle il appartient de réparer les différences que l’inégalité des conditions et les vicissitudes de la fortune mettent entre nous. Un tel a la gloire ; mais combien n’est-on pas heureux et que de longs travaux on s’abrége en méprisant la gloire ! Un tel a des dignités ; mais il redoute de les perdre, il craint les autres ; et qui craint les autres est un esclave, quoiqu’il l’ignore. Un tel a des biens ; mais les biens appartiennent moins à ceux qui les possèdent qu’à ceux qui savent s’en passer. L’homme ambitieux, avare, avide ne peut être honnête ni libre ; l’homme détaché ne peut. Au fond, il n’y a qu’un bien digne d’envie, et