ÉCOLE CYNIQUE ET ÉCOLE CYRÉNAÏQUE
Aristippe, disciple indigne de Socrate, est bien le type de ces philosophes faciles qui accommodent leurs doctrines à leurs appétits et font une grande dépense d’esprit pour se justiQer d’être sans dignité et sans vertu. 11 demandait un jour une grâce à Denys le tyran. Le tyran ne l’écoutait point. Le philosophe se jeta à genoux et ainsi se fit écouter. « Fi! lui dit ensuite quelqu’un, vous humilier à ce point, c’est honteux !» — « C'est honteux, je l’avoue; mais ce n’est pas ma faute si Denys a les oreilles aux pieds. » Dans une autre circonstance, Denys lui cracha au visage. Il demeura humble et soumis sous l’affront, et l’un de ses amis le lui reprochant : « Eh quoi ! répondit Aristippe, les pêcheurs se mouillent bien pour attraper un goujon ; voudriez-vous donc que je me plaigne, quand un peu de salive tombée sur mon visage va pie faire pêcher un turbot ou un saumon ? »
Et pourtant, Aristippe, en même temps qu’il faisait de la jouissance le but de la vie, prétendait enseigner à ne pas être esclave du plaisir et déclarait qu’il s’appar. tenait toujours pleinement : « Je possède Laïs, disait-il, mais Laïs ne me possède pas. » Admettons qu’en effet, il ait été toujours maître de lui-même ; encore est-il vrai qu’il avait un mauvais maître.
Aristippe d’un côté, Antisthène et Diogène de l’autre, offrent cela de commun qu’ils ne faisaient pas grand cas de la spéculation et n’avaient surtout en vue que la pratique : «Tant lire sert peu, disait Aristippe ; l’important est de s’accoutumer à bien vivre. » « Toute la philosophie, répétait Antisthène, consiste dans la pratique de
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ia rerto, et qui sait être Terioeox n’a phs ries i apprendre. > Et Diogène : « Honte à toq«, ritélesrs, habiles dans l’art de bien dire et ignorants dans celui de Inen faire! Honte à tous, musiciens, qui réglez à m^^eille Tos in^Lruments et ne savez pas régler vos mœurs I Honte à TOUS, grammairiens, qui ^osez sans fin sur les barbarismes de mots et négligez de corriger vos barbarismes de conduite I » N’est-ce pas qu’il j avait du yrai là-deasous? Et cependant la pratique n’implique-t-elle point la théorie, et ne faut-il pas reconnaître que, plus ou moins, toutes les vérités s’entresouliennent? C’est ce que pensait Platon.