‹ Histoire de la philosophieChapitre 28 sur 41 · III. — PLATON · texte numérisé non relu

III. — PLATON

Platon naquit à Athènes, l’an 430 avant l’ère chrétienne. Il descendait du roi Codrus par son père et appartenait par sa mère à la famille du législateur Solon. Sa première jeunesse fut consacrée aux arts et à la poésie. Il y réussissait avec éclat, ün jour, ses amis le mènent auprès de Socrate. Il entend le sage, il est ému, il se sent pousser des ailes, il aperçoit tout un monde nouveau et radieux ; étant retourné chez lui, il brise sa lyre et jette toutes ses tragédies au feu : le voilà philosophe.

Disciple assidu de Socrate, Platon réclama en vain l’honneur de le défendre et, n’ayant pu soustraire son maître à la mort, il dit adieu pour longtemps à une ville souillée. Dès ce moment, on le voit courir le monde, avide d’observer et d’apprendre. Il se rend dans la grande Grèce où il fréquente des Pythagoriciens célèbres, Archytas,Philolaüs etTimée; il va à Cyrèneoù il se perfectionne dans la géométrie auprès du mathématicien Théodore ; il visite l'Egypte où il sonde le mystère des civilisations anciennes et recueille de la bouche d’un prêtre de Memphis les doctrines secrètes des sages de l’Orient. On le rencontre à plusieurs reprises à

Di

la cour de Sicile ; mais il s’y trouve dépaysé au milieu d’une société corrompue, donne aux Denys de sages conseils peu suivis et éprouve à ses dépens combien c’est une entreprise difficile que de vouloir faire d’un tyran un homme.

Enfin, Athènes le recouvra. Il y ouvrit une école, non entre de froides murailles, mais au milieu de riants bosquets, où l'harmonie de sa parole et l’élévation de ses doctrines se mariaient heureusement aux mélodies et à la majesté de la nature. Bientôt, la Grèce fut émerveillée, et goûta d’autant plus le grand philosophe qu'il y avait en lui un grand artiste. Diflérentes villes le demandèrent comme législateur. Il refusa de donner des lois à Cyrène et à Thèbes parce qu’on y aimait à l’excès les richesses et qu'on y était ennemi de l’égalité ; mais il consentit à donner des instructions pour organiser d’autres cités telles que Magnésie etElée. Objet de la vénération universelle, Platon mourut à quatre-vingt-onze ans. L’histoire rapporte que ce fils de la philosophie, ainsi que l’appelle Lucien, était laborieux, sobre, continent, plein de grâce et de dignité dans son air et dans ses discours, patient, affable, indulgent, et porté à enseigner la vertu par de bons exemples encore plus que par de beaux préceptes.

Platon, transformant et animant tout ce qu’il touchait par une dialectique subtile et par un sentiment profond, sut s’assimiler et élargir avec originalité les plus séduisantes doctrines de Socrate, des Pythagoriciens et des Orientaux, et les fit servir à cette belle théorie des Idées qui est en quelque sorte l’âme de sa philosophie.

Il distingue en l’homme la région de la pure

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