‹ Histoire de la philosophieChapitre 33 sur 41 · ARISTOTE · texte numérisé non relu

ARISTOTE

dividu à l'Etat, comme l’avait fait son maître ; il proscrit toutes les formes du communisme et veut que la liberté de chacun soit assurée; il distingue la justice commutative égalisant droits et devoirs entre citoyens, et la justice distributive proportionnant les charges aux moyens et les bienfaits aux mérites; enfin, à l’arislocratie et à la monarchie il préfère la démocratie parce qu’elle offre plus de garanties de bon sens et d’équité. Mais quelle marque de la tyrannie de l’opinion que do voir cet éminent esprit se faire l'avocat de l’esclavage ! Observons du moins qu’il le restreint aux individus assez mal nés pour être machines en tout.

Aux yeux d’Aristote, comme aux yeux de Platon, la vie pratique est bien au-dessous de la vie contemplative. Pourtant ne s^emble-t-il pas que l’activité morale est supérieure à l’activité intellectuelle ? Au-dessus des pensées ne faut-il pas mettre les œuvres ? Oui, quoi qu’en aient dit ces grandes intelligences de l’antiquité, l’amour prime la science, la bonté prime le génie et, s’il est beau de pénétrer les grandes vérités, il est infiniment plus beau de se sacrifier pour l’accomplissement d’un grand devoir.

Aristote a laissé des traités aussi divers que nombreux. On distingue parmi ses ouvrages de logique les Analyliques , où il expose les lois du raisonnement et inaugure la science des méthodes; parmi ses ouvrages d’esthétique, une Rhétorique, et une Poétique où il enseigne à imiter la nature, non en la calquant, mais en s’inspirant de sa fécondité créatrice ; parmi ses ouvrages de philosophie naturelle, V Histoire des Animaux, la Météorologie et la Physique; parmi scs ouvrages

Hi niSTOIEE DE LA PHILOSOPHIE ANCIENNE

de psychologie, le Traité de T âme, où il ramène à un luème principe la vie et la pensée ; parmi ses ouvrages de morale, le livre connu sous le nom de Morale à Nicomaque, et la Politique, où il applique aux institutions sociales son incomparable puissance d’analyse. La Métaphysique , science du surnaturel, c’est-à-dire des vérités et des réalités absolues que les phénomènes de la nature supposent, est un chef-d’œuvre qui complète et domine tous ces chefs-d’œuvre.

On a souvent proclamé Aristote le prince des philosophes, le précepteur de l’intelligence humaine, et on sait que le moyen âge l’en voulut faire le tyran.

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