‹ Histoire de la philosophieChapitre 34 sur 41 · V. — L’ACADÉMIE ET LE LYCÉE · texte numérisé non relu

V. — L’ACADÉMIE ET LE LYCÉE

Aristote, quoiqu’il se posât en adversaire du platonisme, était plus platonicien que les prétendus continuateurs de Platon. L’école de celui-ci, nommée VAcadémie parce qu’il enseignait dans les jardins d’Académus, fut représentée tour à tour parSpeusippe, dialecticien original; par Xénocrate, éclectique intelligent; par Polémon et Crantor, plus moralistes que métaphysiciens.

Speusippe, enfermé dans un étroit esprit de système, découronna la philosophie du Bien pour adopter une espèce de panthéisme où la multiplicité des choses, quels que soient leurs perfectionnements successifs, a pour principe une unité indéterminée, et ses successeurs, dociles à son impulsion, ramenèrent peu à peu le platonisme au pythagorisme et la métaphysique aux mathématiques, en assimilant les Idées aux nombres.

A son tour, le Lycée, école d’Aristote, réduisit de plus en plus le spiritualisme du maître à une cosmologie et une psychologie purement empiriques ; mais du moins conserva-t-il quelques restes de ce vaste et pi’ofond es. prit scientifique qui distingue l’aristotélisme.

On y remarque Théophraste, dont nous avons, outre ses fameux Caractères, une Etude sur le senthnenl et l’imagination, une Histoire des plantes, un Traité des pierres et un Traité des causes de la végétation; Aristoxène, dont les Eléments harmoniques nous ont comme révélé la musique ancienne ; Héraclide de Pont, auteur d’un Traité sur la Constitution des divers Etats; Dicéarque, historien etgéographe; enfin Straton, surnommé le Physicien. Ce dernier, accentuant les tendances matérialistes de ses prédécesseurs, rapporta entièrement la pensée au cerveau et essaya d’expliquer l’ordre et la vie de l’univers par un pur mécanisme, à l’exclusion de toute finalité. Ainsi, à l’exemple des disciples de Platon, les disciples d’Aristote finissaient par prendre le contre-pied de la doctrine de leur maître et préparaient par là l’erreur des nombreux critiques qui ont méconnu le spiritualisme si élevé et si positif de l’auteur de la Métaphysique.

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