VII. — LA NOUVELLE ACADÉMIE
Les divergences de doctrine entre l’école cynique et l’école Cyrénaïque, entre l’Académie et le Lycée, entre le stoïcisme et l’épicurisme, expliquent la réaction de l’école probabiliste contre tout dogmatisme.
L’école probabiliste s’intitula la Nouvelle Académie. Elle se piquait en effet de continuer Platon en exagérant quelques-unes de ses réserves, celle-ci par exemple qu’on trouve dans le Timée : « Souvenez-vous que moi qui parle et vous qui jugez nous sommes des hommes, et si je vous donne des probabilités ne me demandez rien déplus.» Suscitée par la polémique des stoïciens, c’est surtout contre les stoïciens qu’elle dirigea le fort de sa dialectique.
D’après Arcésilas qui fonda celte école, et d’après Carnéade qui l’illustra, la première condition de la sagesse est de suspendre son jugement sur la plupart des questions et de n’admettre, là ou l’on se prononce, que des vraisemblances plus ou moins établies.
Le probabilismedevait, alors comme toujours, mener au scepticisme. Qui ne reconnaît que des probabilités, nie l’existence d’un critérium du vrai, et par suite s’ôte le droit d’admettre ces vraisemblances auxquelles il