‹ Histoire de la philosophieChapitre 38 sur 41 · LA PHILOSOPHIE GRECO- ORIENTALE · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE GRECO- ORIENTALE

En étudiant le stoïcisme romain, nous voici arrivés à la dernière période de la philosophie ancienne, période de tâtonnements et de renouvellement où se confondent l’Orient et l’Occident, où l’Egypte et la Judée, l’Inde et la Perse, la Grèce et Rome mêlent leurs éléments et conspirent vers une unité commune. Politiquement rapprochées et moralement désunies, les âmes travaillent à établir entre elles une espèce de communion spirituelle. Par cela même, les questions religieuses priment toutes les autres. Les avocats du polythéisme tâchent de rajeunir les vêtements vieillis de l’ancienne religion en les cousant à des lambeaux de philosophie ; un Asiatique, Apollonius, se fait l’apôtre des doctrines mystiques de l’Orient; un Juif, Philon, essaie d’infuser dans les vieilles traditions du judaïsme les nouveautés des systèmes grecs; enfin, à Alexandrie, la ville cosmopolite où se coudoient les deux mondes, une grande

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école enlreprend la conciliation du génie oriental avec le génie hellénique, du monothéisme avec le polythéisme, de l’enthousiasme avec la méthode, de la magie avec la science, de la religion avec la philosophie. Vains efforts ! Le christianisme grandit, vivace et plein de sève, au milieu de la dissolution universelle, renverse tous les obstacles, pénètre les âmes et subjugue les intelligences.

L’esclave avait le sort de la bête de somme ; les passions étaient déchaînées ; chacun faisait de sa personne le’centre de tout, et, s’il se rencontrait quelques sages, le plus souvent ils avaient encore plus d’orgueil que de vertu. Cependant, le doux maître disait et ses disciples dirent après lui : « Aimez tout homme comme vousmêmes. Soyez chastes. Sacrifiez-vous. Restez humbles.» Que disait à chacun le maître intérieur, la conscience ? « Par moi, vous ôtes tous frères. A moi doit être asservie toute inclination. A moi doit s’immoler tout égoïsme. Devant moi toute hauteur doit s’abaisser. »La raison se retrouvait et se reconnaissait dans l’enseignement et dans la vie de ce Jésus, tout grâce, tout amour, qui allait faisant le bien, pardonnant le mal, et semant sa parole simple et forte sur la bonne terre, c’est-à-dire parmi les petits et les humbles. Par cela même, tous les vices se liguèrent contre la foi nouvelle : elle fut calomniée et persécutée ; mais aussi, par cela même, il se lit en sa faveur une conspiration des plus secrètes puissances de l’âme, et lentement elle triomphait. Ce qu’ils savaient sans le savoir, Jésus l’avait rendu sensible aux hommes, et il avait montré au monde l’exemplaire vivant d’un idéal qui

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était bien dans toutes les âmes, mais y était comme une belle statue enfouie et souillée. On crut en tout celui qui avait rendu rhumanilé à elle-môme, et ce que la morale chrétienne avait d’éminemment naturel fit accepter ce qu’offrait de surnaturel le dogme chrétien.

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