‹ Histoire de la philosophieChapitre 5 sur 41 · DERNIKR MOT SUR L’ORIENT · texte numérisé non relu

DERNIKR MOT SUR L’ORIENT

Le vice de la Chine ne lui est pas particulier. Il est commun aux autres peuples dont nous avons parlé ; il est la plaie profonde de l’Orient, patrie de l’amour plutôt que de la justice.

Dans ces pays où manque le souffle puissant de la liberté, le vulgaire des génies est comme étouffé en naissant et le despotisme étend le désert autour de lui ; mais çà et là surgissent des esprits sublimes, géants solitaires grandis par les obstacles, qui, fièrement debout et pleins de force soüs un ciel de plomb et dans une atmosphère de mort, gravent en caractères d’airain les paroles de la sagesse éternelle.

Voyez avec quelle majesté ils se dressent sur les plus hautes cimes de la pensée. Comme ils ont un grand air, comme ils nous apparaissent calmes et radieux, à travers la brume des âges, ces premiers oracles de l’intelligence humaine, dé qui la voix grave est venue jusqu’à nous et tient encore courbés sous les lois qu’elle dicta des millions et des millions d’hommes I

Toutefois, pensons hardiment. Si ces hommes furent grands, l’humanité est plus grande encore, et ils préten-

86 mSTOIRE DE LA PDILOSOrUIE ANClliNNi;

dirent enchaîner l’humanité. De là tant de misères, à côté de tant de grandeurs, chez les peuples que coulèrent dans le moule de leur génie ces grands initiateurs qui nous sont connus sous les noms de Moïse, de Zoroastre, de Manou, de Bouddha et de Confucius.

L’Orient serein cl grave dédaigne de disculcr, et sa sagesse profonde est toute d’intuition. Il s’oflreà nous comme un magnifique bloc de granit qui se dresse majestueusement immobile par-dessus le cours des siècles.

Pénétrons maintenant dans la Grèce, cet ardentfoyer de l’Occident. Nous trouverons ici en plein essor le mouvement et la vie. L’Asiatique contemple et admire, l’Européen analyse et juge; l’Asiatique a le culte de la tradition et de la coutume, l’Européen est ami de l’initiative cl de la liberté.

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