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Sources de la philosophie pendant cette période

lo Après le Rigveda, les sources philosophiques, antérieures aux Upanishad's, se résument en une série de productions fort étendues. Ce sont : a) la Samhitâ du blanc Yajurveda ; b) la Samhitâ de VAtharveda ; c) les Brâhmana's.

Les Brâhmana's, dans lesquels il faut surtout chercher la conception philosophique du début de cette période, n'ont pas pour but principal d'édifier une théorie spéculative sur Dieu, le monde et l'âme. Leur portée étant essentiellement pratique (10), il faut, pour parvenir aux idées philosophiques, dépouiller leurs enseignements d'une foule d'exagérations symboliques et de transpositions abusives.

2o Infiniment plus riche en idées est la doctrine des Upanishad's, qui succèdent aux Brâhmana's et développent dans toute leur ampleur les théories que le Rigveda contient en germe.

14. La philosophie des Brâhmana's. — 1^ Les Brâhmana's, et subsidiairement l'Atharvaveda, reprennent l'idée de V unité cosmique sous la quadruple incarnation qu'elle revêt dans le Rigveda.

14 LIVRE I. LA PHILOSOPHIE DE l'iNDE ET DE LA CHINE.

a) Le principe suprême apparaît d'abord comme le maître des créatures {Prajâpati). Il donne naissance à toutes choses, non en les réalisant hors de lui, mais en se répandant lui-même à travers elles, en animant et en régissant le monde né de lui.

h) La seconde conception est une conception rituelle : le Dieu est la personnification de la prière ; c'est Brahmanaspati, le seigneur de la prière.

c) Pariisha (l'homme, l'esprit) est une forme anthropomorphique de la divinité ; les divers membres de son corps sont les membres de l'univers ^).

2° Cependant, peu à peu, ces notions empruntées au Higveda se modifient: aux concepts concrets et anthropomorphiques se substitue un concept abstrait, et cette abstraction s'identifie avec la conscience (âtman). La doctrine du soi-même, ou de Vâtinan apparaît, pure de tout alliage anthropomorphique, dans les TJpanishad's.

15. La philosophie des Upanishad's. — L'identité absolue et adéquate du moi, fonds constitutif de notre individualité (âtman) et de toutes choses, avec Brahman, l'être éternel surélevé au-dessus du temps, de l'espace, de la multitude, du devenir, principe générateur de tout, en qui finalement tout se résorbe : tel est le thème fondamental que l'on retrouve dans les Upanishad's sous mille variantes de forme. ^)

Comme l'âtman (le " soi-même „) est conscience, et que cette conscience est l'être unique, il est aisé de voir que le panthéisme des Upanishad's pivote autour d'une conception fondamentale, d'origine et d'ordre psychologiques. De même que le moi-même est ce qu'il y a de plus intime en nous, ainsi il est le principe unique et constitutif de toute réalité. Une conscience moniste soutient et absorbe tout. A la forme cosmologique et métaphysique des hymnes du Rigveda a fait place une forme psychologique du panthéisme védique : ainsi se vérifie une première fois la loi qui régit l'avènement de la psychologie dans l'évolution d'un cycle philosophique (5, 2o).

L'âtman ou conscience moniste se forme dans les éléments, la terre, les plantes, les semences, pour descendre jusqu'à l'homme corporel, V annarasamaya purnsha. Ce n'est pas seulement l'être humain qui est doué de conscience, l'âtman anime la nature entière,

1) La quatrième forme (Viçvakarman) ou Dieu créateur des choses, se confond très souvent avec la première. — -) Deussen, 60 UpanishacVs des Veda. Vorrede.

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