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L'ancienne école thomiste et le néo-thomisme espagnol

— A côté de l'ancienne lignée des thomistes, interprètes respectueux des doctrines du maître, et parmi lesquels deux ou trois noms seuls méritent d'être retenus, il se forme en Espagne et en Portugal, au début du xvi^ s., une école nouvelle, née d'un effort de restauration, et qu'on peut appeler le néo-thomisme espagnol.

415. L'ancienne école thomiste. — S. de Ferrare et Cajetan. —

Nombreux sont les partisans de l'école thomiste de la fin du xv^ s. et du xvi^ s. dont les noms sont parvenus jusqu'à nous. Citons surtout Johannes Versor (f 1480;, qui commenta dans l'esprit du thomisme les principaux ouvrages d'Aristote, et Petrus Nigri, auteur d'un traité Clipeus Thomistarian. Un groupe de professeurs de Cologne, controversistes de nuances, défendent S. Thomas contre Albert le Grand ou Albert le Grand contre S. Thomas. Parmi les thomistes, les plus influents sont Heimeric de Campo (^ 1460) ^), Henri de Gorkum (f 1460) , Gerh ARDUS (f 1480) et Lamberïus de Monte (f 1499) ; — tandis que Gerhard Harderwyk (7 1503) et

') V. notre Hist. phil. scol. etc., p. 814.

l'école thomiste. 437

Arnold de Luyde ou de Tongres (-J- 1540) sont les porte-drapeau de l'albertisme '). On retrouve, du reste, des échos de ces conflits puérils ailleurs qu'à Cologne.

Barbus Paulus Soncinas (f 1494) résume Capreolus et compose des Quaestiones metaphysicae ; Johannes a Lapide (-J- 1494), qu'on trouve tour à tour à Paris, cà Baie et k Tubingue, écrit des commentaires sur TOrganon ; Franciscus Taegius fait un commentaire de l'opuscule de S. Thomas de fallaciis (imprimé en 1511) ; Michel Saravetius prend en mains la défense du thomisme contre le scotisme ; Dominique de Flandre (f 1500) qui fleurit à Bologne vers 1470, fait des travaux sur la métaphysique d'Aristote, les analytiques postérieurs et le traité de l'âme ^) ; Martin Pollich à Wittenberg (f 1513), Erasme WoNSiDEL à Leipzig commentent la logique thomiste ; le dominicain Bartholom.^us Manzolus attaque la logique de Paulus Venetus par les arguments du thomisme. Javellus (première décade du xvi^ s.) s'engage dans une longue controverse avec le scotiste Antonius Trombeta. Pierre de Bruxelles ou Pierre Crockaert, après avoir vigoureusement défendu l'occamisme auquel l'initia Jean Major (p. 445), se fit dominicain et se convertit au thomisme. 11 eut pour élève Vittoria, commenta divers écrits d'Aristote et le traité de ente et cssentia de S. Thomas \

Plus significatifs sont deux commentateurs célèbres de S. Thomas, S. de Ferrare et Cajetan.

On peut rapprocher leur œuvre de celle de Capreolus; mais, tandis que Capreolus butine à travers les œuvres de S. Thomas et fait entrer sa doctrine dans les cadres des Sentences de P. Lombard, Thomas del Vio (Cajetan 1469-1534) et. Sylvestre DE Ferrare (1474-1528) commentent méthodiquement, en suivant le texte du maître, l'un la Somme Théologique, Y diMiro, la Somme contre les Gentils. Aujourd'hui encore on consulte

1) Sur tous ces hommes, voir Prantl, op. cit., IV, pp. 220 et suivantes. — 2) Cf. notre Hist. phil scol. etc., p. 309. — ^) Ibid., p. 3i0. — Cf. Prantl, op, cit. IV, pp. 273 et suiv.

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avec fruit ces commentaires et on les juge dignes de rééditions ^). Le plus remarquable est celui de Cajetan de Toulouse, professeur à Pavie, plus tard général de son Ordre (1508) et cardinal. Le milieu dans lequel il vécut explique comment il s'écarta de S. Thomas en quelques points vivement controversés de son temps, telle la brûlante question de l'immortalité de l'âme.

Cajetan exerça une grande influence sur Vittoria, le fondateur de l'école de Salamanque, et marqua ainsi la transition entre l'ancienne école thomiste et le néo-thomisme espagnol du xvi^ s.

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