LES ÉCOLES OGCAMISTE, 8C0Ï1STE, ETC
Sermoneta, Benedictus Victorius Fayentinus, etc. ; Anto- Nius SiLVESTER (f 1515), Stephanus DE MoNTE, professGur à Padoue en 1490, Judocus Isenacensis (f 1519), Barïholo- M^us Arnoldi (f 1532), etc. ').
L'Université de Paris demeure une des places fortes du terminisme. Nous y rencontrons un personnage influent, qui fit école, JoHANNES Majorls Scotus (1478-1540), auteur de divers traités de logique, de commentaires sur la physique et l'éthique d'Aristote et sur les sentences du Lombard, éditeur des commentaires de J. Dorp sur Buridan. Parmi les nombreux disciples à qui il inspira le zèle des idées occamistes, on compte David Cranston de Glasgow, les espagnols Antonius Coro- NEL et Gaspar Lax, le gantois Jean Dullaert (né vers 1471- 1513), commentateur d'Aristote, qui laissa à son disciple Vives de si néfastes souvenirs^).
Henri Grève à Leipzig, Michel de Breslau à Krakau, JoH. Altenstaig de Mindelheim, Conrad de Buchen (j 1531), peuvent être inscrits sur cette longue liste de terministes décadents, qu'un dépouillement scrupuleux des documents universitaires de l'époque permettrait d'allonger indéfiniment ^j.
§3. — L'École scotiste et les autres écoles scolastiqiies
422. L'école scotiste. — Le scotisme demeure la doctrine favorite de l'ordre franciscain. On ne rencontre pas de noms saillants parmi les scotistes de cette période. Nous nous bornons à citer les franciscains Nicolas Bonetus, à Venise (f 1360), Pierre Thomas, Johannes Anglicus (1483) ; puis Antonius Sirectus (1484), tous formalistes outrés. Stephanus Brulifer est plus réservé, tandis que Nicolaus Tinctor et surtout Thomas Bricot, et Georges de Bruxelles, — deux hommes dont les travaux sont intimement liés ^) — se rap-
1) Prantl, op. cit., pp. 230 et suiv. — 2) V. notre 72/s^. phil. scol, etc., p. 311. — 3) Prantl, op. cit., pp. 262 et suiv. — 4) Bricot fit un textiis ahbrematus logices, commenté par G. de Bruxelles et ces commentaires mêmes furent complétés par Bricot. Sur ces deux écrivains et sur les autres scotistes,
prochent de l'école terministe. Il en est de même de Johannes Faber de Werdea (1500) et de Petrus Tartaretus (1494), le plus remarquable des scotistes de ce temps, auteur de commentaires sur la physique et l'éthique d'Aristote, sur le livre des sentences et sur les quodlibet de D. Scot. Petrus de Aquila, auteur d'un Scotelhis, Johannes Magistri (1432- 1482) qui écrit des dicta... inti^oductoria in doctrinam doctoris siihtilis, Anto^'ius Trombeta (f 1518), qui a laissé un traité in Scoti formalitates , AIauritius Hiber^icus, Johannes de CoLONiA, et une foule d'autres écrivains secondaires veulent revenir aux principes du plus pur scotisnic ^). A la fin du xvi"" et au nvii"" s., ce prosélytisme fervent se perpétue avec J. PoNcius Mastrius, Ph. Faber [7 1030), Bellutus (t 1076), etc. 2).
423. Autres écoles scolastiques. — Vers le milieu du xvi^ s., il se produisit chez les Capucins et les Conventuels un retour vers les doctrines de S. Bonaventure, F " ancienne „ synthèse scolastiqne que les succès du thomisme et du scotisme avaient bien longtemps échpsée, même dans Tordre de S. François. Loxgus de Corioles publia, en 1622, un travail sur la Somme de S. Bonaventure qui inaugura une longue série de commentaires ^).
Le xvie et le xvn^ s. virent aussi réapparaître une Schola Aegydiana, où nous rencontrons Aegidius de Viterbo (f 1532), Raphaël
BONHERBA, etc *).
Henri de Gand — depuis longtemps oubhé — eut un regain de popularité au xviie s., quand les Servites de Marie, forts d'une légende qui rattachait le docteur solennel à leur ordre, firent de sa doctrine le programme officiel de leurs études. Lodigerius, Maria Canali, Gosius et SoGiA, firent de ses œuvres des commentaires qui tous ont été publiés ^).
Quelques Carmes firent retour à J. de Baconthorp. C'est ainsi que HiERONYMUS Aymus édita une Philosophia ^) en faisant des extraits de ses commentaires du livre des Sentences.
V. Pranïl, op. cit., IV, pp. 194 et suiv. — 1) Prantl, op. cit., pp. 26S et suiv. — 2) V. DE Martigné, op. cit., passim. — s) De Martigné, op. cit., pp. 429 et suiv. — 'i) Werner, Der Augustinismus des spdteren Mitteîalters (1883), pp. 16 et 17. — '^) Voir notre Hist. Phil. Scolast. etc., pp. 270 et suiv. — '^) Turin, 1067.
LE DISCRÉDIT DE LA SCOLASTIQUE DEVANT LA SCIENCE. 447 AHT. III. — LE DISCRÉDIT DE LA SCOLASTIQUE DEVANT LA SCIENCE DU XVIie s.
4-24. Les découvertes scientifiques dans leurs rapports avec la scolastique. — La lutte des hommes de science contre les aristotéliciens du xvii'' s. forme lepilogue de cette longue décadence de la scolastique.
Les découvertes de Copernic, de Galilée et de Kepler révolutionnèrent l'astronomie physique et mécanique, non moins que la physique terrestre. Au système géocentrique elles substituèrent le système héliocentrique; à la théorie des cieux solides, celle du libre cours des astres dans les espaces célestes; à rtiypothèse de la rotation circulaire des planètes, les lois de leur mouvement elliptique, etc. En 1604, on vit apparaître dans la constellation du Serpentaire une étoile inconnue ; six ans après, Galilée découvrit au télescope les taches du soleil et conclut de leur déplacement sur le disque solaire à la rotation du soleil lui-même ; Galilée distingua en outre les phases de Vénus, apportant ainsi une confirmation expérimentale aux prédictions de Copernic ; plus tard, il fut démontré à l'évidence que la magnifique comète de 1618 était non pas un feu follet atmosphérique, mais un corps céleste voyageant dans les régions interplanétaires.
Il n'en fallait pas davantage pour ruiner plusieurs principes fondamentaux de la science et notamment de l'astronomie médiévale : du coup s'évanouissait la théorie de la perfection du cercle, de l'influence des astres sur les générations et les corruptions sublunaires, de l'ingénérabilité et de Tincorruptibilité des astres. Cette dernière doctrine surtout, chère aux scolastiques, était manifestement ébréchée.
En eiFet, si à un moment donné des astres nouveaux viennent à scintiller au firmament, que devient la théorie de l'ingénérabilité des corps célestes ? Si le soleil a des taches, et si Vénus tourne sur elle-même, que devient la doctrine de l'immutabilité des astres, et par contre-coup, quel crédit méritent encore les théorèmes métaphysiques auxquels recou-
rait la scolastique pour expliquer la composition des corps célestes ? (274).
On le voit, les nouvelles découvertes intéressaient vivement les philosophes, car les théories scientifiques qu'elles renversent étaient unies par d'étroites attaches à la scolastique. Le moyen âge, en effet, avait repris, à peu près dans leur intégralité, les conceptions physiques et astronomiques d'Aristote. Or, le Stagirite, travaillé par le besoin d'unité synthétique, avait conçu une vaste systématisation des sciences, telles qu'elles existaient de son temps, recherchant partout et toujours leurs rapports avec la philosophie. Comme Aristote, le moyen âge était imbu de cette idée que la science des causes dernières doit se tenir en un contact perpétuel avec les faits, et rattacher les grands principes de la philosophie aux conclusions générales des sciences particulières.
Les découvertes du xvif s., en mettant en échec des idées scientifiques admises depuis deux mille ans, sont-elles venues ruiner cette théorie aristotélicienne des rapports de la science et de la philosophie ? Nullement ; c'est ce qui nous reste à examiner.
425. Le malentendu des aristotéliciens et des hommes de science. — Aristote, en effet, et les grands scolastiques ne veulent immobiliser ni la philosophie ni la science ; ils enseignent, au contraire, que la philosophie doit suivre les progrès des sciences, et non lier son sort à des doctrines scientifiques reconnues insuffisantes. Aristote lui-même n'a-t-il pas préforé la cosmographie d'Eudoxe et de Callippe à celle de Platon, parce qu'il la croyait mieux en harmonie avec les faits ? Et n'avons-nous pas vu que S. Thomas se rendait compte de la possibilité et même de Y éventualité d'une hypothèse scientifique plus parfaite, explicative du mouvement des planètes? Quand il écrivait : « Forte secundum aliquem modum nondum ab hominibus comprehensum apparentia circa stellis salvantur -■ , il pressentait, ce semble, et condamnait par avance, les fautes