LA PHILOSOPHIE DE LA CHINE
23. La Chine, et l'on peut ajouter le Japon, nous montrent trois doctrines religioso-philosophiques se partageant les suffrages des intellectuels. Elles vivent côte à côte dans la meilleure entente. En Chine, disent les Chinois, " il y a trois doctrines et une famille. „ Ce sont :
dessous de sa dignité de s'accommoder au culte de Çiva et de Vishnu, en traitant l'un et l'autre comme une incarnation de l'âtman. Cette tendance, déjà très remarquable dans quelques Upanishad's postérieurs, a donné naissance aux systèmes hétérodoxes mentionnés dans le texte. Une autre fusion du BraJiman védântique (populairement personnifié) avec Vishnu et Çiva a mené à la théorie du dieu " triforme „ (trimûrti), qui, sous forme de Brahman, Vishnu et Çiva, est considéré comme le principe créateur, conservateur et destructeur de l'univers.
20 LIVRE I. LA PHILOSOPHIE DE l'iNDE ET DE LA CHINE.
1» La doctrine de Lao-Tsee {né en 604 avant Jésus-Christ). — Exposée dans un livre admirable, le Tao-te-King, elle comprend une métaphysique et une morale. Lao-tsee reconnaît un Être premier, immuable, souverainement intelligent, cause de l'univers, le Tao (chemin, raison). Il gâte malheureusement des pensées remarquables par sa thèse de l'émanation des choses périssables du sein de Dieu. — Sa morale est d'une pureté irréprochable ; il fait résider la perfection dans l'imitation de Dieu ; pour réussir dans cette imitation, l'âme doit conformer son activité à la raison, et par le non-agir des actes déréglés chercher la sérénité et la quiétude. Cette doctrine, les disciples de Lao-tsee l'ont défigurée, en prêchant l'immobilisme et la passivité absolue de l'être.
2» La morale de Confticius (né en 551 avant Jésus-Christ). — En dépit de l'immense crédit dont jouit la doctrine de Confucius en Chine, elle se réduit à des maximes et sentences morales fort incohérentes et assez banales.
3» Le Btiddhisme, introduit en Chine au début de notre ère, au Thibet dans le vii^^e siècle après Jésus-Christ, demeure la pensée fondamentale du mysticisme lamaïque.
24. La philosophie de l'Asie orientale poursuit encore aujourd'hui son évolution, sans subir le contact d'une pensée étrangère.
Les flots du dehors ont battu vainement la muraille de Chine qui l'enveloppe et l'abrite ; ils ne sont pas parvenus à s'infiltrer à travers son ciment.
Pendant que les peuples de l'Orient restent réfractaires aux influences extérieures, eux-mêmes exercent une action sur la philosophie des autres nations : à preuve, la philosophie grecque, dont nous aborderons maintenant l'étude.