‹ Histoire de la philosophie médiévale (volume 2)Chapitre 18 sur 149 · CHAPITRE 1er NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA PREMIERE PÉRIODE · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1er NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA PREMIERE PÉRIODE

28. Caractères généraux. — 1° A l'aurore d'une civilisation, les diverses branches de l'activité humaine se touchent, si elles ne se confondent, comme il en est d'un arbre dont le tronc est unique au pied et ne se divise qu'à partir d'une certaine hauteur. Aussi la première poésie grecque (œuvres d'Hésiode, d'Homère, de Pherecyde, d'Épimenide, de Phocylide, de Théognis, etc.) est à la fois le répertoire de la science, de la philosophie, de l'histoire, de la mythologie et de la religion. Toutefois, en Grèce plus rapidement qu'ailleurs, la pensée spéculative se dégage de tout élément étranger et acquiert une existence propre.

2° Les débuts de la philosophie grecque, comme ceux de la philosophie indienne, nous offrent une application remarquable de la loi qui régit le développement organique de la philosophie : les premiers penseurs grecs ne connaissent d'autre domaine d'investigation que la nature extérieure, le non moi. Leurs ouvrages portent ce titre stéréotypé : Il£ot ^-Jo-sw; : de là le nom àe physiologiœs qu'on leur donne parfois.

Explique!' par un principe simple la genèse et les changements de l'univers, telle est leur préoccupation exclusive. Et ce que ces prétentieux naïfs veulent sonder, c'est Yessence des choses-en-soi, c'est-à-dire l'essence telle qu'elle existe sans nous, indépendamment du concept que nous en avons.

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