Subdivision de cette période. — Avant Socrate, la philo
PÉRIODE ANTÉSOCRATIQUE. 25
Sophie n'a pas fie centre unique ; d'après les pays où on la cultive, on distingue d'habitude quatre écoles, différant du reste entre elles par leurs enseignements : l"" L'École ionienne, dont les premiers représentants sont originaires de Milet. Elle comprend une fraction dynamiste et une fraction mécaniste; — 2"" l'Ecole italique ou pythagoricienne; — STEcole d'Élée ; — 4'' l'École d'Abdère ou l'École atomistique.
Une pénétration plus grande de l'esprit de ces doctrines diverses permet d'établir une division plus rationnelle ^). Devant une philosophie qui concentre son attention sur la nature extérieure, deux questions principales se dressent : l'étude des changements, de la succession des êtres d'une part ; d'autre part, la détermination de ce qu'il y a de fixe à travers ces changements. De ces deux problèmes, celui qui scrute l'élément stable des choses est peut-être le plus captivant ; au premier abord il paraît simple, tout en étant très complexe ; il tenta le premier la curiosité des débutants de la philosophie grecque (vif et vi^ s.). Tous sont absorbés dans la recherche du principe intime et réel des choses, et ils n'étudient le changement que pour toucher du doigt l'élément stable qu'il présuppose. Plus tard, cette double étude apparut dans un ordre inverse, et on se préoccupa avant tout de la succession phénoménale des choses (v"" s.). Ce fut Heraclite qui changea l'orientation des études cosmologiques.
Entre ces deux tendances, voici comment on peut répartir les écoles citées plus haut, en respectant d'ailleurs leur ordre chronologique :
Premier groupe. Les anciens Ioniens jusqu'à Heraclite, l'École pythagoricienne, l'École d'Élée [chap. II).
Deuxième groupe. L'École ionienne depuis Heraclite, et l'École atomistique [chap. III).
La sophistique montre l'insuffisance de la philosophie telle qu'elle est conçue par l'un et l'autre de ces deux groupes, et sert de transition à la période socratique [chap. IV).
1) Zeller, op. cit., f, pp. 147 et siiiv.