CHAPITRE III
67. Sa vie. — Aristote naquit à Stagire (d'où l'appellation de Stagirite) en 384 av. J.-C, et se rendit à Athènes où, pendant vingt ans, il étudia la philosophie à l'école de Platon. Dès cette époque,tout en professant pour son maître un respect reconnaissant, il conçut le plan de son système. Après la mort de Platon, il se rendit à Atarnée et à Mitylène; mais le second fait important de sa vie est son séjour à la cour de Macédoine, où en 342 il fut appelé à faire l'éducation d'Alexandre. Ce n'est qu'en 334 ou 335 qu'Aristote ouvrit à Athènes l'Ecole péripatéticienne. Il fut forcé de prendre la fuite après la mort d'Alexandre, et alla mourir à Chalcis en 322.
68. Ses œuvres. — L'activité littéraire d'Aristote tient du prodige. Laissant de côté les œuvres apocr\^phes et secondaires, on peut grouper sous divers chefs les écrits scientifiques qui nous intéressent principalement :
I. Travaux de logique, réunis plus tard sous le nom d'Organort. Ce sont :
1» Les Catégories {y.a-rr/op(.y.i) ou les catégories des concepts ; 2" le traité de V interprétation (n. koiJ-riViiaL:;) ou le traité des propositions, un écrit dont l'authenticité est parfois contestée; 3« les deux analytiques (àvc^.lvziy.à noÔTzpcf. et uttcocc) traitant l'une du raisonnement, l'autre de la démonstration ; 4» les Topiques (roTTiKà) ou l'argumentation probable, ou "dialectique „ ; aux Topiques se rattache la Ehétorique ; 5» les raisonnements sophistiques (ir. a-o^tarawv kliyyfjiv) formant le 9"^ livre du traité précédent et étudiant les raisonnements sophistiques.
IL Travaux sur la philosophie de la nature et sur les sciences naturelles :
1*^ La physique ((pvav/.Yi à/.poa^ai;) comprenant huit livres (le 7^ livre ne semble pas être d'Aristote), le livre du ciel (tt. oùpxvov), le livre de la génération et de la corruption (tt. ysvédcco: jcai cpGopàç), la météorologie (fjierscopoXoytx.à), étudient les fondements généraux du monde corporel.
2» AJIIistoire des animaux (t:. rà i^wa [azopic/) comprenant dix livres, dont trois lui sont faussement attribués; les descriptions ana-
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forniques (avarovaî) ; le traité de Vâme (tt. '^^^yj,^) et les petits traités qui s'y rapportent; les parties des animaux [j:. Cûm^j p.opiwv), la génération des animaux (tt. 'Çûyj^v yc(7i<7Z(ùz), le moiiveinent des animaux (tt. i^wroy TTooctV:.) se rapportent à l'étude des êtres vivants. De toutes les œuvi-es d'Aristote, le traité de l'âme est le plus accompli, le mieux ordonné.
III. Travaux sur la métaphysique : la métaphysique (ra y.z'à rà ©i;(7t/.à) qu'Aristole appaUe philosophie première ou philosophie tout court ï).
IV. Travaux sur la morale : 1" UÉthiqtie à Nicomaq%i<i ('H0r/à Ni>toaâ'^£f.a); 2" La Politique ('AQr/vaîcov TroXtTsîa) La Grande morale et la morale à Eudème sont probablement des œuvres d'élèves.