‹ Histoire de la philosophie médiévale (volume 2)Chapitre 40 sur 149 · Deuxième groupe de problèmes : la nature de l'âme · texte numérisé non relu

Deuxième groupe de problèmes : la nature de l'âme

P L'âme et le corpis. La définition même de l'âme enseigne ses relations avec le corps : l'âme est forme substantielle du corps, en union intrinsèque avec lui. La psychologie n'est pas l'étude de l'âme (Platon), mais de l'homme, composé de corps et d'âme ; ce n'est point l'âme (Platon), mais l'organisme qui est le siège des fonctions végétatives et sensibles. Cependant l'adjonction de l'entendement adventice à la forme substantielle qui naît et périt avec le corps, ne vient-elle pas briser Yiinité de l'âme? N'y a-t-il pas deux âmes en nous, une mortelle et une immortelle ? La théorie d'Aristote peut difficilement éluder cette conséquence.

2"^ Spiritualité et immortalité de Vâme.k raison des fonctions intellectuelles, qu'elle accomplit sans le concours direct et immédiat de l'organisme, l'âme est spirituelle ou indépendante dans son être de toute composition matérielle. Son immatérialité entraîne son immortalité.

La théorie de l'immortalité a soulevé chez les commentateurs d'Aristote des controverses séculaires ; elle est grosse de difficultés, à raison de la scission établie entre l'intellect passif et l'intellect actif. Celui-ci seul survit; mais, puisqu'il ne peut connaître lui-même, la connaissance étant une manière d'être de l'entendement passif, il suit que l'intellect, agissant de sa nature, est condamné à Vinaction absolue.

D'autre part, s'agit-il d'une immortalité personnelle ou impersonnelle? Parlant du bonheur de la vie future, le Stagirite le compare à une espèce d'insensibilité, les morts, dit-il, ne pouvant agir. En réalité cependant, il s'est abstenu de donner une solution précise à ce troublant problème, et s'est borné à enseigner la survie du principe pensant. L'isolement de Dieu et de l'homme persiste dans la vie future.

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