‹ Histoire de la philosophie médiévale (volume 2)Chapitre 42 sur 149 · V[. — LA POÉTIQUE · texte numérisé non relu

V[. — LA POÉTIQUE

95. Le beau et l'art. — La science poétique a pour objet l'étude de nos productions artistiques. Aristote n'a pas seulement étudié le beau, mais les beaux-arts, principalement l'art poétique.

Comme Platon, il recherche le beau dans les éléments objectifs de l'ordre: "le beau consiste dans l'ordre uni à la grandeur,, ;ontologiquement, il est identique au bien, au bien moral surtout. L'art est une imitation — non d'une ombre, comme dit Platon — mais de la réalité. Aristote accentue sa portée morale, et c'est en s'inspirant de cette idée, qu'on comprend le mieux son obscure théorie de la xàGapc-tç, dans la définition de la tragédie. En nous représentant la terreur et la pitié, le drame étouffe dans l'âme du spectateur les passions désordonnées dont la vue provoque ces sentiments; à ce titre le drame est une purification morale.

L'esthétique d'Aristote ne dift'ère point de celle de Platon, dans ses principes fondamentaux; les divergences qui séparent le disciple du maître proviennent de ce que leur système philosophique général a déteint sur leur esthétique.

96. Conclusion. — Si l'on excepte quelques défaillances, on peut dire que tout se tient dans la philosophie d'Aristote. Aux contradictions dont abonde la synthèse platonicienne a fait place un ordre rigoureux ; à la juxtaposition des idées, l'unité la plus logique. Aussi n'hésiterions-nous pas à placer Aristote bien au-dessus de Platon dans un classement hiérarchique des grands génies de la philosophie. 6

TROISIEME PERIODE

la Philosophie Grecque depuis la mort d'Arîstote jusqu'à ravènement de l'École néo-platonicienne

(de la fin du IFe s. av. J.-C. jusqu'au III^ s. ap. J.-C.)

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