‹ Histoire de la philosophie médiévale (volume 2)Chapitre 43 sur 149 · CHAPITRE 1er NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA TROISIEME PÉRIODE · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1er NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA TROISIEME PÉRIODE

97. Caractères généraux. — 1° La prédominance de la mo7^ale est le caractère fondamental de la philosophie après la mort d'Aristote. Les événements extérieurs ne furent pas sans influer sur cette orientation nouvelle des idées. La bataille de Chéronée (338) mit fin à l'indépendance politique de la Grèce. Désormais ses destinées furent liées à celles de la Macédoine, et plus tard, à celles de la république romaine. Les malheurs publics atrophièrent la puissance synthétique du génie grec, et les penseurs de ce temps, se repliant sur eux-mêmes, songèrent avant tout à la sécurité personnelle. Ils éprouvaient un besoin d'autant plus pressant de demander à la philosophie le secret du bonheur, que le scepticisme religieux gagnait de jour en jour du terrain.

La morale en honneur alors est la morale personnelle, Vowv tous, le bonheur consiste dans la quiétude de l'âme, mais tous ne s'accordent pas sur les moyens de la posséder. Quant à la morale sociale et politique, on s'en désintéresse.

2^ Un second caractère se trouve dans la snhordinaiion des spécidations théoriques à la morale. Volontiers on emprunte au passé des doctrines toutes faites, sans se donner la peine d'en édifier de nouvelles.

3° Le cosmopolitisme est une troisième note de la philosophie pendant cette période. La conquête macédonienne dispersa

NOTIONS GÉNÉRALES. 83

les Grecs. Les cités de la mère patrie se dépeuplèrent, mais les émigrés dirigèrent leurs pas vers d'autres centres importants: Alexandrie, Rome, Rhodes et Tarse ne tardèrent pas à rivaliser avec Athènes. La civilisation grecque acquit peu a })eu de l'influence en dehors de la Grèce, et devint cosmopolite. En même temps la philosophie se dépouillait de tout sentiment de nationalité.

98. Subdivision de cette période. — P Au début du m'' siècle, quatre grandes écoles se trouvent en présence : l'École péripatéticienne, l'École stoïcienne, l'École épicurienne, et la nouvelle Académie, continuant la lignée platonicienne. Pendant un siècle et demi ces diverses écoles vivent côte à côte, poursuivant chacune dans la plus complète indépendance leur idéal respectif.

2° Mais, dès la seconde moitié du ii^ siècle av. J.-C, les philosophes se départissent de l'absolue pureté de doctrine professée par les fondateurs de leurs écoles respectives. On peut dire, en général, qu'ils sont éclectiques.

3° L'éclectisme était avant tout le fruit du scepticisme de la nouvelle Académie ; à son tour il engendre, durant les dernières années du i^"" siècle av. J.-C, une nouvelle forme de scepticisme, qui pendant deux siècles se développe parallèlement à l'éclectisme.

Nous étudierons en trois chapitres les phases de cette évolution historique et logique.

Page 1