‹ Histoire de la philosophie médiévale (volume 2)Chapitre 47 sur 149 · ÉCOLES SCEPTIQUES · texte numérisé non relu

ÉCOLES SCEPTIQUES

sceptiques des écoles antérieures, notamment de l'Ecole de Démocrite (40), et de l'École cynique (48, c); les spéculations contradictoires de l'individualisme épicurien et du panthéisme stoïcien ; enfin la lassitude qu'engendre aux époques de grande activité la multiplicité des systèmes, expliquent le scepticisme dans lequel se sont repliés certains moralistes de cette période. Le scepticisme est représenté par Y École pyrrhonienne et par la nouvelle Académie. Celle-ci, fondée par Carnéade au 11^ siècle, est encore appelée la troisième Académie. On l'oppose alors à la seconde Académie, ou Académie moyenne, qui florissait un siècle plus tôt sous Arcésilas et s'était aussi engagée dans le scepticisme. 11 y eut dès lors au m'' et au ii^ s. av. J.-C. trois écoles sceptiques.

113. L'École pyrrhonienne. — Pyrrhon d'Élis (f vers 270/5) en est le fondateur. Après s'être familiarisé avec les systèmes mégariens, et avoir suivi les campagnes d'Alexandre-le-Grand en Orient, il ouvrit une école dans sa ville natale. Sa doctrine n'est connue que par celle de son disciple Timon de Phlionte, mort à Athènes en 241.

Ni les sens ni l'intelligence ne peuvent rien nous apprendre avec certitude sur les choses extérieures. Il ne nous reste dès lors qu'à suspendre l'exercice de nos facultés de connaître (eTro^vi). Le sage qui se convainc de cette nécessité est indifférent au dehors, les passions n'ont pas prise sur lui, rien ne peut troubler son âme : cette ataraxie mène au bonheur.

L'Ecole pyrrhonienne n'eut ni durée, ni influence. Le scepticisme fut repris par les académiciens.

114. La seconde Académie. — Arcésilas.— L'École platonicienne, après Xénocrate i^^), s'était principalement adonnée aux études morales. Au commencement du ni^ siècle, Arcésilas accentua cette évolution : il conclut comme Pyrrhon, dont vraisemblablement il connut la doctrine.

Arcésilas de Pitane (135-241/0), fondateur de la seconde Académie, combattit le dogmatisme des stoïciens et notamment la théorie de la xaro:>y]i{;tç (102). Nous ne pouvons rien connaître avec certitude ; pas même que nous ne savons rien. YJïvioyi^ est la seule attitude légitime du sage. N'est-ce pas interdire en même temps à l'homme de vouloir et d'agir ? Non, répond Arcésilas. Pour agir, il

nous suffit d'avoir une représentation quelconque des choses, sans qu'il nous faille être fixés sur leur certitude. La probabilité satisfait aux exigences de la conduite pratique.

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