CHAPITRE II
(de la fin du /er s. av. J.-C. jusqu'au IIl^ s. ap. J.-C.) § 1. — Le Néo-Pythagoréisme et le Platonisme pythagoricien
136. Réapparition du Pythagoréisme. — A une époque où les anciennes doctrines d'inspiration religieuse recueillaient un regain de vogue, le pythagoréisme était tout indiqué pour arrêter l'attention des philosophes.
1) Le courant de philosophie chrétienne, qui se développe à Alexandrie dans les dernières années du ne s. et surtout au me s. appartient, par son orientation, à une époque nouvelle. Nous en parlerons au Livre troisième de cette histoire, eu exposant la plulosophie palrislique. (162)
Certes, les mystères pythagoriciens et l'ascèse basée sur ces initiations perdurèrent et se répandirent après l'extinction de l'École pythagoricienne, puisqu'au commencement du u^ s. av. J.-C. leur fusion avec des pratiques du judaïsme donna naissance à l'Essaïsme. Mais la philosophie pythagoricienne qui disparut, comme telle, dans le courant du iv^ s. avant J.-C. (33). ne devait renaître qu'au dernier siècle de l'ère païenne. Elle se fraya alors un chemin à travers les dogmes religieux et les mythes ; et elle se présenta non plus dans la pureté de sa forme antique, mais altérée par les compromis qu'elle consentit avec d'autres systèmes.
11 s'en trouva néanmoins qui rêvèrent de reconstituer la doctrine pythagoricienne, telle qu'elle avait été émise par le philosophe de Samos : ce sont les néo-pythagoriciens. Mais, en réalité, ils empruntent à d'autres philosophes, à Platon surtout, et leur doctrine n'est qu'une contrefaçon du pythagoréisme archaïque.
D'auties mettent le platonisme à la base de leur système, mais lui donnent une teinte de pythagoréisme.
Bien que les philosophes de ces deux groupes soient apparentés de près, ils se pi ésentent avec des intentions diverses et, à ce titre, nous les étudions séparément.