‹ Histoire de la philosophie médiévale (volume 2)Chapitre 56 sur 149 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

(depuis le III^ jusqu'au F/e s. ap. J.-G.)

144. Caractères généraux. — P L'idée dominante du néoplatonisme est le mysticisme religieux. L'homme doit vaincre la sensibilité à force de luttes, se rapprocher de Dieu par une série d'étapes et, grâce à des secours d'ordre religieux, s'unir à l'Infini.

Dépendamment de cette conception mystique, se développe une métaphysique intégrale, qui est l'expression du monisme

1) Voir au Livre III, à propos du mysticisme médiéval, les notions générales sur le mysticisme.

panthéiste le plus absolu. Bien que l'opposition entre l'Infini et le fini soit poussée à l'extrême, Dieu est la source vive d'où jaillissent, par émanation, toutes les substances limitées, y compris la matière.

On peut dire que le néo-platonisme se résume en une description rigoureusement systématique du processus de l'Être divin dans l'univers et du retour de l'âme en Dieu.

2° Le néo-platonisme est un syncrétis7ne original des divers systèmes de la philosophie grecque, en ce sens qu'il interprète dans le sens religioso-mystique toutes les théories antérieures. Il est tributaire du gréco-judaïsme de Philon, du néo-pythagoréisme et du platonisme de l'époque alexandrine ; il porte aussi l'empreinte du stoïcisme, et il subit l'influence d'Aristote, à qui il est redevable de sa méthodique. — Mais c'est de Platon surtout qu'il se réclame, de Platon qui lui fournit des éléments importants de sa métaphysique, et dont il prétend restaurer les doctrines dans leur antique pureté. 11 suffira de comparer ses thèses fondamentales à celles du chef de l'Académie, pour se convaincre que le néo-platonisme se méprend sur l'esprit véritable du système platonicien.

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