‹ Histoire de la philosophie médiévale (volume 2)Chapitre 6 sur 149 · Division générale de l'histoire de la philosophie. — La · texte numérisé non relu

Division générale de l'histoire de la philosophie. — La

succession historique des divers cycles philosophiques fournit les cadres naturels d'une histoire de la philosophie.

Parmi les nombreux peuples qui se sont succédés sur la surface du globe, il n'en est qu'un petit nombre qui se soient appliqués aux spéculations rationnelles. Si on laisse de côté les Égyptiens et les Chinois, on peut dire que deux groupes détiennent le monopole de la philosophie : le groupe sémite et le groupe indo-européen. Dans le groupe sémite (Arabes, Babyloniens, Assyriens, Araméens etChaldéens), probablement originaire des steppes de l'Arabie, les Arabes sont les dépositaires les plus fidèles du génie de la race, et ils ont joué le principal rôle dans l'histoire de ses idées.

Rôle bien effacé cependant, à côté de la vie intellectuelle des Indo-Européens. C'est chez eux surtout que se déroulent les grands drames de la pensée philosophique. Suivant l'hypothèse la plus probable, l'Asie centrale est le berceau de la race indo -germanique et le point de départ de ses migrations. Elle se compose de sept souches principales. Deux d'entre elles, les Indiens et les Iraniens, se portèrent vers le Sud, et, arrivées sans doute aux régions de l'Afghanistan, s'en furent : les premières vers l'Ouest jusqu'aux confins des terres occupées par les Sémites, les autres par le bassin de l'Indus, puis du Gange, dans les régions lointaines de l'Est, où elles s'isolèrent définitivement de tout contact étranger. Dans l'entretemps, les autres souches du groupe indo-européen avaient pris le chemin de l'Europe, où elles s'étaient fixées ; les Grecs et les Italiques au Sud ; les Slaves, les Germains et les Celtes au Nord 'j.

Chose étonnante, la vie intellectuelle et philosophique ne se répand pas en flots parallèles chez les divers peuples indo-

1) Nous empruntons ces cadres géographiques à Deussen, Gescli. cler Philosophie, 1891. Ed. I, 1. S. 9.

« INTRODUCTION

européens. L'éveil de la réflexion se manifeste d'abord dans l'Inde, et pendant plusieurs siècles c'est chez les Indiens seuls qu'il faut chercher les leçons de la sagesse antique {philosophie indienne). Plus tard seulement, le groupe européen s'intéresse aux spéculations philosophiques : la race grecque d'abord, la race italienne ensuite (philosophie grecque et latine), et bien des siècles après elles, les peuples de l'Europe centrale et ^q^tentrionale (philosophie du inoyen âge et philosophie moderne). Nous l'avons dit, la race indo-européenne est de loin la plus importante au point de vue de l'histoire de la philosophie ; cela étant, comme aux diverses étapes de la vie indo-européenne correspond un cycle philosophique, les divisions ethnographiques que nous venons d'indiquer peuvent être transposées telles quelles dans l'histoire de la philosophie. Pour les compléter, il suffira de noter, à chaque stade de développement intellectuel du groupe indo-germanique, les mouvements d'idées moins saillants qui se produisent parallèlement chez les peuples sémitiques et chez d'autres peuplades de races diverses.

Enfin, il convient de remarquer que l'histoire de la philosophie, comme celle de toute chose humaine, est dominée par ce grand fait religieux qui sépare en deux versants les destinées terrestres : l'Incarnation de Jésus-Christ. Car, plus peut-être que tout autre domaine de l'activité humaine, la philosophie a subi les influences de la Révélation chrétienne.

Voici donc les quatre parties qui résultent de la succession historique des divers cycles philosophiques et qui nous fourniront les cadres naturels de cette histoire :

I. La philosophie indienne, à laquelle nous rattachons la philosophie chinoise.

III. La philosophie médiévale, à laquelle nous rattachons la philosophie patristique.

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