‹ Histoire de la philosophie médiévale (volume 2)Chapitre 7 sur 149 · CHAPITRE 1er NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA PHILOSOPHIE INDIENNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1er NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA PHILOSOPHIE INDIENNE

7. Importance de la philosophie indienne. — Trop souvent dans l'histoh'e générale de la philosophie, on n'accorde pas plus d'importance aux mouvements d'idées qui se sont succédés dans l'Asie Orientale, que s'ils s'étaient accomplis sur quelque autre planète. Cependant le pays, témoin des phases de la pensée indienne, dépasse en étendue tous les territoires réunis que la philosophie européenne éclairera de sa lumière ; bien avant les races occidentales, le peuple indien pose les grands problèmes des causes dernières et il ne cesse de s'y intéresser. Pour l'intensité de la culture intellectuelle, l'Inde n'a rien à envier à l'Occident qui subit même son influence.

8. Caractères de la philosophie indienne. — 1» Le développement de la philosophie indienne offre un remarquable exemple de l'évolution d'une pensée ait^owome, réfractaire à toute influence étrangère. La configuration du territoire indien, entouré par les plus hautes montagnes du globe, s'opposait à l'infiltration des civilisations étrangères, et quand les Grecs, les Scythes, les Mahométans envahirent l'Inde, ils se heurtèrent à un système d'idées fermé; ils ne le brisèrent pas, mais en subirent en partie le contrecoup.

2° Exubérante comme la végétation tropicale du pays où elle est née, la philosophie indienne développe richement et fantastiquement les idées qu'elle enfante, sans jamais mesurer la portée de leurs conséquences.

9. Division de la philosophie indienne. — Il est diflicile de

*) Cf. p. Deussen, Allgemeine Geschichte der Philosophie I, 1, Leipzig 1894. La seconde partie I, 2 est sous presse ; 60 Upanishad's des Veda, Leipzig, 1893 ; Das System des Vedâuta, Leipzig 1^>SS ; Die StUra's des Vedânta, Leipzig, 1887. — Cfr. Garbe, Die Sânkhy a- Philosophie, Leipzig, 1894. — RhYs Davids, Buddhism, London, 1894. — Oldenberg, Btiddha, Berlin, 1897» — Colebrooke, Miscellaneous essays, London, 1873.

PÉRIODI-: DES HYMNES DU RIGVEDA. 11

tracer les cadres d'une division de la philosophie de l'Inde, car ses écrivains n'ont pas même songé à faire l'histoire de leur nation. C'est que le génie indien professait le plus profond mépris pour la vie terrestre à laquelle la générosité du climat se chargeait de pourvoir, et qu'il appliquait toutes les énergies de son âme à la recherche de l'Éternel. Toutefois les nombreuses productions poétiques et philosophico-religieuses qui incarnent les idées fondamentales, portent en elles-mêmes une chronologie, en ce sens que les différences de langues, et surtout de conceptions, accusent des transformations profondes qui correspondent à des étapes successives.

Les œuvres philosophiques, comme toutes les productions indiennes, appartiennent à trois péi-iodes.

1« Période des Hymnes du Bigveda (1500-1000 av. J.-C). C'est l'aurore de la pensée philosophique.

2o Période des Bràhmancis (1000-500 av. J.-C). La conception philosophique des premiers hymnes va se développant et se résout dans la théorie des Upanishad's, son aboutissant naturel.

3<* Période du Sansciit (500 av. J.-C. — jusqu'à nos jours). Des doctrines contenues dans les Upanishad's jaillissent une série de systèmes orthodoxes et hétérodoxes. Parmi ces derniers, le Buddhisme.

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