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Les écrivains du V™^ siècle. — Le Pseudo-Denys

A partir du v^ siècle, la philosophie patristique perd de sa vigueur. Ceux de ses représentants qui nous ont transmis des théories philosophiques, les ont demandées au néo-platonisme. On retrouve l'influence du néo-platonisme, dans la mesure où il se concilie avec le christianisme, chez Synesius de Cyrène (365/370 — 430), Nemesius d'Êmèse (vers 450) ; à l'école de Gaza, Procopius écrivit un contre-traité pour combattre la

1) Parmi les autres écrivains du ive siècle, moins directement mêlés à la polémique, mentionnons S. Jérôme (t 420), auteur de la Vidgcde, du liber de viris illustribus, d'une traduction de la chronique d'Eusèbe. Ses lettres firent les délices des clercs du moyen âge, et son histoire littéraire resta pendant de longs siècles le modèle des annalistes et chroniqueurs. Rufin (vers 346- 410) qui fut d'abord l'ami de S. Jérôme, plus tard s'aliéna son amitié à cause de ses opinions origénistes, traduisit un grand nombre d'œuvres grecques en latin, notamment l'histoire ecclésiastique d'Eusèbe, des homélies d'Origène son TTspt âpyMV. Il écrivit aussi des traités originaux en latin.

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(7ToijzL(ii(7L'^ Qzoloyv/.r; de Proclus. — Au point de vue de l'histoire générale des idées, un seul homme émerge dans la littérature orientale de cette période, c'est l'auteur faussement connu sous le nom de S. Denys l'Aréopagite, disciple de S. Paul. De longues controverses se sont élevées sur cette personnalité, elles ne sont pas encore closes. Il semble qu'il faille localiser à la fin du v"" siècle les écrits du Pseudo-Denys. Ils n'apparaissent pas avant l'époque de la grande Conférence religieuse de Constantinople. Les traités du pseudo -Denys sur les noms dirms, la théologie mystique, la hiérarchie céleste, la hiérarchie ecclésiastique, ont inspiré la mystique et la scolastique jusqu'à la Renaissance. Un des premiers admirateurs et imitateurs du pseudo-Denys fut Maxlme le Confesseur (vers 580-662).

171. Philosophie du Pseudo-Denys. — La philosophie du pseudo-Denys a pour pivot Dieu et l'union mystique.

a) Dieu en lui-même. Dieu a toutes les perfections des créatures. 11 est bien, beauté, force, unité (traité des noms divins). Mais à raison de sa transcendance (traité de la théologie mystique), il est à un certain point ineffable, obscur, non-être (Plotin).

h) Dieu princi'pe des choses. Dieu est avant tout bonté, et tous les autres êtres sont une effusion de sa honié {processiones divinœ) comme la lumière est une effusion du soleil (Platon, Plotin). Entre l'homme et Dieu, il y a tout un échelonnement d'esprits célestes (traité de la hiérarchie céleste) dont la hiérarchie ecclésiastique est le décalque (traité de la hiérarchie ecclésiastique).

c) Dieu fin des choses. Toutes choses tendent vers Dieu. Le bien, après être descendu dans la créature, remonte à son point de départ. En ce qui concerne l'homme, ce retour vers Dieu se réalise par le ravissement de la connaissance et le délire de l'amour.

Malgré les larges emprunts qu'il fait aux néo-platoniciens.

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rinspiration chrétienne du pseudo-Denys n'est pas douteuse ; le mysticisme qu'il développe est un mysticisme catholique et orthodoxe. En effet, d'une part la distinction substantielle de Dieu et des créatures est nettement affirmée, d'autre part l'union mystique a pour fondement la grâce surnaturelle.

Il n'en est pas moins vrai que les termes obscurs et exaltés dont se sert l'auteur, ont donné le change et qu'au moyen âge le mysticisme hétérodoxe, aussi bien que le mysticisme orthodoxe, s'autorise de son nom.

172. Les écrivains postérieurs au v^ siècle. — Parmi les philosophes latins postérieurs au v® s., Isidore de Séville et Bède le Vénérable brillent au premier rang. Par leur race, leur mode de penser et leur influence, ils appartiennent à l'époque médiévale.

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