‹ Histoire de la philosophie médiévale (volume 2)Chapitre 62 sur 149 · DEUXIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ÉPOQUE

La Philosophie médiévale

173. La Philosophie scolastique. — Que faut- il entendre par philosophie scolastique ? ^) Dès le début du moyen âge, on donna le nom de scolasticus à quiconque était titulaire d'un enseignement. ^) On peut donc entendre par scolastique, la philosophie telle qu'elle était professée dans les écoles médiévales. Beaucoup d'historiens s'arrêtent à cette définition étymologique. D'autres la complètent par des notions empruntées à Vappareil extérieur de l'enseignement : à la langue scientifique qui était la même dans toutes les écoles; aux formes et aux procédés didactiques partout semblables, sous l'influence d'habitudes d'esprit identiques. Mais toutes ces notions extrinsèques ne nous apprennent rien du génie constitutif de la scolastique ; car une forme quelconque ne peut-elle point s'appliquer à n'importe quel fond ? Et l'enseignement, quelles que soient ses formules, ne se met-il pas indifféremment au service de la vérité et de l'erreur ?

Le moment est venu, ce nous semble, de se faire de la scolastique une notion plus adéquate, et pour y réussir, aux définitions extrinsèques il faut substituer les définitions intrinsèques et doctrinales. Car la langue des scolastiques exprime des pensées, leurs formules syllogistiques recouvrent des théories ; — comment en serait-il autrement l La philosophie scolastique nous apparaît comme une vaste synthèse (1),

1) Voir notre étude Qit'esf-ce gife la phUoscph le scolastiqiie ? {Insiiiui sup. de Philosophie, Loiivain, 1899). — -) Ce tenue est employé dans ce sens par les philosophes latins, Cicéron p. ex. {In Pisonem, 25).

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