LA PHILOSOPHIE OCCIDENTALE JUSQU AU XII^ S
1° Une série de compilations de la décadence latine. Citons : les œuvres de Marius Victorinus (154), dont on connaît une traduction de Vlsagoge de Porphyre et plusieurs traités de logique; — de Ma- CROBE (154), auteur de Saturnales et d'un commentaire du Songe de Scipion, souvent cité au moyen âge ; — de Claude Mamert de Vienne, en Gaule (vers 450) qui écrivit de statu animœ, où il défend contre le semipélagien Faustus l'immortalité de l'âme ; — de Donat. Par Macrobe et Donat, le moyen âge prit connaissance de beaucoup de faits de l'histoire ancienne.
2" Quelques commentaires néo-platoniciens, a) Sous le nom d'Apu- LÉE de Madaure (139), les scolastiques font circuler un Commentaire de interpretatione et un traité (^ecZo^ma^eP/a^ot^^s.Plu sieurs lui attribuent en outre un dialogue intitulé Asclepius. D'autres, au contraire, mieux informés, comptent le dialogue Asclepius parmi les écrits hermétiques, et sous le titre de liber de deo deorum l'inscrivent sous le nom d'un philosophe égyptien. Mercure Trismegiste i). On connaît encore d'autres écrits hermétiques, comme le Logostileos (koyoç tHeloç) cité par Abélard et Alain de Lille.
h) Dans le même groupe, notons les commentaires dont Chalci- Dius (154) fait suivre sa traduction du Timée.
3° Quelques œuvres ou parties d'œtivres de Cicéron (les Topiques, le de officiis, le de inventione rhetorica, les deux livres Bhetoricorum ad Herennium, le de partitione oratoria) ; de Sénèque (le de heneficiis, p. ex.) et de Lucrèce.
Cicéron fait autorité en dialectique et en rhétorique. Quant à Sénèque, ses maximes stoïciennes reviennent aisément, à raison de leur puritanisme, sous la plume des rares scolastiques qui s'adonnent à la morale -). Par contre Lucrèce ^), l'interprète autorisé de l'Epicuréisme, est moins accrédité chez les scolastiques, et se trouve être plus souvent l'auxiliaire de leurs adversaires. C'est ainsi que la psychologie matérialiste des Cathares lui emprunte ses arguments (Chap. III, Art. II).
') J. Bernays, Ueber den unter den Werken d. Apideius stehenden Jtermetischen Bialog Asclepius (in Monatsber. d. k. Akad. d. Wissensch. Berlin, 1871, S. 500). — 2) Dès le début du moyen âge, circulent sous le nom de Séiiè(|ue plusieurs ouvrages apocryphes ; tels sa prétendue correspondance avec S. Paul, et les traités formula honestœ viiœ (ou de quatuor virtutibus cardinalibus), de moribus, etc., écrits au ive s. de notre ère. Haueéau, Not et extr. de qles man. latins II. 202, IV, 15 et 267. — -i) Ce sont deux compilateurs, Isidore de Séville et Rhaban Maur (p. 151) qui lui font le plus d'accueil. Cf Philippe, op. cit.
160 LIVRE m. LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE.
III. Les PÈRES DE l'Église, maîtres attitrés de la théologie médiévale, lèguent par contrecoup leurs idées philosophiques.
Parmi eux, S. Augustin prend le premier rang. On s'imprègne principalement de sa psychologie ; on lui emprunte aussi des thèses métaphysiques. A son autorité se rattache un groupe important de doctrines : les théories platonico-augustiniennes, que les philosophes antérieurs au xiii^ s. ne surent jamais harmonisera vec l'autre grande fraction des éléments scolastiques : les théories aristotéliciennes. L'ascendant de S. Augustin comme philosophe et comme interprète du dogme, explique qu'on ait inscrit sous son nom une série d'ouvrages apocryphes, bourrés très souvent de théories antiscolastiques, voire même antiaugustiniennes. Les principaux traités pseudo-augustiniens sont: a) Categoriœ decem, un abrégé des Catégories d'Aristote ; b) Princixna dialecticœ, une monographie de grammairien sur la distinction des termes simples et composés ; c) Contra quinque haereses, dont l'auteur notamment cite des textes hermétiques en les transformant dans un sens chrétien ; d) Plus tard, le de spiritu et anima, un vrai catéchisme de psychologie augustinienne, fort en vogue chez les scolastiques. Ce traité n'est qu'une compilation des écrits d'Isidore de Séville, d'Alcuin, d'Hugues de St- Victor, d'Isaac de Stella, que Stôckl et Hauréau identifient avec l'ouvrage d'Alcher de Clairvaux (225) O-
A côté de S. Augustin, les scolastiques possèdent ou citent des traités d'ÛRiGÈNE (dans la traduction de Rufin, v. p. 143, n.), de Clément d'Alexandrie, de Lactance, de S. Ambroise, dont VHexaëmeron fit connaître plus d'une théorie aristotélicienne. Le semipélagien Cassien contre qui S. Augustin écrivit ses derniers ouvrages, transmet secondairement quelques idées philosophiques au moyen âge.
Nous mentionnons ici aussi les écrits du Pseudo-Denys l'aréopa- GiTE. Les traités des noms divins et de la hiérarchie céleste sont traduits au ixe s. par J. Scot Eriugène, ils s'éclipsent quelque temps aux x^ et xi^ s., et réapparaissent au xii^ s. avec un renouveau de prestige. Les traités du pseudo-Denys imprègnent la mystique et l'esthétique médiévales. Ils ont été commentés tour à tour dans le sens du panthéisme néo-platonicien et de l'individualisme orthodoxe.
IV. Écrivains de race nouvelle. Les principaux sont Martianus C'apella, Cassiodore et Boèce.
1) Stôckl, Gesch. d. Fhil. d. Mittelalters. Mainz 1864. 1, 384 et s. — Hauréau, op. d^. V. 113 (Paris. 189^2).
Martianus Capella, de Carthage (2"ie moitié du v<^ s.) vint à Rome, et écrivit (vers 430), en compilant Varron et d'autres grammairiens, un traité intitulé de nuptiis Merciirn et Philolofjiœ. Le moyen âge étudia avidement cette étrange encyclopédie, parce qu'elle olïre un essai de classification des connaissances humaines et dresse un plan d'études complètes. Martianus vulgarisa ^) la répartition restée célèbre des sept arts libéraux en trivium et qiiadrivium. Arts et sciences apparaissent sous forme de personnages mythologiques. L'auteur fait de la fantnisie phitôt que de la science et jouit, au début du moyen âge, d'une influence imméritée.
Cassiodore et Boèce furent l'un et l'autre ministres du roi des Goths, Théodoric, qui par ses sages initiatives, avait suscité dans ses États un début de renaissance scientifique. Le premier (vers 470-570) est, comme Martianus Capella, un pédagogue qui s'efforce de consigner dans son traité de insfitufione divinarinn litterarum tout ce qu'il a appris sur le trivium et le quadrivimn, principalement à l'école de Boèce.
Boèce (vers 480-525, désigné parfois sous le nom de Manlius consul) est un esprit beaucoup plus vigoureux que M. Capella et Cassiodore, et peut être considéré comme le principal instituteur des premiers scolasliques. Outre sa traduction et son double commentaire de VIsagoge de Porphj^i-e ; ses traductions des Catégories, du de interpretatione, des Analytiques, des topiques et des arguments sophistiques d'Aristote ; ses commentaires des Catégories, du de interpretatione (sa principale œuvre logique); ses commentaires des Topiques de Cicéron, — Boèce a écrit des traités originaux sur les syllogismes catégoriques et hypothétiques, sur la division, la définition, les différences topiques : toutes monographies hautement appréciées au moyen âge. Avec non moins d'éloges, les scolasliques citent des travaux sur la mathématicpje et la musicpie, et surtout un ouvrage de morale, que Boèce, disgracié pour des raisons politiques, écrivit en sa prison de Ticinum : le de consolatione philosophiœ. Elégant de style, ce traité laisse deviner chez son auteur une adhésion peu raffermie au christianisme, en même temps qu'un culte mal dissimulé pour la civilisation antique. Divers autres écrits, théologiques par la matière dont ils s'occupent {de trinitate, de hehdomadihus, de pde
1) Il ne l'a pas édifiée de toutes pièces, comme on le dit parfois. Déjà Ammonius Saccas connaît la division des quatre sciences (Zeller, op. cit. fP, p. 179, n.). On trouve aussi la trace des sept arts libéraux chez divers pères de l'Eglise.
christiana, de duabus nahiris in Christo) circulent sous le nom de Boèce, mais sont d'une attribution douteuse.
Boèce exerça sur la philosophie de cette période une influence considérable. Jusqu'à la tin du xii^ s., il fut la principale source de l'aristotélisme et on le considéra comme égal, même comme supérieur à Aristote. Non seulement ses traductions et ses commentaires du Stagirite, mais aussi ses abrégés originaux, qui ont suppléé longtemps aux parties inconnues de VOrganon, s'accordent à accentuer la valeur de la dialectique en philosophie. Les premiers scolastiques furent tentés d'exagérer encore cette tournure d'esprit. Cependant l'action de Boèce ne se borna pas à la vulgarisation de la logique formelle d'Aristote ; le philosophe barbare fit connaître à l'Occident une foule d'autres idées aristotéliciennes : ainsi il nientionne diverses théories méthodologiques, comme la fameuse division tripartite des sciences théoriques en métaphysique, mathématique, physique (70); on trouve aussi, disséminés dans ses œuvres, des fragments d'idées sur la nature et le processus de la connaissance, des conceptions imparfaites de la matière, de la forme substantielle, du changement, de la substance, de la personne, des causes ; le de consolatione philosophiœ reproduit l'argument du moteur immobile, le de trinitate étudie l'application des formes grammaticales à la divinité, etc.
Boèce, d'ailleurs, n'est pas asservi à la doctrine d'Aristote. 11 met dans la circulation des écoles une foule d'idées platoniciennes, stoïciennes, pythagoriciennes, augustiniennes. La théodicée du de consolatione philosophiœ est une étude de la Bonté et de la Providence divines ; les idées de nombre et d'unité jouent un rôle prépondérant dans ses théories sur la nature divine, la création, l'exemplarisme.
Bref, Boèce est le canal qui transmet aux scolastiques les éléments les plus divers que l'on rencontre plus tard, triés par l'éclectisme, dans les synthèses du xiii^ s.
V. Ecrivains médiévaux. Citons, en finissant, comme partie intégrante de la bibliothèque de la première période quelques œuvres de philosophes médiévaux, œuvres que leur grande popularité a pour ainsi dire rendues classiques : tels sont le de divisione naturœ, de J.Scot Eriugène et le Liber sex principiorttni de Gilbert de la Porrée. Nous en parlerons plus loin.
180. Prog-rammes et méthodes. — Les sept arts libéraux compreiment l'ensemble des sciences profanes. On les répartit en deux groupes : le trivium (la grammaire, la rhétorique et la dialectique) et le quadrivlum (arithmétique, géométrie, astronomie, musique).
LA PHILOSOPHIE OCCIDENTALE JUSQU'aU XII'' S. 163
La grammaire comprend l'étude des grammairiens — surtout Donat et Priscien — et la lecture des auteurs classiques. Cicéron, Quintilien,MariusVictorinus sont mentionnés dans VEptatetichonde Thierry de Chartres ')» comme les modèles préférés de la rhétorique. Quant à la dialectique, nous avons déjà signalé son rôle prépondérant dans le trivimn, son élargissement progressif mais rapide. Nous connaissons aussi les traités qui servent de base à l'étude de la logique formelle.
Les mathématiques et la musique résument tout d'abord l'enseignement scientifique proprement dit. Aux quatre branches fondamentales du qtiadrivhim, on joint de bonne heure l'étude de la médecine.
La méthode consacrée dans l'enseignement est le commentaire du texte. Les chaires (scolasticum oflficium) sont briguées par des personnalités marquantes ; maintes fois, surtout dans les débuts, on voit les évêques, les chanceliers, les abbés de monastères, remplir les fonctions d'écolâtres ; plus tard, ce titre est dévolu aux simples niagistri scolae.
181. La Renaissance Caroléling'ienne et les écoles philosophiques. — Avant le vi*^ s., il n'y avait que deux pays dans l'Occident germanique où l'on s'occupait d'études : l'Espagne, où nous rencontrons Isidore de Sevjlle ; et l'Irlande, dont les premiers monastères sont illustrés par Bède le vénérable. Rien ne faisait prévoir la régénération intellectuelle à laquelle le génie de Charlemagne donna le branle.
Charlemagne est le créateur des écoles philosophiques, et c'est là un de ses principaux titres de gloire. En 778, inspiré sans doute par Alcuin, qu'il avait appelé de la Grande-Bretagne, Charlemagne donna à Bangulf, évêque de Fulde, un capitulaire resté célèbre, où il prescrit la fondation d'écoles.
Alcuin (785-804) fut la cheville ouvrière des réformes pédagogiques du souverain. Venu de l'école d'York, Alcuin rencontra Charlemagne en 781, enseigna pendant huit ans à sa Cour, et, après une vie fiévreuse, se retira à l'abbaye de S. Martin de Tours où il fonda une école et mourut en 804. Compilateur et grammairien, Alcuin ne mérite pas comme philosophe la réputation qu'on lui a faite. 11 n'y a rien dans ses œuvres de logique qu'on ne trouve chez Boèce et
') A. Clerval, op. cit., p. 221 et suiv. Cf. Pfisteb, Études sur le règne de Bobert le Pieux (Biblioth. des H^es Études — sciences philol. et hisL) Paris, 1885. p. 17.
Cassiodore, et son traité de animae raiione ad Eulaliam virginem «^st un emprunt à quelques thèses de la psychologie augustinienne.
Par contre, Alcuin est un puissant instaurateur d'études. L'impulsion qu'il leur donna, sur l'ordre de son illustre protecteur, provo- (|ua un engouement intellectuel qui lui survécut i). Durant plusieurs siècles, le sol de la Germanie se couvrit d'écoles, et celles-ci détinrent le monopole des études philosophiques jusqu'à l'érection de l'Université de Paris.
Il y avait deux espèces d'écoles : a) les écoles monacales, comprenant dans un petit nombre d'abbayes, une double section, l'une réservée aux moines {scolae internaé), l'autre ouverte aux séculiers (scolae externaé) ; h) les écoles épiscopales ou capitidaires. Celles-ci sont les plus importantes au point de vue philosophique.
Ajoutons que la renaissance du ix^ s. ne fut pas exclusivement philosophique, mais universelle, et qu'elle se rattache plus directement à l'antiquité profane qu'à la patristique.
182. Principales écoles. — La première école en date, nourricière des Alcuin, des J. Scot Ériugène, des Fridugise (t 834), Agobard, Candide, Rhaban Maur (776-856), est l'école palatine, instituée à la Cour même deCharlemagne, et, d'après l'hypothèse la plus probable, accompagnant l'empereur dans ses divers voyages.
Plus tard, parmi les écoles les plus en renom citons :
^i\ Angleterre, l'école abbatiale du Bec (Lanfranc, S. Anselme); l'école de S. Gall (Xotker Labeo) -) , l'école d'York (Alcuin).
Dans les Pays-Bas, ]es écoles capitulaires d'Utrecht (Adalbode) ; de Liège (Rathère, Notger, Adelman); de Tournai (Odon de Tournai); les écoles abbatiales de Lobbes (Éracle); de S.Laurent (Rupert de Deutz).
En Germanie, l'école de Fulde (Rhaban Maur).
En France surtout, les écoles capitulaires de Reims (Gerbert) ; de Tours (Ralnaud de Tours); de Laon, (Anselme (t 1117) et Raoul de Laon) ; de Fleury (Abbon) ; l'école abbatiale d'Auxerre (Rémi et Heiric d'Auxerre). Les écoles de Chartres, sous la sage direction de l'évêque Fulbert (960-10:28) le plus grand écolâtre de son temps, et après lui, d'IvE de Chartres (f 11 15), traversèrent deux périodes de splendeur; surpassant en éclat toutes les autres écoles, elles purent
1) La Forêt, Histoire d' Alcuin. Paris, 1898. — -) Mort en 1022. Il traduisit eu allemand les traités connus de VOvijauon, le de consolaiioue de Boèce, le de nupt. Merc. et pli. de M. Capella.
rivaliser avec les écoles de Paris jusqu'au milieu du xii^ s. Adelman de Liège et Bérenger de Tours suivireut les leçons de Fulbert à l'école de Chartres. Au xii^ s., les clianceliers Bernard de Chartres, Gjlbert de la Porrée, Thierry de Chartres comptent parmi les personnalités les plus marquantes de leur époque. An ix^ s., Paris possédait déjà les trois écoles de S*^ Geneviève, de S. Germain des Prés, de la Cathédrale. Leur renommée alla grandissant et, à partir de la deuxième moitié du xu*^ s. la métropole française, groupant autour de ses chaires toutes les intelligences d'élite, éclipsa peu à peu toutes les académies rivales.
183. Division de cette période. — L'effort principal de la scolastique, pendant cette période, porte sur Y élaboration des grandes doctrines, qui seront le noyau de la synthèse du XIII® siècle. (177, 3") Cette élaboration, longue et pénible, ne s'accomplit pas sans de nombreux fourvoiements. C'est ainsi que la plupart des scolastiques laissent se glisser dans leur philosophie telles doctrines dangereuses ou mal équilibrées, qui conduiraient à des conséquences antiscolastiques, si on les interprétait dans toute leur rigueur. Mais ces philosophes se gardent bien ou se défendent même d'aller jusqu'à ces extrêmes; ils n'aperçoivent pas ou ils récusent les corollaires de leurs principes. — A la période suivante, quand le sillon de la scolastique sera définitivement creusé, il y aura lieu de grouper à part ceux qui restent fidèles à la synthèse constituée, et ceux qui dénaturent en certains points ses principes organiques En conséquence, nous distinguerons alors les systèmes scolastiques et les systèmes qui dévient de la scolastique. Mais dévier, c'est s'écarter d'une voie qu'on suppose tracée nettement. Or, les travailleurs antérieurs au xiii'' s. ne font que chercher et ouvrir la route. Voilà pourquoi, malgré leurs défaillances, nous les considérons tous, sans distinction, quoique à des titres divers, comme des pionniers d'une même œuvre : scolastiques sera leur nom de famille.
A côté d'eux, cependant, d'autres s'engagent dans des directions opposées ; ils combattent ouvertement la scolastique.
OU défendent des principes qui sont la négation même de ses idées constitutives. Tels sont les systèmes panthéistes et matérialistes, directement opposés les premiers à l'individualisme, les seconds au spiritualisme de la synthèse scolastique.
Dans cette période, comme dans les périodes suivantes, il y aura donc lieu de distinguer les stj sternes scolastiques et les systèmes antiscolastiques . Nous choisirons comme critère de cette classification la conformité ou la non-conformité objective des théories formulées par un philosophe avec les tendances fondamentales de la synthèse scolastique, telle que nous l'esquisserons plus loin.
Le xif s. étant l'âge d'or des écoles philosophiques, nous subdiviserons la première période en deux chapitres, étudiant respectivement : P la philosophie occidentale du ix'' au xii^s. ; 2° la philosophie occidentale au xii^ s.
Dans chacun de ces chapitres nous aurons à distinguer les théories scolastiques et les théories antiscolastiques.