‹ Histoire de la philosophie médiévale (volume 2)Chapitre 80 sur 149 · Caractères g-énéraux de la philosophie arabe. — 1° Ze · texte numérisé non relu

Caractères g-énéraux de la philosophie arabe. — 1° Ze

manque cCoinginalité. Le génie arabe n'est original que dans sa littérature et sa poésie. Sa science et sa philosophie sont un emprunt fait à la Grèce par l'intermédiaire des écoles syriennes*^). Les études philosophiques n'apparaissent qu'après les études scientifiques. En philosophie, le Stagirite est infaillible et l'unique souci des arabes est de le bien commenter.

2° Valtération du péripatétisme . Cependant, en isolant quelques textes obscurs ou incidents dont ils exagèrent ensuite la portée, les philosophes arabes ont abouti, dans leurs commentaires d' Aristote, à un pseudo-péripatétisme dont les théo-

1) DiETERici, Die sogenannte Théologie des Aristoteles {Orient. Congres 1S81). — 2) L. Stein, Die Continuitdt d. griech. Philos, in d. Gedankenweït der Aràber. (Arch. etc. 1898, pp. 412 et suiv.) — '•^) Forget, Les Philosophes arabes et la Philosophie Scolastique (Compte-rendu du Congrès scient, intern. des cath., m, pp. 233 suiv.). Bruxelles, 1895.

ries de l'intelligence des sphères et de l'existence isolée de l'intellect actif constituent deux éléments spécifiques. 11 faut ajouter que ce péripatétisme est nuancé de néo-platonisme et bizarrement allié à des résidus de la gnose alexandrine sur le voj;, l'émanation, l'extase — si bien qu'au jour où la scolastique étudiera la philosophie arabe, elle recevra, par son canal, de nouvelles infiltrations néo-platoniciennes. On retrouve aussi chez les arabes des traces de la science grecque ; les psychologues notamment souscrivent volontiers à la psychophysiologie — souvent matérialiste — de Galien et des autres médecins grecs.

Plus d'un philosophe arabe subit l'irrésistible pression des éléments alexandrins qu'il accueille, et se laisse fasciner par le monisme émanatif du néo-platonisme ; mais les meilleurs penseurs ne semblent pas avoir souscrit au panthéisme.

244. Principaux philosophes arabes en Orient. — Avicenne. — Le mutazilit an-Nazzam (vers 835) est cité comme le premier philosophe arabe; familier d'Alexandre d'Aphrodisias, il reprit pour compte sa défense de la liberté humaine. Un peu plus tard. Alkfndî (t 870) contemporain de Jean Scot Eriugène, s'adonna de préférence à la logique. Ses écrits philosophiques n'existent plus que dans des traductions latines i)dues à Gérard de Crémone et à J. Avendeath(p.239). Il remania probablement une traduction arabe primitive de la Théologie d'Aristote.

Plus familier aux scolastiques est Alfarabi (f 949 50), un autre savant de l'école deBagdad.Parmi les ouvrages de logique qui ont fait sa célébrité, on cite de préférence ses commentaires sur les Derniers Anahjtiqiies d'Aristote : L'idée panthéiste est conteiuie en germe dans la métaphysique d'Alfârâbi qui pivote tout entière autour de la théorie néo-platonicienne de l'émanation divine.

Ibn Sina (Avicexxe, 980-1037), à la fois théologien et médecin, peut être considéré comme un des principaux philosophes arabes. Malgré les vicissitudes d'une vie très agitée, il parvint à écrire un nombre d'ouvrages qu'on dit dépasser la centaine. Avicenne est, dans le camp arabe, un des plus fidèles interprètes d'Aristote ; parti delà synthèse

0 Éditées récemment par D'" A. Nagy, Die pliilosophischcn Abhandliuigen des J. Al-Kindîs. Munster 1897 (Beitriige z. G. d. Ph. d. Mitt. II, 5).

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