Troisième composition : L'essence et l'existence
— Il ne s'agit point de rapporter le concept d'essence à celui d'existence, ni une essence possible à une essence existante : qu'il y ait une différence réelle entre les termes de ces comparaisons, personne ne songe à le contester. Mais on peut poursuivre plus loin l'analyse, et se demander si, dans un être ACTUEL, autre cliose est sa réalité fondamentale et constitutive (essentia, quod est), autre chose l'acte même par lequel cette réalité existe (esse, quo est).
Les avis des docteurs sont partagés. D'accord avec les interprètes les plus autorisés de la pensée thomiste, nous croyons que S. Th. souscrit à la thèse de la distinction réelle. En Dieu seid, acte pm\ T essence est d'exister. Dans la créature, au contraire^ spirituelle ou maternelle, cette perfection qui s appelle EXISTER est resserrée et circonscrite endéans les lirnites mêmes de V essence dans laquelle elle s'épanouit^).
Au point de vue architectonique du thomisme, il est important de remarquer que la théorie de la distinction réelle de Tessence et de Texistence a des attaches indissolubles av)ec â^ autres thèses principielles. Elle met en relief la contingence de la créature ; surtout elle sauvegarde t unité d existence dans les êtres composés de matière et de forme, c est-à-dire d éléments consuhstantiels incomplets et irréductibles , et dans les êtres qui exercent leurs activités par des facultés réellement distinctes entre elles ^] .