Premier groupe de problèmes : Les facultés de l'âme
(91). — Les activités de l'âme peuvent se classer en divers groupes irréductibles ; chacun de ces groupes d'activités se rattache à un principe immédiat que l'on appelle puissance ou faculté '). En répétant l'exercice de son acte, la puissance acquiert une facilité plus grande à se dépenser, une disposition habituelle (habitus) à agir dans un sens fixe.
Les facultés de l'âme ont-elles une réalité autre que celle de sa substance; ou ne désignent-elles pas plutôt des modes divers d'une même énergie appliquée à des objets variés ? Question d'ordre plutôt métaphysique qui divise les philosophes. *S'. Th. enseigne la distinction réelle entre les facultés et la substance dont elles sont des qualités; il conchd, d'une part, de la diversité adéquate de nos opérations vitales à la diversité du sujet immédiat qui les produit; d'autre part, il invoque le caractère accidentel de toute activité dans Vëtre contingent , et la corrélation de nature qui doit exister entre cette activité et son principe prochain. On ne, peut méconnaître, d'ailleurs, que la théorie de S. Th. est étroitement solidaire de son système métaphysique (271). — D'autres scolas tiques établissent des liens plus étroits entre la substance et ses facultés.
Quoi qu'ils pensent de cette question, qui n'est pas vitale en
') La puissance (fiiculté) dont il s'agit ici est \^ puissance opérative ; eWe est principe d'action. Ce concept de productivité n'est pas impliqué, comme tel, dans la notion générale de puissance, qui désigne la simple aptitude à recevoir une perfection, ou la réceptivité (v. p. 267).