Érection et organisation de l'Université de
Paris. — La mise en circulation de tant d'ouvrages nouveaux coïncide avec l'érection de l'Université de Paris. Elle naît dans les dernières années du XIIe s. ou au début du XIIIe s. du groupement de tous les maîtres et élèves incorporés dans les écoles de la cathédrale de N.-Dame et soumis à la juridiction de son chancelier (universitas magistrorum et scolarium). Peu à peu, en effet, l'identité des intérêts groupe les maîtres en quatre facultés : celle des théologiens ; des artistes ou philosophes ; des décrétistes et des médecins. Dans le couïant du XIIIe s. apparaissent les unions scolaires connues sous le nom de nations
l'érection des universités. 269
(Picards, Gaulois, Normands, Anglais ,). Elles ne comprennent que les élèves et les maîtres de la faculté des arts ; mais comme ils étaient les plus nombreux, et que de fait, après avoir achevé les études préliminaires des arts, maîtres et élèves restaient incorporés dans leurs nations respectives, celles-ci représentaient pour ainsi dire l'Université entière. Entre le recteur, chef des nations, et le chancelier, une lutte ne tarde pas à s'engager. Elle dure un siècle et demi, mais insensiblement le chancelier est supplanté par le recteur, qui est dès lors le chef de l'Université.
L'Université de Paris prend une rapide extension, grâce aux nombreux privilèges dont elle est dotée par les papes et les rois de France. Tous les théologiens et philosophes célèbres ont passé par ses écoles. Sa très complexe organisation disciplinaire est l'œuvre du temps ; elle servit de modèle à toutes les autres universités au moyen âge. Bornons-nous à noter quelques particularités de l'enseignement philosophique et théologique.