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SAINT THOMAS D'AQUIN

doctrinales engagées '). Quand, sur Tordre de ses supérieurs, Thomas retourna pour la seconde fois en Italie (1272), il laissa de vifs regrets dans le monde des artistes ou des philosophes. C'était le moment des agitations averroïstes entretenues dans la faculté par Siger de Brabant, et Thomas d'Aquin était le meilleur soutien scientifique du groupe scolastique. Les maîtres de la faculté nous apprennent que Thomas, en les quittant, promit de leur envoyer des ouvrages philosophiques qu'il avait en projet ou en préparation. Des écrits cités, le de cœlo et mundo nous est seul parvenu '). Vainement le recteur et les maîtres de la faculté des arts s'essayèrent à obtenir le retour de Thomas : celui-ci fut chargé d'organiser un studium générale, à Naples, probablement sur les instances du roi Charles d'Anjou. Il mourut en 1274, âgé de 48 ans, sur le chemin de Lyon, où Grégoire X l'appelait pour éclairer de ses lumières les travaux du concile.

Il faut établir un classement parmi les ouvrages inscrits sous le nom de S. Thomas.

i° Ouvrages authentiques : Summa théologien, (inachevée ; la dernière partie, tertiapars, s'arrête après la question 90. A diverses éditions est joint un supplément, rédigé d'après les Comment, sur le 4me livre des Sentences de Thomas, et dont l'auteur est incertain. On cite les noms de Pierre d'Auvergne et d'Albert de Brixia. V. Quétif-Echard, Scriptorcs, I, 291 et suiv.); Sumtna philosophica contra Gcnti les ; Quaestiones disputât ae ; Ouodlibet ; — les commentaires des traités aristotéliciens : de interprétation* (inach.), analy t. poster., Physic, de coelo et mundo (n'est authentique que jusqu'au L. III, 1. 8), de générât, et corrupt., meteororum, de anima (d'après le catalogue de Baluze, le Ier 1. n'est pas de S.Thomas), parva naturatia (inach.), metap/iysic, ethic.,politic.(\e§ 2 prern. livres et les 8 prem. chap. du 3mo 1. sont authentiques, le reste est douteux); — les commentaires sur le Livre des causes, sur les 4 livres des sentences, sur Boèce de hebdomadibus et de trinitatc ; — les opuscules de ente et essentia, de eternitate mundi, de substantiis séparât is (inach.), de spiritual, créât uris, de unitate intcllectus contra averroistas t de opération, occultis, de principio naturac, de regno, de judiciis astrorum, contra impugnantes Dei cuit uni (réponse au de periculis novissimi temporis de G. de St- Amour), de perfectione vitae spiritualis, contra doctrinam retraitent, a relig., de niotu cordis, de mixtione elementorum, contra errores Graccorum, de rationibus fidei ', de natura mater iae, de principio individuat., de proposit. modalibusj de fallaciis (ces 4 dern. opusc. ne sont pas cités par Baluze); — le de regimine principum (seuls les 2 prem. 1. pourraient lui appartenir, non les 2 derniers) ; — le compendium theologiae (inach.), de articulis fidsi et sacram., de forma poenitentiae, de sortibus, une lettre à la duchesse de Brabant de regimine Judaeorum, catena aurea, divers commentaires sur l'Écriture sainte.

') Mandonnet, op. cit., pp. en et cm.— *) Càartul., I, 504-5. Cf. Mandonnet, p. ccxvi. Le de cœlo et mundo est complété par ou d'après Pierre d'Auvergne, maître de la Faculté.

328 LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE AU XIIIe SIÈCLE.

20 Ouvrages douteux et non authentiques. Citons : depulcro et bono, comment, sur les noms divins du pseudo-Denys, Totius logicae sumt/ia, un commentaire écourté sur les Sentences, de potentiis animae, de natura syllogism., de invention* medii, de démonstration, de natura accidentis, de natura generis, de pluralitate formarum (divers traités sur les formes ont été faussement attribués à S. Thomas), de intellectu et intelligibili, de universalibus, Eruditio principuni, de prof essione monaehorum, de usttris ').Plus tard, on inscrit aussi sous le nom de Thomas plus d'un compendium rédigé par quelque disciple d'après la doctrine authentique du maître.

Voici quelques données sur la chronologie, insuffisamment connue, de ces ceuvres : les Comment, sur les Sentences sont le premier grand ouvrage. Sont antérieurs peut-être (vers 1 248-1 252) le de ente et essentia, et de principio naturae, qui dateraient du séjour de Cologne. La Summa contra Gentiles est commencée à Paris (ir séjour) ; le de substantiis separatis n'est pas antérieur à 1260. De 1265-1268, rédact. de la i« Pars de la 5. Theol. ; 1 261-1264 Quaestio disputata de anima. Du second séjour à Paris datent : de spiritual, creaturis ; Quodlibet (le premier date de 1269); de 1269 le traité sur la perfect. de la vie spirituelle; le de coelo et mundo est postérieur à 1270 *).

Les deux sommes, les Quaestiones disputatae, les Quodlibet, divers opuscules et les commentaires d'Aristote intéressent spécialement l'historien de la philosophie.

273. Signification philosophique. — Thomas d'Aquin doit à Albert le Grand sa vocation philosophique et son initiation au péripatétisme, mais il dépasse son maître de la distance qui sépare le génie du talent.

i° Sa connaissance d'Aristote. A la paraphrase extensive, oeuvre de vulgarisation, Thomas substitue un procédé plus critique, le commentaire littéral. C'est pour pouvoir l'entreprendre qu'il met tant de soin à se procurer des versions fidèles du texte grec (p. 258). La connaissance qu'il a du système d'Aristote est

') Le catalogue de Baluze cite quelques œuvres non authentiques, mais rédigées d'après ses leçons ou ses prédications (alii recollegerunt post eum legentem vel praedicantem) : lectura s. Paulum ab XI cap. iao epist. ad Corinth., 5. Johannem, s. 4. nocturnos, collect. de Pater noster et Credo, de decem praeceptis, s. Mathiam, s. primum de anima. — *) Witmann*, Die Stellung d. hl. Thom. v. Aquin zu Avencebrot, pp. 31, 38, 68, 71 ; Mandonnet, op. cit., p. en. Cf. Jourdain, Philos. S. Thomas, t. I. Suivant Marchesi, op. cit., pp. 67, 72, il n'aurait pas fait de commentaires d'Aristote avant 1261.

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