‹ Histoire de la philosophie mediévaleChapitre 126 sur 241 · Preuves de l'existence de Dieu. — Sauf quelques · texte numérisé non relu

Preuves de l'existence de Dieu. — Sauf quelques

esprits défiants, appartenant à l'époque de décadence, tous les scolastiques admettent que l'étude du monde contingent démontre l'existence de Dieu (preuves a posteriori). On renforce 1h preuve aristotélicienne du premier moteur : l'actuel est toujours avant le potentiel ; le premier, dans l'absolu, est l'être achevé sans lequel aucune actuation ne serait réalisable. Plusieurs autres démonstrations sont prises chez S. Augustin, mais tous les scolastiques n$ admettent pas la preuve favorite du philosophe a/ricain, tirée de l 'universalité et de V immutabilité des premiers principes (100). S. Thomas rejette le raisonneme?tt a priori de S. Anselme. Et on peut dire que tous les grands scolastiques en font autant, si on songe aux réserves faites par Bonaventure, le plus anselmien parmi les docteurs du XIII* s. x) (cf. p. 303).

292. Dieu considéré en lui-même. — Seule l'observation des créatures nous instruit sur l'essence divine. La raison

') € Nous trouvons donc bien dans les docteurs du grand siècle de la scol astique des enseignements approchant plus ou moins de la manière de voir de saint Anselme. Mais tous ajoutent à ces enseignements des réserves, qui en atténuent les principaux défauts. » Domet de Vorges, 5. Anselme, p. 295.

348 LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE AU XIIIe SIÈCLE.

démontre, en effet, que toutes les perfections créées se trouvent en Dieu d'une manière éminente (eminenter). Nous connaissons les perfections de Dieu, dit S. Thomas, par des concepts analogiques. Ses attributs découlent, en un long corollaire, de son existence substantielle (esse per essentiam). Ainsi Dieu est science parfaite ; il est aussi vouloir parfait, alors qu' Aristote ne dit rien \ ^L de cet attribut (46) ; de plus, aucun doute ne plane sur sa person- \} nalité.

La multiplicité des perfections divines s'évanouit dans l'unité de l'infini. Mais tous les scolas tiques n'entendent pas de la mérne manière la diversité des perfections, non plus que leurs rapports de prééminence. S. Thomas établit entre les attributs divins une distinction virtuelle (distinctio rationis cum fundamento in re)f et, fidèle à son intellectualisme, accentue le rôle de la science de Dieu (302).

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