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VI. — PHILOSOPHIE MORALE ET LOGIQUE

304. Morale générale (55). — Le xme s. aborde les grandes questions morales, et les traite au point de vue philosophique (v. p. 141).

Tout système de morale implique une théorie sur la fin de l'homme et sur I'acte humain. En effet, la morale n'est que l'étude des actes humains en tant qu'ils sont rapportables à la fin.

i° Fin de l'homme. L'acte humain xaô' êÇoyrjv est l'acte libre, qui seul est moral ou immoral. Dieu est la fin de l'homme ; sa possession fait l'objet des tendances naturelles de nos activités psychiques les plus élevées. Les scolastiques démontrent que la connaissance (visio) et l'amour (delectatio) du Dieu Créateur constituent l'activité la plus parfaite dont l'homme soit capable ; que la prise de possession de la béatitude, comme telle, réside dans un acte de connaissance (Thomas) ou de vouloir (Duns Scot) ou dans la réunion de l'un et de l } autre (S. Bonaventure).

20 Le devoir. Sur I'obligation morale les scolastiques professent une théorie inconnue de la philosophie grecque. L'obligation, enseigne Thomas d'Aquin, est basée d'abord sur la nature même de nos actes ; car cette nature sert de fondement à la lex naturalis, rejlet de la lex aeterna ou divina ; nos consciences en sont imprégnées et toute loi positive lui emprunte

366 LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE AU XIIIe SIÈCLE*.

niser, d'après les circonstances, le mode de délégation de l'autorité et son fonctionnement. Thomas d'Aquin ne setnble pas étudier V origine du pouvoir dans une société qui se constitue, mais il s'intéresse aux /ormes du gouvernement et les déclare toutes légitimes 9 pourvu que le pouvoir gouverne en vue du bien général *). A la suite des anciens, et notamment de Plutarque, on compare les classes sociales aux divers membres d'un corps vivant, mais sans jamais attribuer à cette image la valeur réelle que lui reconnaissent de nos jours certains organicistes. On trouve aussi dans le droit social du moyen âge quelques rares reflets de l'organisation de la vie communale et féodale. Enfin le XIIIe siècle justifie la subordination du pouvoir temporel au pouvoir spirituel ; mais à partir du XIVe siècle quelques théoriciens se laissent influencer par l'esprit de lutte qui anime les rois contre la papauté.

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