Caractères généraux du mysticisme aux XIVr
et XVe S. — Le xiv* et le xv* s. furent témoins d'une vive recrudescence de la vie mystique. La stérilité des controverses d'écoles et les erreurs auxquelles elles avaient entraîné plus d'un théologien (Chap. III, S 3) éloignèrent certains esprits de la spéculation, et par contre-coup décidèrent de leurs préférences pour la vie contemplative. L'auteur de Y Imitation de J.-C. traduit bien ce sentiment d'âme, quand il écrit au début de son livre : « Qu'avons-nous à faire de ces disputes de l'école sur le genre et sur l'espèce ? » (I, 3)
En même temps, les couches populaires furent travaillées par des associations puissantes qui répandirent le mysticisme dans les foules ; le caractère populaire du mysticisme pendant cette période se reflète dans ce fait, que les écrivains rédigent la plupart de leurs œuvres mystiques en langue vulgaire.
Suivant qu'ils respectent ou non la distinction essentielle de Dieu et de la créature, ils se meuvent dans une sphère d'idées conformes ou non à la philosophie scolastique. Les mystiques orthodoxes l'emportent en nombre et en valeur. Parmi eux les plus connus sont Ruysbroeck, Gerson, Pierre d'Ailly et Denys le Chartreux. Leurs noms appartiennent proprement à l'histoire de la théologie mystique, mais intéressent aussi l'histoire de la philosophie (201).