Influence de N. de Cuse. — Les idées de Nicolas
NICOLAS DE CUSE. 489.
de Cuse le rattachent au passé par leur origine, à l'avenir par Tinfluence qu'elles devaient exercer. A l'époque où écrit le cardinal allemand, la philosophie est à un tournant de son histoire, et les idées bouillonnent trop fiévreusement dans les têtes, pour qu'il puisse surgir une école Cusien/ie dans le sens strict du mot, comme jadis avaient surgi une école thomiste et une école scotiste *). Par contre, nombreux sont les écrivains de la Renaissance, qui, tout en cherchant des orientations personnelles, subissent l'ascendant de N. de Cuse.
420. Sources et Bibliographie pour le Chap. IV. — Johannes Baco, Super 4 L Sentent., Venise 1527. — Pfbifer, Deutsche Mystiker d. ij*n Jahrhundert, Leipzig, 2 vol. 1845 et 1857, publie no sermons, 18 traités, 68 versets deEckehart (en allemand). Sievers a trouvé 26 autres sermons (Zeitschrift f. deutsches Altertum, 1872). En 1880, Denifle a trouvé et publié avec une étude des fragments de 1' « opus tripartitum », Meister Eckeharts lateinische Schrifien (Arch. f. Litt. u. Kirchengesch. d. Mitt., 1886). Denifle veut montrer que Eckehart n'a pas été jusqu'au panthéisme. Au contraire selon Delacroix, op. cit., (n° aoi) pp. 135-262, qui s'appuie surtout sur les sermons allemands, Eckehart est panthéiste, et « prétend expliquer tout l'Être par l'Être seul, assister à son développement, suivre le mouvement par lequel la divinité sort de soi-même, se fait Dieu et s'achève dans l'univers» (p. 286). Denifle, Die Heimath Meister Eckeharts (ibid., 1889). Sur Eckehart et sur le mysticisme populaire au xiv« s., v. Delacroix, qui donne toute la bibliographie, et annonce un ouvr. sur la mystique postérieure à Eckehart (pp. 3 et 4). — Denifle, Die Schriften d, Seligen Heinrich Suse, Munich, 1876. — Édit. de la Theologia naturalis de R. de Sabunde en 1488,1496,1507,1509,1852. — Édit. œuvres de N.Cusanus en 1488 (Strasbourg); l'édit. de Paris, 15 14 est plus complète. 3 vol. Uebinger, Die Mathemat. Schriften des N. Cusanus (Philos. Jahrb., 1895-1897) ; Der Begriff docta ignorantia in seiner geschicht lichen Entwicklung (Arch. f. Gesch. Philos., VIII, 10).
') Jacques le Fèvrb d'Étaples (Jacobus Faber Stapulensis, 1455-1537) fit connaître les doctrines de N. de Cuse en France, et édita ses ouvrages, en même temps que ceux du Pseudo-Denys. Il y eut un parti de Fabristes, Un des disciples de J. le Fèvre, Charles Bouillée (Carolus Bovillus, vers 1470- 1553), est l'auteur d'une série d'ouvrages où l'on reconnaît nettement, au travers de pensées originales, l'influence de N. de Cuse. Charles Bouillée professe la plus pure théosophie (Est enim intelligentia fidei Jc^onsummatio, fides vero intelligentiae dispositio sacrumque initium). Bien qu'il méconnaisse la jnature des espèces intentionnelles, de l'intellect agent et donne une interprétation arbitraire de plusieurs théories péripatéticiennes, Bouillée appartient à la scolastique plus encore que N. de Cuse, et il a su éviter dans sa philosophie toute teinte de panthéisme.
490 LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE DU XVe AU XVIIe SIÈCLE.