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L'attitude des hommes de science. — On vient

') « L'arrêt ordonnait « que le dit Aristote sera toujours suivi et enseigné par les dits professeurs et regens de la dite Université, sans que pour ce ils soient obligez de le lire ni sçavoir son sentiment ; et sur le fond de sa doctrine les renvoyé à leurs cahiers ». Puis entrant dans les détails il parlait du cœur, des nerfs, du chyle, du foie, du sang, remettait « les entitez, identitez, petreitez, polycarpeitez et autres formules scotistes en leur bonne famé et renommée », réintégrait « le feu dans la plus haute région de l'air, suivant et conformément aux descentes faites sur les lieux », reléguait « les comètes au concave de la lune avec défense d'en jamais sortir pour aller espionner ce qui se fait dans les cieux », cité par Fbret, L'aristotélisme et le cartésianisme, ds Ann. Philos, chrét., 1903, pp. 16 et 17. — *) Trad. par Th. Bourard, Paris, 1865. — ') T. III, p. 154-

SCOLASTIQUES ET HOMMES DE SCIENCE AU XVIIe S. 539

de voir que les aristotéliciens du XVIIe s. ont la vue basse. Ils ne distinguent plus le principal du secondaire ; ils ne comprennent pas qu'il soit possible de renoncer à des applications arbitraires de la métaphysique sur le terrain des sciences sans renoncer à la métaphysique elle-même.

Est-il étonnant qu'ils se soient attiré les railleries des savants ? Ceux-ci rendirent la philosophie scolastique responsable des égarements de la science médiévale, dont on la déclarait solidaire. Si l'on songe que pour beaucoup la scolastique se réduisait aux vieux systèmes d'astronomie et de physique, on comprend jusqu'à un certain point les sarcasmes dont on l'accabla. On eut vite fait de discréditer un système qui légitimait pareils écarts, et la nécessité de faire table rase du passé s'imposa de plus en plus. Avec la scolastiqae condamnée en bloc, d'aucuns condamnèrent toute philosophie. De cette époque de grand essor pour les sciences d'observation ne date pas seulement une séparation plus nette de la connaissance vulgaire et de la connaissance scientifique, mais un certain divorce de la science et de la philosophie. Les moins exaltés parmi les savants, après avoir honni la scolastique, réservent leur faveur à quelque système de philosophie moderne, respectueuse elle, dès sa naissance, des découvertes sensationnelles du XVIIe siècle.

471. Conclusions. — Le débat qui au XVIIe s. surgit entre péripatéticiens et savants ne porta pas sur le fond de la doctrine scolastique, mais sur des « à côté », des points accessoires.

Le malentendu était inévitable ; il fut irrésistible et perdure encore. Savants et scolastiques d'autrefois en sont responsables : les uns ont abattu un chêne puissant sous prétexte qu'il portait • quelque bois mort dans sa couronne ; les autres ont prétendu sottement qu'on ne pouvait toucher à l'arbre séculaire, et qu'en le dépouillant d'une branche desséchée, on lui ôtait la vie.

La scolastique est tombée faute d'hommes, mais non faute d'idées.

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47a. Bibliographie. — Monchamp, Histoire du cartésianisme en Belgique, Bruxelles, 1886 ; et : Galilée et la Belgique. Essai historique sur les vicissitudes du système de Copernic en Belgique, Bruxelles, 1892. Féret, L aristotêlisme et le cartésianisme dans P Université de Paris au XVII* s. (Annales de Philos, chrét., avril 1903). Picavet, Galilée, destructeur de la scolastique et fondateur de laphiUh sophie scientifique (ds Conférences de société d'études ital. de G. Guenard, 1895, pp. 1 16-130). Titre trompeur. De Wulf, Hist. de la philos, scol. ds les Pays-Bas. PP- 343"392 î Introd. à la philos, néo-sco /astique, § 19. Proost, L'enseignement philosophique des bénédictins de Saint-Vaas à Douai à la fin du XVIII m s. (Revue bénédict., janvier 1900).

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